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Que feriez-vous avec 2000 milliards de dollars?


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Publié le 01 octobre 2014 à 05h00 | Mis à jour le 01 octobre 2014 à 05h00

Que feriez-vous avec 2000 milliards $?

 

 

JEAN-SIMON GAGNÉ

Le Soleil

(Québec) Rêvons un peu. Imaginons ce que les États-Unis auraient pu faire avec les 2000 milliards $ engloutis dans les guerres d'Irak et d'Afghanistan, depuis 2001?

 

- Lancer un vaste programme de réfection des infrastructures, à travers les États-Unis (500 milliards $)?

 

- Nourrir les 800 millions de personnes affamées de la planète durant 10 ans (300 milliards $)?

 

- Financer un programme de vaccination annuel de tous les enfants du monde contre la rougeole, la coqueluche, le tétanos, la tuberculose, la polio et la diphtérie (8 milliards $)?

 

- Élargir l'assurance maladie pour inclure les 40 millions d'Américains qui n'en ont toujours pas (500 millions $)?

 

- Doubler les sommes consenties par la Banque mondiale pour fournir de l'électricité à tous les habitants de la planète, d'ici 2030 (150 milliards $)?

 

- Multiplier par cinq le financement public de la recherche sur le cancer, durant 10 ans (300 milliards $)?

 

- Expédier des astronautes sur la planète Mars (100 milliards $)?

 

- Fournir de l'eau potable aux 2,4 milliards d'êtres humains qui n'y ont pas accès (40 milliards $)?

 

- Vaincre l'analphabétisme à travers le monde (20 milliards $)?

 

Et même après cela, on pourrait encore distribuer un cornet de crème glacée au chocolat à chaque habitant de la planète (3,5 milliards $). Sans oublier l'achat de deux bébés girafes pour chacun des 1300 jardins zoologiques accrédités à travers le monde (650 millions $).

 

Stop. N'en profitez pas pour faire de l'humour facile. Le premier qui ose dire «que les girafes en valent le cou», il aura affaire à moi.

 

***

 

«À quoi bon faire des calculs naïfs sur ce que les Américains auraient pu faire?» demanderont les cyniques.

 

Si la principale exportation de l'Irak était l'asperge, et non le pétrole, les États-Unis n'y auraient pas mené des opérations militaires durant 17 des 24 dernières années. Comment oublier la plaisanterie à la mode lors de la chute de Bagdad, au printemps 2003?

 

- L'Irak va être séparé en trois parties : ordinaire, super sans plomb et diesel.

 

Très drôle. Il n'empêche qu'en regardant une carte du Moyen-Orient, ces jours-ci, même les cyniques broient du noir. Jusqu'au bout, eux aussi refusaient de croire que la lumière au bout du tunnel était celle d'un train qui arrivait en sens inverse.

 

En Afghanistan, il n'est pas exclu que les talibans reprennent le pouvoir. En Irak et en Syrie, la montée fulgurante de l'État islamique promet un carnage de grande ampleur.

 

Deux milles milliards de dollars et des centaines de milliers de morts pour en arriver là? Quand on sait que les militaires promettaient précisément de rendre le monde plus sûr?

 

Avouez que cela ressemble à une mauvaise plaisanterie. Mais l'humour, c'est parfois tout ce qui reste pour affronter la cruelle réalité, à Bagdad, à Tripoli, à Gaza, à Damas ou au Caire.

 

- Chez nous, le service de police est excellent, disent les passants au Caire. Et il vaut mieux le répéter très fort pour n'être arrêté et battu à mort par ces excellentes personnes.

 

***

 

Qu'auraient pu faire les États-Unis avec 2000 milliards $, au lieu de faire la guerre, depuis 2001?

 

Il paraît que la question ne se pose plus. Car une nouvelle guerre s'annonce. Un nouveau choc entre la «civilisation» et la «barbarie absolue».

 

À charge pour chacun de s'y retrouver, dans le jeu des alliances qui se font et qui se défont.

 

Dans ces conditions, même l'infâme président syrien, Bachar Al-Assad, garde espoir. Qui sait si les États-Unis et leurs alliés n'auront pas besoin de lui pour combattre l'organisation de l'État islamique? Peut-être qu'il lui suffira de ranger les crocs de boucher et de changer la moquette maculée de sang?

 

Allez savoir. «Chez nous, toute prédiction est impossible, blaguaient les Syriens, au début de la guerre civile, en 2011. Même les conférences d'astrologues et de médiums sont annulées, "à cause de circonstances imprévues".»

 

Ils ne croyaient pas si bien dire.

 

Peu importe. À la fin, notre légendaire capacité d'oubli triomphe toujours.

 

Parfois, quand il s'agit du Moyen-Orient, notre perspicacité n'a d'égale que celle d'un auditeur étourdit de la BBC.

 

- Combien de temps a duré la guerre des Six Jours entre Israël et trois pays arabes? demandait l'animateur.

