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MBAM - Musée des Beaux Arts de Montréal - Informations & Nouvelles


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25 minutes ago, Normand Hamel said:

C'est Michel de la Chenelière, le président du CA, que l'on devrait congédier, car il fait passer les intérêts de la famille Desmarais avant ceux du MBAM et de la société qu'elle dessert.

Donc tu réfutes le fait que la Bondil était tyrannique? Disons que pour avoir autant réussi son mandat, elle devait l'être. On ne gagne pas en étant consensuel et doux. Probablement des histoires d'égo, mais elle donnait certainement l'impression d'être au dessus de la mêlée, et le succès lui a probablement monté à la tête. Maintenant, si tu donnais des millions à un musée tu voudrais sûrement avoir ton mot à dire. Dommage qu'on en vienne finalement à ternir la réputation d'un musée qui avait le vent dans les voiles. 

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il y a 2 minutes, Rocco a dit :

Donc tu réfutes le fait que la Bondil était tyrannique?

Non je ne le réfute pas. Voici d'ailleurs ce que j'avais à dire à ce sujet vendredi dernier dans un commentaire au Devoir.

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https://www.lapresse.ca/arts/2020-07-14/nathalie-bondil-une-bien-triste-situation.php

Nathalie Bondil: une bien triste situation

Nathalie Bondil a mis le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) sur la mappemonde. Elle en a fait une institution muséale qui compte et rayonne à l’échelle internationale. Un musée cité en exemple un peu partout, qui attire les plus grandes expositions, pour le plus grand plaisir de ses visiteurs, locaux et étrangers. L’apport de cette femme de grand talent au prestige du MBAM et de Montréal est inestimable.

Publié le 14 juillet 2020 à 7h15
MARC CASSIVI
LA PRESSE

Ça, c’est l’image que le musée projette depuis plusieurs années. À l’intérieur de ses murs, en revanche, loin des tenues de soirée du chic bal annuel du musée, la réalité semble moins reluisante. Un climat de travail décrit comme « toxique » par le syndicat des employés du MBAM a mené lundi au congédiement de Nathalie Bondil, qui travaillait pour l’institution depuis 21 ans et en était la directrice générale depuis 2007.

Une douzaine d’employés et d’ex-employés du musée qui ont parlé à La Presse depuis six mois décrivent un climat malsain au MBAM ainsi qu’un régime de peur et d’omertà, exacerbé par le style de gestion autoritaire de l’équipe de direction.

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PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Nathalie Bondil a été congédiée de son poste de directrice générale et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal lundi.

Harcèlement psychologique banalisé, épuisements professionnels, roulement de personnel. Des accès de colère inacceptables de la part de chefs de service, des employés qui se font rabrouer violemment devant leurs collègues, des décisions prises sur des coups de tête qui défont des mois de travail…

Le syndicat des employés du musée dit avoir alerté les responsables des ressources humaines et la direction, mais, faute de changement, a dû interpeller le conseil d’administration. « À la suite de notre intervention, le C.A. a considéré l’urgence d’agir, notamment en mandatant une firme externe [pour] procéder à un diagnostic du climat de travail », m’a expliqué lundi par courriel Marie-Claude Saia, présidente du syndicat des employés du MBAM.

C’est à la lumière des conclusions de cette firme externe, Cabinet RH, qui a reçu son mandat en octobre 2019 et rencontré une cinquantaine d’employés, que le conseil d’administration, présidé par Michel de la Chenelière, a décidé « à quasi-unanimité » de résilier le contrat de sa directrice générale, un an avant son terme.

« C’est vraiment alarmant et troublant. En 2020, on ne peut plus se fermer les yeux là-dessus », croit Michel de la Chenelière, qui estime que Nathalie Bondil « a fait beaucoup de déni » à ce sujet et est demeurée inflexible quant aux solutions proposées.

Nathalie Bondil n’est pas visée directement par les griefs des employés et du syndicat, mais certains estiment que, mise au courant des doléances, elle a été insouciante dans sa gestion de « comportements problématiques » de certains de ses proches collaborateurs.

Leur grande compétence et leur dévouement sans borne ont semblé excuser à ses yeux leurs manières d’interagir, jugées inacceptables.

