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Ça brasse à la coop 

https://www.lapresse.ca/affaires/201904/13/01-5222099-vivre-en-cooperative-sinvestir-plutot-quinvestir.php

vers la fin de l'article

Du conflit au cauchemar

Une mésentente entre le C.A. et les membres a complètement paralysé une coop montréalaise au cours des derniers mois.

Encouragés par des amis, Martin Dubé et sa conjointe ont quitté Laval pour embrasser la vie coopérative à Montréal en juillet 2018.

Ils se sont donc installés dans un appartement de la coop Tiohtiake, dans le quartier Griffintown à Montréal.

En langue mohawk, tiohtiake signifie « le lieu où les nations et les rivières s'unissent et se divisent ». Le couple ne croyait toutefois pas assister à une division aussi éloquente dans cet immeuble de 81 logements.

Le mois dernier, le conseil d'administration (C.A.) a démissionné en bloc, après des mois de guerre ouverte avec certains membres - échanges d'insultes personnelles et de lettres d'avocats en prime. Des administrateurs affirment qu'ils évitaient les ascenseurs et les aires communes pour ne pas se faire invectiver. Lors d'une assemblée générale, des personnes en sont même venues aux coups.

« Tout a pris une drôle de tournure », constate Martin. C'est peu dire.

Après que sa conjointe et lui eurent emménagé, deux éléments ont rapidement provoqué la discorde avec le conseil d'administration.

D'une part, le couple possède deux chiens, alors que le règlement de l'immeuble n'en permet qu'un : M. Dubé signale, formulaire de candidature à l'appui, qu'il n'a jamais caché d'information, mais le C.A. rétorque que de signer un bail l'oblige à se conformer au règlement.

D'autre part, dans le même formulaire, il était spécifié que la fille de 19 ans de madame résiderait avec eux. Or, selon le C.A., elle n'a jamais habité à temps plein à Tiohtiake, si bien que le couple aurait dû se faire attribuer un logement plus petit.

La tension a donc monté et le C.A. a suspendu pour trois mois le membership du couple - en réalité, seule la conjointe de Martin est membre. Cette suspension la privait d'un rabais mensuel sur son loyer et de son droit de vote en assemblée générale.

Pour dénouer le conflit, les deux parties ont convenu d'aller en médiation... avant de s'accuser mutuellement d'avoir fait dérailler le processus.

À la mi-février, le C.A. a convenu d'une exclusion à vie de la coop. En vertu du règlement interne, cela n'implique toutefois pas une obligation de déménager à la fin du bail en cours, une clause en vigueur dans d'autres coops.

Le couple a néanmoins refusé d'honorer la hausse de loyer conséquente à l'exclusion. Les avis de retard se sont donc accumulés.

« Le C.A. n'est pas propriétaire du building, ce n'est pas non plus un organe coercitif qui peut taper sur la tête du monde », dénonce Martin Dubé.

Pas d'instance d'appel

Le couple n'est pas le seul à avoir reçu un avis de suspension ou d'exclusion de la coop Tiohtiake au cours des derniers mois.

Chez les personnes suspendues ou exclues, on dénonce une stratégie destinée à museler une poignée de « dissidents » qui ont défié la gestion du C.A. Dans l'autre camp, on invoque notamment des contraventions au règlement de régie interne, mais à plus forte raison le manque ou l'absence de participation aux tâches partagées. Autant de motifs valables pour une suspension ou une exclusion au sens de la Loi sur les coopératives.

Toutefois, il n'existe pas d'instance d'appel pour les membres qui voudraient contester une décision à leur égard. Pas plus qu'il n'existe de « tribunal » des coopératives. Et comme le C.A. n'est pas propriétaire des lieux, sa relation avec les membres ne tombe pas sous l'égide de la Régie du logement.

S'il désire faire casser un verdict de son C.A., un membre doit donc s'adresser à la Cour supérieure. Et si la Cour accepte d'entendre la cause, elle ne rendra pas une décision sur le fond du conflit : elle jugera plutôt si le processus de suspension ou d'exclusion a été fait de manière juste et impartiale.

« Des membres qui gagnent leur cause, il n'y en a pas beaucoup, vu les critères qui limitent l'intervention de la Cour supérieure », convient Me Marc-André Émard, avocat de l'aide juridique.

Prendre le bâton du pèlerin peut facilement atteindre les 10 000 $ pour le plaignant.

« Ça pose un problème d'accès à la justice. Si une personne n'est pas admissible à l'aide juridique, elle se retrouve avec le choix d'entreprendre un recours très coûteux, ou bien d'abandonner et de déménager. »

- Me Julien Delangie, avocat spécialisé en droit du logement

Grosse coop, gros problèmes

À la source du conflit entre le C.A. et les membres de la coop Tiohtiake figure la participation déficiente à la vie coopérative.

