Jump to content

Recommended Posts

http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/421603/etats-unis-27-000-foyers-prives-d-eau-a-detroit

 

ÉTATS-UNIS

27 000 foyers privés d’eau à Detroit

Des experts de l’ONU dénoncent les coupures

21 octobre 2014 |Agence France-Presse | États-Unis

 

Des manifestants dénonçant les coupures d'eau courante à Detroit en juillet dernier.

 

Photo: Getty Images Agence France-Presse

 

Des manifestants dénonçant les coupures d'eau courante à Detroit en juillet dernier.

Des experts de l’ONU chargés des droits de la personne ont fermement condamné lundi les coupures d’eau courante à Detroit pratiquées contre des milliers de personnes qui n’arrivent plus à payer leurs factures.

 

Dans un communiqué publié après trois jours de mission dans la ville, les rapporteurs spéciaux des Nations unies, Catarina de Albuquerque et Leilani Farha, ont estimé que couper l’eau courante à 27 000 foyers en raison de factures impayées violait les droits de la personne.

 

« C’est contraire aux droits de l’homme de couper l’eau courante à des gens qui n’ont tout simplement pas les moyens de payer leurs factures », a relevé Catarina de Albuquerque. Les résidents noirs de Detroit sont souvent « contraints de faire des choix impossibles : payer leur facture d’eau ou payer leur loyer », a-t-elle ajouté. Et le problème a été accentué par une hausse brutale du prix de l’eau, qui visait à couvrir les coûts des fuites dues à une infrastructure en mauvais état, ont expliqué les rapporteurs de l’ONU. «

 

Cela, combiné à un nombre décroissant de clients et un taux de chômage en hausse, a fait que les factures d’eau sont devenues de plus en plus inabordables pour des milliers de résidents de Detroit vivant sous le seuil de pauvreté », selon Catarina de Albuquerque. « De surcroît, des cas répétés d’erreurs grossières sur des factures d’eau ont été signalés, qui ont aussi servi de motif à des coupures » d’eau. « Dans la pratique, les gens n’ont aucun moyen de prouver qu’il s’agit d’erreurs et se retrouvent avec des factures impossibles à payer. »

 

Ancien berceau de l’industrie automobile américaine, Detroit est devenue la plus grande ville des États-Unis à avoir déposé un dossier de faillite en juillet 2013. Les autorités ont commencé à couper l’eau plus tôt cette année à tous les foyers qui n’avaient pas payé leurs factures durant deux mois.

 

Leilani Farha a estimé que cette politique allait à l’encontre « des normes sur les droits de l’homme internationalement reconnues ». Sa collègue Katarina de Albuquerque a indiqué avoir recueilli les témoignages de plusieurs habitants frappés par cette mesure. « Une femme dont l’eau courante avait été coupée a expliqué que ses filles adolescentes devaient se laver avec une bouteille d’eau durant leurs règles et éviter de tirer la chasse des toilettes pour économiser l’eau », a-t-elle raconté.

Link to comment
Share on other sites

Une histoire qui passerait pratiquement inaperçue, si elle prenait place dans un lointain pays. Mais c'est à nos portes que cette misère se vit, dans le pays qui est encore aujourd'hui le plus riche du monde. Déjà depuis la fameuse crise de 2008, un appauvrissement généralisé s'est étendu dans la classe moyenne américaine, et nettement empiré chez les plus pauvres. Le transfert de la richesse vers les mieux nantis n'a cessé de se poursuivre et touche maintenant de grandes villes, dont Détroit est devenu l'exemple le plus pathétique.

 

Difficile de concevoir qu'au 21è siècle, dans le pays qui est considéré comme la première puissance mondiale, qu'on en soit rendu à couper des services pourtant jugés essentiels à la vie. Ce pays qui se targue d'être la plus grande démocratie de la planète, où les libertés individuelles sont supposément sacrées et où plusieurs considèrent le port d'arme comme un droit constitutionnel, ferme les yeux sur la pauvreté la plus abjecte.

 

Comment une nation dite civilisée, peut-elle accepter qu'une partie de sa société soit ramenée aux conditions de vie pré-industrielles? Une aberration qui va dans le sens contraire du développement durable. Ce phénomène est causée par un désinvestissement volontaire et une dévitalisation généralisée, d'une des villes qui incarnait encore il n'y a pas si longtemps, le rêve américain. Et qu'est-il ce rêve américain, sinon la réussite personnelle pour tout le monde, concrétisée par une maison individuelle, une ou deux voitures, une petite famille vivant dans un quartier verdoyant, de bons emplois et la capacité de consommer à volonté les produits les plus divers. Le bonheur quoi?

 

Ce rêve n'est déjà plus la prérogative de la classe moyenne, dont un bon pourcentage n'a pas récupéré les pertes d'avant crise, gagne souvent moins et vit plus près de la précarité qu'avant. Quant aux plus démunis, ils sont tout simplement abandonnés à leur sort, ne pouvant même plus compter sur le minimum vital: le logement, la nourriture et maintenant l'eau. Pourquoi donc? Parce qu'il n'y en a pas assez pour tout le monde, c'est aussi simple que ça.

 

Du moins c'est ce qu'on voudrait leur faire croire. Parce que la solidarité et la justice sociale ne sont pas le fort d'une économie de droite, où le dieu argent mène tout et décide froidement de ce que chacun aura ou n'aura pas. Pendant ce temps les dirigeants américains font la guerre à coup de centaines de milliards pour pacifier le monde par les armes. Ils veulent prétendument démocratiser et moraliser leurs opposants afin d'exporter chez eux les belles valeurs (matérialistes) américaines. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il n'y a là aucune générosité. Car l'aide n'est pas reliée aux besoins de ces populations, mais aux richesses pétrolières présentes sur le terrain, qui décidera de qui sera aidé.

 

Comment pourrait-il en être autrement? Si on laisse des villes américaines croupir dans des conditions de réfugiés, on ne s'émouvra certainement pas de la misère des autres, qu'on en soit la cause ou pas. Le terrorisme est nourri par la pauvreté et l'exploitation de la misère, il est alors bien commode comme motivation des va-t-en-guerre, parce qu'en bout de ligne c'est payant pour les marchands d'armes dont l'Amérique est un des plus grands producteurs et consommateurs.

 

J'en conclue que sur le plan domestique comme international, les USA sont parfaitement logiques avec eux-mêmes. Ils ont choisi l'argent comme objectif prioritaire. C'est leur véritable rêve, car finalement le bien des autres est ce qui les intéresse le plus.

Link to comment
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now
 Share

×
×
  • Create New...
adblock_message_value
adblock_accept_btn_value