La directrice générale a-t-elle laissé s’envenimer trop longtemps un climat malsain dans l’institution qu’elle dirigeait, par solidarité avec son équipe de direction ? Beaucoup estiment que oui. Ses proches et alliés croient en revanche que Nathalie Bondil paie un fort prix pour les agissements des autres — une collaboratrice en particulier, qui travaille toujours au musée —, et que ce motif de congédiement n’est qu’un prétexte pour dévier l’attention du véritable nœud de la crise au MBAM, c’est-à-dire la nomination de Mary-Dailey Desmarais à un nouveau poste de directrice de la conservation.

Cette jeune candidate, très prometteuse, mais ayant peu d’expérience de gestion, aurait, disent-ils, été imposée à Nathalie Bondil, qui était d’accord avec le principe de scinder ses tâches — ce qui lui permettait de se concentrer sur la direction artistique —, mais pas sur le choix de Mme Desmarais.

Mary-Dailey Desmarais, commissaire et conservatrice de l’art moderne et de l’art contemporain international au MBAM, est arrivée quatrième dans le processus de nomination pour ce poste, selon les critères de la grille d’analyse établie par le comité de sélection. Elle a néanmoins été préférée à une candidate qui a davantage d’expérience et de compétences, sans le consentement de la direction générale.

Beaucoup mettent en doute ce processus de sélection, en raison notamment des liens familiaux de Mme Desmarais, femme de Paul Desmarais III, dont la famille (propriétaire de La Presse jusqu’en 2018) est très influente dans les activités de financement du musée. « C’est exact qu’elle était quatrième dans cette évaluation, concède Michel de la Chenelière. Mais la grille d’analyse n’est qu’un des outils utilisés dans la sélection. »

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PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Michel de la Chenelière, président du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal

L’homme d’affaires, éditeur et philanthrope assure ne pas avoir outrepassé son mandat dans toute cette affaire — ce que certains lui reprochent — et qu’il n’y a pas de conflit de personnalité entre Nathalie Bondil et lui. D’un point de vue extérieur, on a tout de même l’impression qu’il jouait sa propre réputation cette semaine, et que c’était lui ou Nathalie Bondil qui allait être remercié…

Nathalie Bondil avait jugé « totalement inacceptable » l’offre du C.A., faite vendredi dernier, d’une « transition de fonctions harmonieuse » d’ici la date d’expiration de son contrat, le 29 juin 2021. Son refus d’accepter cette offre semble avoir précipité son départ. C’est Michel de la Chenelière lui-même qui assurera l’intérim d’ici la nomination d’un successeur à la directrice générale sortante.

Mme Bondil avait des alliés de taille dans ce conflit — notamment d’importants donateurs qui menacent de retirer leurs billes de futurs projets du musée —, mais a peut-être surestimé leur influence auprès du conseil d’administration. Cette décision du C.A. est aussi un camouflet servi à la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, qui a réitéré son appui indéfectible à Nathalie Bondil le week-end dernier. La ministre était-elle au courant des allégations de harcèlement psychologique qui pèsent sur la direction du musée ?

Les personnalités fortes, charismatiques, performantes et perfectionnistes sont souvent très exigeantes envers elles-mêmes et ceux qui les entourent. C’est ce qui leur permet d’accomplir des choses hors du commun, dans tous les domaines. Il n’empêche que nous ne sommes plus en 1970, ni même en 2010, et que le harcèlement, sous toutes ses formes, n’est plus acceptable. Or, selon nombre de témoignages, Nathalie Bondil semble avoir toléré trop longtemps dans son entourage une « personne très problématique », dixit Michel de la Chenelière.

Rien n’est tout noir ni tout blanc. Ce congédiement d’une star mondiale du monde muséal est-il le geste courageux d’un conseil d’administration qui ne tolère pas le harcèlement ou un prétexte pour ne pas attirer l’attention sur un processus de nomination potentiellement entaché de favoritisme ? Les deux, peut-être…

Nathalie Bondil a-t-elle compté sur ses appuis dans les milieux politiques et des affaires, ainsi que sur sa réputation plus qu’enviable à l’international, pour fermer les yeux sur ce qui se passait à l’intérieur des murs de l’institution qu’elle dirigeait ?

Quoi qu’il en soit, peu importe la responsabilité de chacun, la culture d’entreprise du MBAM doit changer. Nos institutions culturelles doivent être au-dessus de tout soupçon. Ce n’est pas parce que tout semble fonctionner merveilleusement de l’extérieur que tout fonctionne bien à l’interne.

