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Publié le 02 juillet 2014 à 07h28 | Mis à jour le 02 juillet 2014 à 07h28

 

 

Turcot: «Je perds 16 ans de ma vie», déplore un locataire expulsé

 

http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201407/02/01-4780349-turcot-je-perds-16-ans-de-ma-vie-deplore-un-locataire-expulse.php

 

 

Hugo Pilon-Larose

La Presse

 

 

 

Les résidants du 780, rue Saint-Rémi, dans le quartier Saint-Henri de l'arrondissement Le Sud-Ouest, à Montréal, ont fait leurs derniers adieux à leurs appartements, hier. Après des années de batailles et de négociations, le grand chantier du nouvel échangeur Turcot aura finalement eu raison d'eux.

 

 

Depuis bientôt sept ans, les locataires de ces lofts tentaient de sauver l'immeuble qui, selon les plans du ministère des Transports du Québec (MTQ), doit être démoli pour céder la place à l'échangeur, ramené au niveau du sol. En vain.

 

Depuis l'immense stationnement déserté, hier après-midi, l'imposant édifice revêtu de briques rouges semblait déjà vide. Seul entre les cônes orange et les bretelles de l'autoroute 720. Abandonné par la centaine de locataires qui se sont pourtant battus pour sa survie.

 

Au deuxième étage, auquel on accède par une cage d'escalier bétonnée sans couleur ni décoration, la lumière du jour s'infiltrait dans le corridor par la porte ouverte d'un logement. La pièce était vide, sans aucune trace de la vie qui devait y régner jusqu'à tout récemment. Puis, apercevant La Presse, Andrew Kolakowski s'est présenté, visiblement ému de quitter l'endroit.

 

 

«On avait tout pour nous ici. L'accès à l'autoroute était facile, nous avions accès à un grand jardin et, surtout, le loyer était abordable. Pour près de 500$, tout compris, on pouvait vivre en paix», a-t-il dit d'une voix trahissant son découragement et sa colère.

 

En ce 1er juillet, festival des déménagements dans la métropole, l'homme d'origine polonaise a quitté ses quartiers contre son gré. Son nouvel appartement, qui est situé tout près d'une station de métro, se console-t-il, lui coûtera 900$ par mois. Une hausse soudaine du coût de la vie avec laquelle il doit composer.

 

Un peu plus loin dans le long corridor sans fenêtres de l'immeuble construit en 1922 (il abritait à l'époque les quartiers généraux de l'Imperial Tobacco Company of Canada), une deuxième porte s'est ouverte.

 

La lumière chaude du soleil de juillet frappait de plein fouet les fenêtres hautes de 15 pieds de ce loft entièrement aménagé. Le locataire, qui terminait de réunir ses affaires personnelles, a expliqué l'hostilité implacable qu'il vouait envers le MTQ.

 

«Tout ce que tu vois ici, c'est moi qui l'ai construit. En quittant mon loft, je perds 16 ans de ma vie. J'aimerais bien être dédommagé, mais on ne nous offre presque rien. Le gouvernement a été présent juste pour fuck up our life», a dit Tasso Klavdianos, contenant difficilement sa colère.

 

 

Promesse de nouveaux lofts

 

Amers, les résidants quittent des lofts dont certains offrent une vue imprenable sur le centre-ville de Montréal. Mais un projet se prépare, a expliqué le plus ancien des locataires de l'immeuble, Michel Charbonneau, rencontré dans son logement au troisième étage.

 

«La bataille a été tellement longue. On nous disait parfois qu'on pouvait garder nos logements, puis le Ministère changeait d'idée. On a finalement reçu la lettre finale d'éviction en avril dernier. Maintenant, on sait qu'un projet se prépare pour qu'on puisse être relogés dans quelques années dans des locaux sur la rue Ottawa. On ose y croire», a expliqué celui qui a longtemps été concierge au 780, rue Saint-Rémi.