C'est précisément pour stimuler cette participation que la vice-présidente du C.A. démissionnaire a été nommée administratrice le printemps dernier.

« La moitié de la coop fait les tâches de l'autre moitié », selon cette dame, dont nous ne pouvons dévoiler l'identité puisque son emploi impose la confidentialité sur son lieu de résidence.

Pour éviter que d'autres situations connaissent une telle escalade, « il faut arrêter de faire des coops aussi grosses », implore-t-elle.

À 81 logements, Tiohtiake n'est en effet pas banale, quoique la tendance pointe vers la multiplication de coopératives aussi imposantes, voire plus.

Gilles Nadon, directeur général adjoint de la Fédération des coopératives d'habitation intermunicipale du Montréal métropolitain, reconnaît que la complexité de gestion d'une coop d'habitation est proportionnelle à sa taille.

À ses yeux, l'embauche d'un gestionnaire permanent devient tôt ou tard incontournable.

« Le vivre-ensemble est tout un défi, ne serait-ce qu'au sein d'une même famille, dit-il. Alors imaginez 80 personnes d'horizons différents... Ça peut marcher, mais ça n'arrivera pas tout seul. »

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      RÉGION - MONTRÉAL
      Regroupement UTILE
       
      Une coopérative de logements étudiants pour 2017
       
      Première publication 16 octobre 2014 à 04h36
      Par Anne-Marie Provost | Agence QMI
       
      Le regroupement UTILE, qui souhaitait mettre la main sur l'îlot voyageur pour y construire du logement étudiant abordable,achètera d'ici quelques semaines un terrain pour bâtir unecoopérative d'habitation étudiante d'ici 2017.
      Le projet d'environ 125 places, évalué à 10 millions $, serafinancé à 75 % par un prêt hypothécaire. Le gouvernement du Québec investira de son côté un montant de 2 millions $ non récurrent, à travers un programme pilote de la Société d'habitation du Québec.
      «Nous sommes en attente d'un montant de 500 000 $ en provenance de la ville de Montréal», a ajouté Laurent Lévesque, coordonnateur général d'UTILE.
       
      Pas dans le Quartier latin
       
      Le projet de logements locatifs ne sera toutefois pas situé dans le Quartier latin, comme prévu au départ.
      «Développer du logement abordable est impossible dans ce secteur à cause des prix. Et puis, la population étudiante habite le long des axes de métro en dehors du centre-ville», a-t-il affirmé en invoquant une étude de marché.
      Cette coopérative, la première du genre à Montréal selon UTILE, se veut également en rupture avec les résidences étudiantes.
      «Le seul critère d'admission est d'être aux études. Nous sommes ouverts à l'ensemble de la population étudiante des universités, et peut-être même des cégeps, nos logements ne sont pas rattachés à une institution», a indiqué le coordonnateur général.
      Il n'est pas question d'avoir une subvention au loyer, comme c'est le cas dans les coopératives traditionnelles. Le projet d'UTILE sera financé par les loyers partagés en colocation et les logements offriront de trois à six chambres.
       
      Projets à venir
       
      Le regroupement considère la nouvelle coopérative comme un projet pilote et souhaite à terme développer un parc de logements étudiants abordables à Montréal, entièrement autofinancé.
      «Nous sommes conscients du contexte budgétaire au Québec, nous ne voulons pas dépendre du financement public pour la suite», a souligné Laurent Lévesque.
      UTILE prévoit également annoncer en janvier la création d'une plate-forme web pour accueillir et intégrer les nouveaux étudiants à Montréal.
      Plusieurs nouveaux arrivants se font notamment offrir des logements au prix plus élevé que le cours normal et le regroupement souhaite créer un guichet unique pour le logement étudiant.
       
       
       
    • By nephersir7
      Projet locatif de 18 étages à côté de Concordia


      http://www.lobby.gouv.qc.ca/servicespublic/consultation/AfficherInscription.aspx?NumeroInscription=3teoJdC%2bIdl2362AMJKTRg%3d%3d#D107088
    • By OursNoir
      L'autoroute Bonaventure sera reconstruite en boulevard urbain et renommée Boulevard Robert-Bourassa.
    • By IluvMTL
      http://plus.lapresse.ca/screens/e23181dd-903c-4f4b-8467-0e46c17d0fdc__7C___0.html?utm_medium=Facebook&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen&fbclid=IwAR0SOyIOn-W5z5ZJxkSAeiDY0HLbsKmyza2u7OItxNfOnSIdDBkaYW4nw54
      PRIX DES LOGEMENTS À MONTRÉAL
      PLAIDOYER POUR LA DENSIFICATION DE MONTRÉAL
       