Cela n’enlève absolument rien au travail accompli depuis deux décennies par Nathalie Bondil. Le MBAM ne serait pas ce qu’il est sans elle. Sa réputation internationale est bien établie, et il serait étonnant qu’elle ne soit pas nommée rapidement à un poste de prestige à l’étranger. « C’est une femme remarquable qui a fait des choses formidables pour le musée et pour Montréal, reconnaît d’ailleurs Michel de la Chenelière. C’est dramatique, cette histoire. Je suis très triste de cette situation. »

Il restera à s’assurer, d’une manière ou d’une autre, que ce ne soit pas Montréal qui fasse les frais de cette bien triste situation.

Nathalie Bondil en cinq dates

1999

  • Nathalie Bondil entre au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) à titre de conservatrice de l’art européen. À la fin de l’année 2000, elle est promue conservatrice en chef de l’institution.

2007

  • Elle est nommée directrice générale du MBAM et demeure sa conservatrice en chef. Nathalie Bondil est la première femme à diriger l’établissement muséal de la rue Sherbrooke.

2008

  • La haute couture entre au MBAM avec une exposition consacrée à Yves Saint Laurent. Au cours des années suivantes, d’autres créateurs de mode renommés tels que Jean-Paul Gaultier (2011) et Thierry Mugler (2019) feront l’objet d’un traitement semblable.

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PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE
Exposition consacrée à Yves Saint Laurent, au Musée des beaux-arts de Montréal, en 2008

2011

  • Deux nouveaux pavillons ont été inaugurés sous la direction de Nathalie Bondil. Le pavillon Claire et Marc Bourgie, en 2011, qui abrite notamment un cinéma et une salle de concert, et cinq ans plus tard, le pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein où sont déployées plus de 700 œuvres de maîtres anciens et contemporains.

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PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE
Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux-arts de Montréal

2019

  • Les années Nathalie Bondil ont été marquées par une ouverture à différentes formes d’art plus contemporaines ou même populaires avec des expositions consacrées à Miles Davis ou encore des icônes comme John Lennon et Yoko Ono. Cette ouverture n’est pas étrangère à la hausse de fréquentation du MBAM, qui revendique actuellement 107 035 membres, dont près de 60 000 abonnés.

– Alexandre Vigneault, La Presse

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Le MBAM congédie Nathalie Bondil

Coup de tonnerre dans le paysage culturel québécois. Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a confirmé lundi le congédiement de sa flamboyante directrice générale, Nathalie Bondil. À la source officielle de son renvoi : les problèmes de climat de travail détaillés par Le Devoir dans les derniers jours.

« On ne peut plus, en 2020, fermer les yeux sur des relations de travail toxiques », a soutenu en entretien lundi le président du conseil d’administration (C. A.), Michel de la Chenelière.

Le communiqué de presse diffusé lundi par l’institution confirme ainsi la trame rapportée par Le Devoir depuis jeudi et maintenant appuyée par une vingtaine de témoignages d’employés et d’anciens employés qui disent la même chose : le Musée était gangrené par le problème qui a finalement incité le C. A. à se départir de cette vedette du milieu muséal.

« Le MBAM, “c’est” Nathalie Bondil », avait d’ailleurs dit jeudi la ministre de la Culture, Nathalie Roy, en apprenant que le poste de Mme Bondil était menacé. Alors qu’on lui demandait si elle regrettait de s’être portée à la défense de Mme Bondil — étant donné les révélations du C. A. —, la ministre a indiqué lundi qu’elle « pren[ait] acte de la décision rendue ».

« Depuis l’an dernier, le Musée a vu plusieurs départs d’employés clés et a été mis au courant de témoignages troublants d’employés faisant état d’une détérioration évidente du climat de travail », indique le texte publié par le C. A. pour expliquer le renvoi de Nathalie Bondil.

Le syndicat a affirmé lundi avoir dénoncé le « climat de travail toxique […] d’abord aux ressources humaines et à la direction. Faute de changement, il s’est ensuite adressé directement au C. A. ».

« Le syndicat n’en pouvait plus », résume Michel de la Chenelière. « Or, on est fiduciaires du Musée, on ne pouvait pas se cacher sous la table. On a dû agir pour voir ce qui se passait. »

Une firme indépendante de ressources humaines a établi un diagnostic qui « évoquait une dégradation importante et multifactorielle du climat de travail qualifié par certains employés de « toxique ». La gravité des faits rapportés a rapidement convaincu le C. A. d’entamer des discussions avec Mme Bondil afin de trouver des solutions à cette situation jugée inacceptable », note le communiqué.

