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Normand Thériault

Édition du samedi 16 et du dimanche 17 février 2008

 

Mots clés : architectes, Musée Guggenheim, Municipalité, Montréal

 

Des villes se redonnent une nouvelle identité en laissant architectes et promoteurs libres d'opérer en toute audace

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Photo: Agence France-Presse

 

Autrefois, Bilbao était une triste ville industrielle dont le port débordait jusqu'au centre-ville. Les bateaux y sont aujourd'hui en moins grand nombre. Nul ne s'en plaint, résidants et touristes ayant pris d'assaut les rives. Bilbao est devenu un modèle de relance urbaine. Serait-ce possible de croire qu'un jour Montréal aura aussi en son territoire des constructions monumentales qui feront à leur tour l'envie des autres capitales?

 

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Montréal se reconstruit. Nul ne se plaint de voir les différents «parkings», comme autant de «caries» dans le paysage urbain, lentement être éliminés au profit de nouvelles constructions. Et si l'audace architecturale est rarement au rendez-vous, dans l'ensemble les constructions ont une certaine qualité: les acheteurs de condominiums, à qui souvent on demande près d'une demi-million, jamais moins de 150 000 S, ne veulent plus de ces boîtes à beurre que divers promoteurs proposaient dans les années 1950 et 1960 à tous les locataires en manque de logements.

 

Car visiter certains secteurs de Rosemont, Hochelaga, Verdun, Côte-des-Neiges, Villeray est souvent une expérience déroutante quand s'accumulent au regard autant de 4 et demie, de 5 et demie, distribués de part en part d'une cage d'escalier que laisse voir une baie vitrée en plein centre de la construction. Si, Montréal est toujours une ville de locataires, et on peut parfois s'en plaindre quand on constate la mauvaise qualité architecturale des habitations qu'on leur destinait.

 

Toutefois, Montréal n'est pas en Occident la seule ville qui doive aujourd'hui se dépêtrer des conséquences du boom immobilier de l'après-guerre. Aussi, de Baltimore à plus d'une ville européenne, on voit prendre forme des initiatives qui corrigent les erreurs du passé.

 

Ouvrages marquants

 

Jusqu'à l'Expo 67, les monuments de Montréal furent la Sun Life ou un oratoire sur le flanc du Mont-Royal, et qui dans ce dernier cas fut longtemps en construction. Puis vint un boom. La Place Ville-Marie comme la Tour de la Bourse d'un Pier Luigi Nervi ou les appartements Westmount de Mies van der Rohe sont sortis de terre. L'exposition universelle a elle aussi fait rêver avec ces pavillons et surtout le dôme géodésique de Buckminster Füller et l'Habitat de Moishe Safdie, ces deux ouvrages qui, chacun, s'inscrivait, et demeure encore, de plein droit sur la carte architecturale mondiale.

 

Puis l'accalmie. On n'a pas cependant cessé de construire, et souvent avec beaucoup de souci architectural: l'ensemble qui constitue le Quartier international en témoigne, tout comme certains ouvrages sis de part en part de René-Lévesque. Et certaines constructions ont fait l'objet de plus d'un commentaire où l'éloge ne figurait pas dans la teneur des propos: la première crise qui a marqué les récentes constructions de l'UQAM, dans le cas précis de l'édifice de la TELUQ, n'a d'abord pas été financière. Et les murs de verre du nouveau Palais des congrès ont vu rebondir plus d'un quolibet (et à son voisin immédiat, l'édifice de la Caisse de dépôt, plus d'un reproche a été adressé: pour certains, pourquoi payer plus cher pour une architecture de qualité, quand on peut construire avec des «plywoods» et des blocs de béton?).

 

Argent manquant

 

Il est en fait une contrainte lourde qui entache tout l'univers bâti québécois: la même politique qui prévaut chez Wal-Mart, celle du «beau-bon-pas-cher-et-ne-vaut-pas-plus», s'appliquerait en ce domaine. Pense-t-on à un centre hospitalier universitaire, un musée, une salle de concert, qu'avant même de voir un plan, une esquisse architecturale, hommes et femmes politiques, accompagnés de leurs administrateurs, s'affichent pour informer des économies en cours. Résultat: s'il est possible de recourir au préfabriqué, on le fera, quitte à ajouter des plantes et quelques puits de lumière pour animer les intérieurs, le privé commercial et industriel nous ayant en effet montré la voie, celle qui permet de tout ériger rapidement, quitte à démolir aussi vite, et ce sans regrets. Aussi, les nouvelles usines et les entrepôts que l'on construit présentement deviendraient-ils des constructions obsolètes qu'à la différence des Lowneys et Impérial d'un siècle passé, il ne serait point question de les reconvertir en lofts et autres condos: un simple bulldozer peut les éliminer de l'histoire.

 

Et les dénonciateurs d'audace ont beau jeu. Projetterait-on une oeuvre originale qu'ils monteraient au créneau pour rappeler le fiasco olympique, dont une mauvaise planification justifie encore à leurs yeux tout ce qui ne découle pas d'une réalité platement bétonnée. Et de réclamer plus d'écoles, plus d'hôpitaux qui font le bonheur des ministres des Finances, mais rendent tristes leurs utilisateurs et usagers.

 

Rêves donnés

 

Les gens du Québec prennent toutefois l'avion pour aller assister à des renaissances lointaines. Ils voient aussi dans les films, ou sur les canaux spécialisés, des images qui font rêver. Et ils constatent qu'en plus d'un Londres ou d'un Paris historique, il est d'autres quartiers à voir et que le Louvre, outre ses oeuvres d'art, abrite aussi une pyramide qui longtemps fit rugir plus d'un Parisien conservateur.

 

Et de parler aussi de Rotterdam, de villes nordiques, de villes espagnoles comme Bilbao ou Barcelone, de ces villes qui ont su renaître quand les nouvelles conditions économiques entraînaient la fermeture complète de plus d'un quartier.

 

Montréal aura aussi à réagir: de quoi aura l'air en fait ce nouveau Griffintown dont on parle ces jours-ci: un parking pour humains et autos, avec des boutiques et des voies urbaines? Que fera-t-on aussi quand le réseau sud de Bonaventure ou la cour Turcot seront débarrassés de l'actuel filet autoroutier? Et ailleurs aussi, quel sera l'avenir construit d'Outremont ou de Montréal-Ouest, pour ne nommer que quelques évidences?

 

Possibilités réelles

 

On sait déjà que la nouvelle salle de l'OSM sera sans doute un édifice conventionnel et on espère que les futurs agrandissements de musées permettront à des Hanganu de répéter l'aventure de Pointe-à-Callière, mais quand verrons-nous à Montréal un monument qui comme à Bilbao donne une signature à une ville?

 

Pourtant qui aujourd'hui achète une résidence devrait savoir que la beauté environnante influe sur la valeur de son achat. Les petites économies sont en fait de mauvais placements.

 

 

http://www.ledevoir.com/2008/02/16/176237.html

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  • Administrator

Hé bien! Très très bon article, vraiment intéressant.

 

Espérons que l'article sensibilisera certaines personnes qui ont le réflexe de critiquer quand le gouvernement investit «trop» dans un projet.

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