 

Réponse du partipant : «Quatorze jours?»

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Quelle stupidité, il calcule les coûts comment lui?

 

1) Nourrire 800 000 000 personnes pendant 10 ans pour 300 milliards? Ca revient à: 300B $/ 10 ans / 800M personnes = 37.5$ par année ou 10 cents par jour... ce qui est ridicule. Ca couterait près de 3000 milliards nourrire 800 millions de personnes sur 10 ans avec la bouffe la plus simple et cheap possible!

 

2) Assurance maladie pour 40 millions de personnes pour seulement 500 millions de dollar? C'est une assurance de 12.5$ par année! Sign me up!!! Quelle farce...

 

Je vais même pas me prononcer sur le reste...

Du journalisme stupide quoi...

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Je crois que le journaliste a principalement voulu sensibiliser les gens aux sommes astronomiques dépensées par les USA pour les dernières guerres au M-O, en tentant d'évaluer des équivalences qui correspondraient à différentes activités humanitaires ou autres. L'important à retenir est que les 2000 milliards ont été dépensé en vain, puisque cette région du monde est dans un état pire qu'avant les interventions américaines, et rien ne laisse présager une amélioration avant longtemps.

 

D'un autre côté, on ne comptabilise pas les effets destructeurs de ces guerres et les pertes économiques incommensurables qu'on subit les populations de ces régions. On ne comptabilise pas non plus le nombre de morts, ni celui des réfugiés, le sacrifice de toute une génération qui n'aura pas droit à l'éducation, la pauvreté abjecte et l'insécurité que doivent vivre les populations déplacées. Ce sont donc des pertes colossales pour tout le monde et on se demande qui peut gagner à ce jeux d'une grande absurdité?

 

La réponse: les vendeurs d'armes et les compagnies qui les fabriquent.

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La question est bien rhétorique, mais cela serait bien excusable, vu le légitime angle humanitaire que cela soulève. Mais il y a plus, qui est généralement non dit (probablement parce que non compris) dans des questions de ce genre, dont il faut bien dire que ce n'est que la n ième version depuis que le monde est monde. J'y arrive: supposer que le coût net pour l'économie américaine de dépenses militaires de l'ordre de 2000 milliards USD est l'équivalent de dépenses du même ordre pour des dépenses en aide humanitaire, par exemple, est ERRONÉ. Il faut bien voir que ces dépenses "militaires", même si elles n'apportaient aucun résultat positif, ne se dissipent pas simplement dans le néant; en réalité, elles se manifestent principalement sous la forme de salaires aux employés des industrie de "guerre" et de profits pour les firmes participantes (premiers contractants et sous-traitants), plus les effets multiplicateurs (induits). Naturellement, des effets de nature semblable seraient observés si les dépenses étaient effectuées pour d'autres fins, mais il est vraisemblable que l'effet total serait très différent, et fort possiblement inférieur. Par exemple, si l'effort portait sur l'aide alimentaire, les bénéficiaires seraient les agriculteurs ainsi que les firmes reliées en amont (engrais, machinerie), mais l'effet sur les prix à la consommation pourrait être défavorable. Surtout, les avancées technologiques induites seraient presque certainement beaucoup moins significatives.

 

On pourrait élaborer presque à l'infini sur ce thème, mais je crois qu'il suffisait ici d'en donner une idée. Rien dans mon analyse ne vise à vanter les mérites des dépenses militaires. Bien au contraire. En ce sens, je partage sans réserve l'opinion exprimée par apcnc. Mais je voulais illustrer qu'on ne peut pas "simplement" comparer des usages différents d'une même somme d'argent. Tenez, voici un autre petit exemple: que le gouvernement du Québec dépense un milliard CAD pour le métro de Montréal serait-il équivalent à l'envoi d'un chèque du même montant à un organisme humanitaire international indépendant des gouvernements et libre de le dépenser à sa guise, pourvu que cela aide des peuples dans le besoin? La réponse est que le coût net (après impact fiscal) pour Québec de la première option est bien moins qu'un milliard; par ailleurs, la deuxième option, qui coûte vraiment un milliard, aurait certainement un impact positif supérieur pour l'ensemble de l'humanité.

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Tu as raison, même l'industrie de l'armement créé des emplois et fait vivre des communautés, elle créé donc de la richesse, mais à condition que ces mêmes armes soient utilisées loin de leur lieu de fabrication. Les USA ne sont-ils pas devenus la première puissance mondiale grâce à leur effort de guerre en Europe? Cependant sur le plan comptable, le gain de l'un sera toujours inférieur à la perte de l'autre, parce que la destruction ne créé que ruines sur son passage. Et sur le plan humain les effets sont encore plus dévastateurs, aujourd'hui comme hier.