À la suite de cela, des « tentatives maintes fois répétées par le C. A. de trouver une solution à cette situation devenue intolérable se sont butées à l’inflexibilité de Mme Bondil et à son déni de plusieurs conclusions pourtant sans appel du rapport », ajoute-t-on. « Les efforts déployés n’ont pas donné les résultats escomptés, et les allégations de harcèlement psychologique au sein de la direction de la conservation du Musée [persistaient]. » D’où la décision brutale de lundi.

Promesse reniée ?

Cette décision s’inscrit dans une trame d’événements encore floue. Un autre document obtenu lundi par Le Devoir montre en effet que, jusqu’à tout récemment, Nathalie Bondil était convaincue d’obtenir un renouvellement de contrat, et ce, malgré les conclusions de l’audit.

Le 2 juillet, Mme Bondil écrivait ainsi au président et à la secrétaire du C. A. que « lors de notre dernière rencontre du 26 juin, vous m’aviez assurée de la reconduction de mon contrat ». « Lors de notre entretien de ce matin, j’ai été surprise d’apprendre que vous n’aviez aucune idée de l’avenir, ni obtenu le feu vert ou un mandat clair à ce sujet. » Elle demandait à être « urgemment renseignée sur [son] avenir ».

M. de la Chenelière lui a alors répondu qu’il serait « très difficile d’envisager de discuter et de conclure une entente » avant le 18 juillet. Un projet d’entente a finalement été présenté le 10 juillet : il prévoyait des « amendements » au contrat de Mme Bondil — une forme de tutelle —, ce qu’elle a jugé inacceptable.

Famille Desmarais

Dans la foulée de l’audit, le C. A. avait notamment décidé de réduire la portée des tâches — et du pouvoir — de Nathalie Bondil en créant un poste de directrice de la conservation. Celui-ci a été obtenu par Mary-Dailey Desmarais. Cette docteure en histoire de l’art de l’Université Yale est aussi membre d’une famille qui exerce une forte influence au MBAM, par sa générosité philanthropique.

Le Devoir a rapporté dans les derniers jours que tout le processus ayant mené à cette nomination a été vivement critiqué par Mme Bondil. Celle-ci préférait une autre candidate et ne comprenait pas que le comité de direction soit mis à l’écart du processus décisionnel.

Michel de la Chenelière a de nouveau justifié le choix de Mme Desmarais lundi, en disant que tant le comité des ressources humaines que le C. A. étaient unanimes à son égard. « Quand j’entends dire que la famille Desmarais a fait un chèque [pour qu’elle soit embauchée], je trouve ça honteux. »

Il ne s’inquiète pas outre mesure des répercussions que pourrait avoir le congédiement de Mme Bondil auprès des donateurs et des partenaires du Musée.

« C’est une tempête dans un verre d’eau, pense-t-il en faisant référence aux préoccupations exprimées par certains mécènes dans les derniers jours. Je suis certain que les gens vont comprendre. Jusqu’à aujourd’hui, ils n’avaient pas les faits en main. Personne ne tolérerait qu’on laisse passer [le problème des relations de travail]. On n’est plus en 1990. »

Une perte

Titulaire de la Chaire de recherche UQAM sur la gouvernance des musées et le droit de la culture (à laquelle Nathalie Bondil collaborait), Yves Bergeron restait néanmoins dubitatif lundi soir.

« Vu de l’extérieur, il est clair que le Musée va perdre énormément, pense-t-il. Un musée qui réussit, ce n’est jamais un hasard. Elle a donné une vision claire du Musée. » Selon lui, c’était au C. A. de trouver les moyens pour régler les problèmes identifiés dans les relations de travail.

C’est Michel de la Chenelière qui assumera l’intérim à la direction du Musée. Il a promis de lancer « incessamment » un processus de recrutement à l’international. Selon Yves Bergeron, c’est une étape qui risque « d’être longue ». « Normalement, un président de C. A. ne se substitue pas à la directrice générale »,souligne-t-il également.

https://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/582377/le-mbam-congedie-nathalie-bondil

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Nathalie Bondil était en entrevue ce matin à l'émission Tout un matin

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/tout-un-matin/segments/entrevue/188674/congediement-nathalie-bondil-musee-beaux-arts-montreal

Congédiement de Nathalie Bondil : « Parce que tu me picosses »

Publié à 8 h 56
Rattrapage du mardi 14 juillet 2020

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L'ex-directrice générale du Musée des beaux-arts de Montréal Nathalie Bondil.
PHOTO : RADIO-CANADA

 

Nathalie Bondil, qui était la directrice générale du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), a été congédiée. Le conseil d'administration (C. A.) du MBAM lui reprochait d'avoir fermé les yeux sur un climat de travail toxique. La principale intéressée, qui accorde une première entrevue depuis l'annonce, croit plutôt que le président du C. A. n'a pas digéré d'avoir été la cible de critiques à propos d'une nomination « qu'il voulait faire passer avec force ».