      Le promoteur immobilier Prével appelle à une augmentation de la densité du patrimoine bâti pour prévenir une flambée des prix des logements.
      ANDRÉ DUBUCLA PRESSE
      La société Prével, qui se spécialise dans l’offre de logements destinés aux premiers acheteurs dans les quartiers centraux de Montréal, craint de devoir abandonner son modèle d’affaires en raison des frais toujours plus élevés que la Ville impose aux promoteurs pour toutes sortes de bonnes raisons.
      « On en discute beaucoup à l’interne. C’est quelque chose qui nous préoccupe », répond la coprésidente Laurence Vincent quand on lui demande de quoi l’avenir sera fait.
      « Ça insécurise. C’est devenu de plus en plus compliqué de faire des projets à Montréal, alors qu’on est accueilli à bras ouverts en banlieue. Mais aujourd’hui, on s’entête. Est-ce que l’avenir va prouver qu’on a eu tort ? »
      On doit à Prével les lofts Imperial, dans l’ancienne manufacture de tabac de Saint-Henri, et les lofts Lowney, dans Griffintown.
      SURCHARGES À COMPENSER
      Toutes ces charges pour les parcs et les logements sociaux sont nécessaires, reconnaît Mme Vincent, mais elles devraient être accompagnées d’une augmentation de la densité du patrimoine bâti pour compenser les surcharges. Sinon, l’offre de logements ne suivra pas la demande dans les quartiers centraux et les prix des logements grimperont encore plus vite, ce qui rendra à terme Montréal aussi inabordable que Vancouver ou Toronto.
      « Il faut juste s’assurer qu’il y a un partage des frais pour ne pas que ça soit l’acheteur en fin de compte qui supporte l’entièreté du poids [des exigences en matière de logement social]. »
      — Laurence Vincent, coprésidente de Prével
      Le 10 avril, la Ville a annoncé le report au 17 juin du dépôt de son règlement sur l’inclusion des logements sociaux, lequel prévoit que tout nouveau projet résidentiel d’une certaine taille devra inclure 20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables et 20 % de logements familiaux. Il devait être déposé initialement en avril. Une étude indique que ce règlement, s’il est adopté sans aucune compensation, ferait grimper le coût des logements de 16 %.
      Mme Vincent s’est réjouie de ce report, elle qui siège à la table des partenaires en habitation et qui est à la tête du comité habitation de l’Institut de développement urbain, le lobby des promoteurs. « Ça va nous donner du temps pour discuter davantage. »
      CONTRE L’ÉTALEMENT URBAIN
      Aux détracteurs de la densification, Mme Vincent leur pose la question : que voulons-nous pour notre ville ? « Il va falloir faire des choix. On est pour le développement durable. Le trafic nous coûte 4 milliards. Qu’est-ce qu’on veut faire ? Où sont les universitaires pour se prononcer sur ce qui est le mieux en termes de développement ? Où veulent-ils les mettre, les 320 000 nouveaux ménages que l’on attend dans l’île d’ici 10 ans ? »
      Selon elle, la solution de rechange au refus d’une plus grande densité dans l’île est l’étalement urbain dans les couronnes.
      « En périphérie, à Vaudreuil-Dorion, on demande de faire 10 étages dans certaines zones, alors qu’à Montréal, on arrive près d’une station de métro et on a de la difficulté à obtenir 8 étages », dénonce-t-elle.
      Actuellement, les droits aériens au-dessus des édicules de métro restent inutilisés, comme au métro Radisson, dans l’Est, tandis qu’on va vouloir construire des 20, 30 et 40 étages à Brossard et à Pointe-Claire, là où il y aura des gares du Réseau express métropolitain (REM), le train électrique de la Caisse de dépôt et placement.
    • By mtlurb
      350 Maisonneuve
       
      Architectes: Menkès, Shooner, Dagenais, Letourneux
      Fin de la construction:2009
      Utilisation: Hôtel/Résidentiel
      Promoteur: SacresaCanada, Iber Management ( Espagne).
      Emplacement: Quartier des Spectacles, Montréal
      98 mètres (296 pieds) - 28 étages
      Description:
      - Le complexe en «L», comprendra environ 300 unités.

      Plus d'infos et d'images: http://www2.ville.montreal.qc.ca/ldvdm/jsp/ocpm/ocpm.jsp?laPage=projet14.jsp
      1b1.pdf