 

Alors quand je vois cette même rhétorique refaire surface actuellement, je ne peux que protester, en m'élevant contre cette industrie qui vend sans discernement à des fous, que nous devons ensuite combattre. Il y a ici une question morale tellement évidente et pourtant elle semble échapper, même aux meilleurs organismes dédiés supposément à la paix. Nous ne donnerions pas des allumettes comme jouets à des enfants, mais on fait pire avec des armes de destruction massive, livrées à des fanatiques désespérés qui nous tirent ensuite dessus.

 

La violence ne peut jamais être une réponse définitive, elle doit faire place le plus vite possible à des gestes humanitaires qui ramèneront la confiance des peuples. On coupera de surcroît en même temps les sources qui nourrissent la pauvreté, le désespoir et le recrutement de ceux qui n'ont plus rien à perdre et qui soutiennent l'intégrisme sous toutes ses formes. Il y a là un cercle vicieux évident, que nous a avons vu grossir devant nos yeux, notamment depuis la première guerre américaine d'Irak, en 1991. Et que faisons-nous? On reprend une autre phase de ce conflit pour combattre un ennemi né sur l'ancien champ de bataille, qui porte aujourd'hui un nouveau nom et qui est encore plus odieux que le précédent.

 

Alors combien d'autres milliers de milliards de dollars aurons-nous dépensés, avant de comprendre qu'une parti de nos taxes et impôts durement gagnés, sont gaspillés en pure perte. Ces dépenses somptuaires sous formes d'armes ultra sophistiquées n'atteindront pourtant jamais leur vraie cible qui est à la véritable source du mal. Au contraire cette violence aveugle ne fait qu'encourager l'ignorance et l'intégrisme qui grossit toujours plus et qui recrute davantage à mesure que la guerre s'étend dans l'espace et le temps.

 

Il n'y a pourtant qu'une seule réponse à l'ignorance, l'éducation sous toutes ses formes, et non pas la mort. Malheureusement il faut briser les résistances d'une partie de ceux qui ne sont plus récupérables et qui sont devenus dangereux même pour eux-mêmes. Mais pour tous les autres il y a espoir, si on prend les bons moyens pour gagner leur confiance et les aider efficacement. L'ennemi véritable n'est certainement pas la religion musulmane, ni aucune autre. L'ennemi véritable sera toujours l'ignorance et l'intégrisme.

 

Alors cessons donc de nourrir le monstre comme on le fait depuis trop longtemps et il s'affaiblira naturellement. Passons ensuite, pendant et après, aux gestes humanitaires, tout en respectant les cultures locales. Elles sauront comme nous avant elles, s'affranchir avec le temps et à leur propre rythme de leur ignorance et de la dictature des croyances. La paix comme la guerre sont des semences qui croissent lentement. La première conduira au mieux-être des peuples. Quant à la deuxième elle sera toujours à recommencer, parce qu'en réalité nous en partageons une grande part de responsabilité.

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Juste une question,

 

La liberté que nous avons a été calculée a quel prix par ce journaliste?

 

beaucoup de Si, mais pas beaucoup de pourquoi!

 

De quelle véritable liberté peut-on vraiment parler quand la menace réapparait de manière récurrente? On peut faire taire des canons plus facilement que les raisons qui les ont motivés à être utilisés au départ. On se doit alors d'aller à la source du mal et l'enrayer définitivement par des gestes humanitaires et une ouverture sincère et vraiment désintéressée. Autrement ce sera toujours à recommencer. Et quand on parle de liberté, inclue-t-elle celle de ces peuples qui sont tout aussi victimes des exactions de leur propres compatriotes, car on sait que la menace est encore plus directe pour ces derniers.

 

Non, la guerre quelque soit son prix sera toujours une dépense contre-productrice. On devra peut-être user de violence dans un premier temps pour maîtriser certains groupes récalcitrants, mais vite il faut passer au dialogue et aux actions positives sur le terrain. La violence quand elle dure, ne fait qu'engendrer plus de violence et d'incompréhension, dans un cercle infernal sans fin. Tout cela parce que la liberté maintenue par les armes, ne sera jamais plus qu'une guerre silencieuse qui peut dégénérer à la première occasion. Israël et la Palestine en sont le meilleur exemple, mais malheureusement pas le seul. La vraie paix quant à elle, ne peut se baser que sur la bonne volonté mutuelle, un défi réel plus difficile à réaliser à court terme que les bombardements, mais nettement plus efficace à long terme.

 

Il faut donc aider ces peuples à se libérer véritablement de leurs oppresseurs militaires et religieux, car comme nous ces gens aspirent légitimement à une vie meilleure et plus satisfaisante. De toute façon nous n'avons pas le choix, puisque les extrémistes intégristes ont déclaré la guerre à tout ceux qui ne pensent pas comme eux, qu'ils soient dans leur propre pays ou ailleurs sur la planète. Leurs guerres nous concernent donc directement et nous font déjà dépenser des sommes astronomiques pour notre propre sécurité nationale à l'intérieur de nos frontières.

 

Comme disent les paroles d'un sage: notre indifférence à la souffrance des autres, conduira la misère à notre porte.

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