Un climat dégradé

Un rapport indépendant, tenu privé, soutient néanmoins que le climat de travail au musée s’est dégradé. « À titre personnel, je n’ai jamais eu un grief », précise Nathalie Bondil, qui reconnaît cependant qu’un récent projet d’expansion a créé une pression sur les employés. Elle affirme cependant que la direction a immédiatement travaillé à améliorer la situation.

« J’ai demandé les raisons [de mon congédiement] et [le président du C. A.] m’a dit : « C’est un bris de confiance. » J’ai demandé pourquoi et il m'a dit : « Parce que tu me picosses. » Vous voyez, c’est plus une question de compréhension, en termes de gouvernance, des rôles d’un C. A. par rapport à [la direction]. [Le C. A. du musée] prend les pouvoirs [alors que] normalement, il y a des règles de gouvernance. Il y a beaucoup d’opacité et de difficulté à pouvoir s’exprimer auprès du C. A. et c’est ce qui a créé cette situation. »

— Nathalie Bondil, ex-directrice générale et ex-conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal

 

Michel de la Chenelière aussi
Départ de Nathalie Bondil : Entrevue avec Michel de la Chenelière https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/tout-un-matin/episodes/469813/rattrapage-du-mardi-14-juillet-2020/29

 

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Citation

La directrice française du Musée des beaux-arts de Montréal congédiée

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a annoncé lundi mettre fin immédiatement au contrat de sa directrice générale et conservatrice, la Française Nathalie Bondil, invoquant notamment des accusations de harcèlement psychologique. Le conseil d'administration a indiqué dans un communiqué avoir pris «à regret» cette décision au sujet de Nathalie Bondil. Cette diplômée de l'École du Louvre était arrivée au MBAM en 1999 et le dirigeait depuis 2007.

«Depuis l'an dernier, le Musée a vu plusieurs départs d'employés clés et a été mis au courant de témoignages troublants d'employés faisant état d'une détérioration évidente du climat de travail», précise le communiqué. Alerté à l'automne par le syndicat, le conseil d'administration dit avoir mandaté une firme extérieure pour «établir un diagnostic indépendant».

Un environnement de travail «toxique»

Le rapport préparé par cette firme évoquait un environnement de travail qualifié de «toxique» par «certains employés», selon le conseil. «Au cours des derniers mois, les tentatives maintes fois répétées par le conseil d'administration de trouver une solution à cette situation devenue intolérable se sont butées à l'inflexibilité de Nathalie Bondil et à son déni de plusieurs conclusions pourtant sans appel du rapport», selon le communiqué.

En outre, «les allégations de harcèlement psychologique au sein de la direction de la conservation du Musée persistent», selon le communiqué. Le conseil invoque «le refus catégorique» de Nathalie Bondil d'accepter un compromis pour «mettre fin immédiatement à son emploi», plutôt qu'à la fin de son contrat en juin 2021.

«Nathalie Bondil a contribué de façon significative au développement du Musée», reconnaît le conseil en qualifiant de «regrettable» la fin d'une «association remarquable de plus de 21 années». «Il est toutefois triste de constater que le visage humaniste du Musée instauré par Nathalie Bondil ne trouvait pas écho à l'intérieur même de ses murs», affirme le président du conseil Michel de la Chenelière, qui assurera l'intérim en attendant la nomination d'un successeur.

Jeudi dernier, Nathalie Bondil avait reçu le soutien de la ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, «estomaquée» par cette affaire. «Nathalie Bondil est une sommité mondiale dans le monde muséal - et une femme directrice générale, qui plus est - qui fait un travail remarquable au MBAM», avait-elle déclaré au quotidien La Presse . «Je ne comprends pas pourquoi le conseil d'administration voudrait se priver de ses services alors que les grands musées de ce monde se l'arrachent». Nathalie Bondil n'avait pas publiquement réagi à son éviction lundi après-midi.