 

Le projet en question, piloté par l'entreprise d'économie sociale Bâtir son quartier, vise à offrir aux locataires évincés un loft dans un nouvel aménagement préparé sur le site de l'ancien centre de tri postal à l'angle des rues Guy et Ottawa, toujours dans Saint-Henri.

 

«Ça fait huit ans qu'on nous promet d'être relogés, mais ça n'arrive jamais. Il faut aussi considérer le coût d'un déménagement. Ce n'est pas donné», a dit Lorraine Élément, conjointe de M. Charbonneau. Le couple, ensemble depuis 22 ans, a vécu plus de 16 ans dans ce loft qu'il quitte à contrecoeur.

 

Assis autour de la table de cuisine, le seul meuble toujours présent pour occuper le premier étage de leur loft avec mezzanine, les deux amoureux ont profité d'une pause dîner pour se remémorer de bons souvenirs.

 

«Quand tu t'assoyais sur le sofa, là-bas, près des fenêtres, les grandes feuilles de la plante cascadaient au-dessus de ta tête. C'était comme écouter la télévision dans la jungle», s'est rappelé M. Charbonneau, fier des dizaines de plantes, toutes d'une taille supérieure à un mètre, qui transforment son salon en oasis de fraîcheur.

 

«Mes plantes, sais-tu où elles iront, dans quelques minutes?», a-t-il demandé en fin d'entrevue, sans donner plus de détails.

 

La réponse à sa question se trouvait à la sortie de l'immeuble, placée de façon bien évidente, près du stationnement...

 

Dans le conteneur à déchets.

 

 

780 saint-remi.jpg

 

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780 saint-remi 3.jpg

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C'est impressionant à quel point le MTQ se contrefout de l'intégration urbaine de ses projets Montréalais. On ne peut même pas qualifier ça de mentalité des années 60, parce qu'à la différence d'aujourd'hui, dans les années 1960 on a choisi d'épargner cet immeuble!

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C'est un immeuble en RUINES dont les locataires menaient un style de vie alternatif, c'est juste si ils avaient les toilettes et l'eau chaude. Qui voudrait vivre dans pareil taudis à part des résidus du flower power des années 70 et des musiciens paumés? Au contraire, la démolition de cet immeuble est une bonne nouvelle, c'est une véritable horreur. Life goes on!

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C'est un immeuble en RUINES dont les locataires menaient un style de vie alternatif, c'est juste si ils avaient les toilettes et l'eau chaude. Qui voudrait vivre dans pareil taudis à part des résidus du flower power des années 70 et des musiciens paumés? Au contraire, la démolition de cet immeuble est une bonne nouvelle, c'est une véritable horreur. Life goes on!

 

Au moins, là où ils étaient ils ne dérangeaient personne et la société n'avait pas à leur payer de logement social ou peu importe.

 

On ne te demande pas si toi tu voudrais vivre dans un tel immeuble, mais maintenant je me demande bien ou tu souhaiterais que ces soi-disants

"musiciens paumés" vivent si ce n'est pas dans un taudis isolé qui a tout de même le mérite d'être auto-suffisant et de rapporter des taxes à la Ville.

 

Si c'est pour dire que ces gens-là devraient plutôt vivre à ta manière ou une autre niaiserie du genre, c'est pas la peine de répondre.

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C'est un immeuble en RUINES dont les locataires menaient un style de vie alternatif, c'est juste si ils avaient les toilettes et l'eau chaude. Qui voudrait vivre dans pareil taudis à part des résidus du flower power des années 70 et des musiciens paumés? Au contraire, la démolition de cet immeuble est une bonne nouvelle, c'est une véritable horreur. Life goes on!

 

Wow, t'es un vrai gérant d'estrade! C'était majoritairement des lofts de luxe comme il ne s'en fait plus. Tu n'es probablement jamais allé dans cet immeuble.

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