Actualité couverte par Le Figaro en France https://www.lefigaro.fr/flash-actu/la-directrice-francaise-du-musee-des-beaux-arts-de-montreal-congediee-20200714

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Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

Des accès de colère inacceptables de la part de chefs de service.

Un chef de service n'est pas directeur général d'un musée.

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

le conseil d’administration, présidé par Michel de la Chenelière, a décidé « à quasi-unanimité » de résilier le contrat de sa directrice générale

Serge Joyal s'étant abstenu.

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

elle a été insouciante dans sa gestion de « comportements problématiques » de certains de ses proches collaborateurs. Leur grande compétence et leur dévouement sans borne ont semblé excuser à ses yeux leurs manières d’interagir.

Encore une fois ce n'est pas son comportement à elle qui est en cause mais celui de certaines personnes qu'elles a protégées.

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

La directrice générale a-t-elle laissé s’envenimer trop longtemps un climat malsain dans l’institution qu’elle dirigeait, par solidarité avec son équipe de direction ? Beaucoup estiment que oui. Ses proches et alliés croient en revanche que Nathalie Bondil paie un fort prix pour les agissements des autres — une collaboratrice en particulier, qui travaille toujours au musée —, et que ce motif de congédiement n’est qu’un prétexte pour dévier l’attention du véritable nœud de la crise au MBAM, c’est-à-dire la nomination de Mary-Dailey Desmarais à un nouveau poste de directrice de la conservation. Cette jeune candidate, très prometteuse, mais ayant peu d’expérience de gestion, aurait, disent-ils, été imposée à Nathalie Bondil, qui était d’accord avec le principe de scinder ses tâches — ce qui lui permettait de se concentrer sur la direction artistique —, mais pas sur le choix de Mme Desmarais.

Il s'agirait donc d'une collaboratrice en particulier. Et en effet ce n'est à mon avis "qu’un prétexte pour dévier l’attention du véritable nœud de la crise au MBAM, c’est-à-dire la nomination de Mary-Dailey Desmarais."

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

Mary-Dailey Desmarais, commissaire et conservatrice de l’art moderne et de l’art contemporain international au MBAM, est arrivée quatrième dans le processus de nomination pour ce poste, selon les critères de la grille d’analyse établie par le comité de sélection. Elle a néanmoins été préférée à une candidate qui a davantage d’expérience et de compétences, sans le consentement de la direction générale. Beaucoup mettent en doute ce processus de sélection, en raison notamment des liens familiaux de Mme Desmarais, femme de Paul Desmarais III, dont la famille (propriétaire de La Presse jusqu’en 2018) est très influente dans les activités de financement du musée.

Elle aurait donc été préférée à une candidate qui a davantage d’expérience et de compétences, sans le consentement de la direction générale, c'est à dire de Nathalie Bondil qui aurait eu à travailler directement avec elle..

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

L’homme d’affaires, éditeur et philanthrope assure ne pas avoir outrepassé son mandat dans toute cette affaire — ce que certains lui reprochent.

Comme je l'ai dit précédemment il a davantage cherché à protéger les intérêts de la famille Desmarais que ceux de bien d'autres personnes qui sont concernées (et consternées) par les agissements de président du CA. Sans parler des intérêts de la société québécoise dans son ensemble.

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

Les personnalités fortes, charismatiques, performantes et perfectionnistes sont souvent très exigeantes envers elles-mêmes et ceux qui les entourent. C’est ce qui leur permet d’accomplir des choses hors du commun, dans tous les domaines.

Je me permettrai d'ajouter également que la plupart des personnes qui oeuvrent dans le milieu des arts sont des personnes très sensibles. Ce qui est comme dire que les personnes qui oeuvrent dans le sport sont des personnes très musclées. D'où à mon avis les tensions exacerbées dans les relations de travail à l'intérieur du Musée.

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

Ce congédiement d’une star mondiale du monde muséal est-il le geste courageux d’un conseil d’administration qui ne tolère pas le harcèlement ou un prétexte pour ne pas attirer l’attention sur un processus de nomination potentiellement entaché de favoritisme ?

Quant à moi poser la question c'est y répondre. 

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

Nathalie Bondil a-t-elle compté sur ses appuis dans les milieux politiques et des affaires, ainsi que sur sa réputation plus qu’enviable à l’international, pour fermer les yeux sur ce qui se passait à l’intérieur des murs de l’institution qu’elle dirigeait ?

Encore une fois ce n'est pas son comportement à elle qui est directement en cause.

Il y a 3 heures, ScarletCoral a dit :

Il restera à s’assurer, d’une manière ou d’une autre, que ce ne soit pas Montréal qui fasse les frais de cette bien triste situation

Hélas ce sera bien de toute évidence le cas. Tout cela à cause d'un individu en particulier: Michel de la Chenelière.

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il y a 12 minutes, Normand Hamel a dit :

Hélas ce sera bien de toute évidence le cas. Tout cela à cause d'un individu en particulier: Michel de la Chenelière.

Monique Jérôme-Forget, présidente du CA du Musée McCord, est en entrevue en ce moment à l'émission Midi Info et elle semble pointer du doigt Michel de la Chelière aussi..

Elle parle d'une campagne de salissage à l'endroit de Nathalie Bondil.

Elle a écrit ce texte dans La Presse ce matin

https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-07-14/depart-de-nathalie-bondil-un-probleme-de-gouvernance.php

Départ de Nathalie Bondil: un problème de gouvernance

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PHOTO YVES TREMBLAY, LES YEUX DU CIEL, ARCHIVES LA PRESSE
Le Musée des beaux-arts de Montréal

L’auteure s’adresse au président du conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal, Michel de la Chenelière

Publié le 14 juillet 2020 à 9h00
MONIQUE JERÔME-FORGET
EX-MINISTRE DES FINANCES ET EX-PRÉSIDENTE DU CONSEIL DU TRÉSOR

Monsieur de la Chenelière,

À titre de présidente du conseil d’administration du Musée McCord Stewart à Montréal, j’ai pris connaissance avec désarroi du désaccord entre la direction du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et son conseil d’administration qui a mené au licenciement de Mme Nathalie Bondil.*

Ce conflit est très évidemment relié à un problème de gouvernance. Ainsi il m’apparaît non seulement curieux, mais inacceptable qu’un poste de direction de la conservation soit imposé à la direction générale qui était soutenue par son comité de direction. Qui plus est, selon un membre de votre conseil, la décision finale s’est prise à huis clos en excluant délibérément la direction générale comme son comité de direction.

Tout comme France Chrétien Desmarais, qui a également une longue expérience des conseils d’administration, je crois que le C.A. du MBAM a empiété sur les responsabilités de la direction générale, reniant ainsi tous les principes de bonne gouvernance. D’ailleurs, il apparaît qu’en tant que président du conseil d’administration, vous vous soyez arrogé le droit de donner des directives à des membres du personnel, lesquels bien sûr se sentent obligés d’obtempérer. Il m’est dit que plusieurs réunions du C.A. et des comités du MBAM ont lieu entièrement à huis clos, sans la présence d’un expert du Musée ni surtout de la direction générale. On a observé aussi un degré d’opacité entre le conseil d’administration et la direction, un manque certain de bonne gouvernance.

Je considère que le problème du MBAM n’était pas sa directrice générale, mais résulte des lacunes dans la gouvernance du Musée que vous présidez.

Soyez assuré que j’ai le plus grand respect pour le rôle du conseil d’administration, et vous comprendrez également qu’en raison de ma longue expérience des C.A., je connais fort bien les principes et les rôles distincts d’un conseil d’administration et d’une direction générale.

Je ne peux que réitérer ma déception face au dénouement de cette crise qui aurait pu être gérée plus efficacement. Je vous suggère humblement d’inviter le président de l’Institut de la gouvernance, Michel Nadeau, a rencontré les membres de votre conseil afin de bien comprendre le rôle qui vous et leur revient.

Je vous fais cette proposition amicalement, car le MBAM est une institution de grand prestige qui mérite autre chose que ce qu’on lit dans les journaux présentement.

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il y a une heure, Feanaro a dit :

Actualité couverte par Le Figaro en France

Ce qui n'est pas surprenant compte tenu du fait que Nathalie Bondil a dans le passé refusé la direction du Louvre qu'on lui proposait. Si elle a préféré demeurer au MBAM c'est parce qu'elle y jouissait d'une plus grande liberté d'action. Je me permettrai d'ajouter qu'il est préférable d'être un gros poisson dans un petit lac qu'un petit poisson dans l'océan: traduction libre de "better to be a big fish in a small pound than a little fish in a big pound."

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