Jump to content

Recommended Posts

Montréal Des guichets uniques pour les sans-abri

 

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Un autobus amènera à la Maison du père les personnes sans-abri qui veulent obtenir les services ds guichets uniques, ce qui leur évite d’avoir à se déplacer dans différents bureaux, aux quatre coins de la ville.

Chaque premier du mois, une queue se forme devant des organismes d’aide aux personnes itinérantes : des sans-abri veulent encaisser leur chèque d’aide sociale. Ils repartent avec de l’argent comptant plein les poches, puisque nombre d’entre eux n’ont pas de compte bancaire.

Publié à 5h00

https://www.lapresse.ca/actualites/2022-10-13/montreal/des-guichets-uniques-pour-les-sans-abri.php

Isabelle Ducas La Presse

L’agent Laurent Dyke, responsable du dossier de l’itinérance au sein de la Division de la prévention et de la sécurité urbaine du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), s’inquiète pour leur sécurité, puisqu’ils s’exposent ainsi à des vols et peuvent difficilement respecter un budget.

En 2019, l’agent Dyke a donc mis sur pied un projet, avec le Mouvement Desjardins, pour les aider à ouvrir un compte bancaire et y faire déposer directement leur chèque d’aide sociale chaque mois. « Plus de 300 personnes ont ouvert un compte en banque, dit-il. Elles peuvent faire des retraits au besoin et ne se retrouvent plus avec des liasses de centaines de dollars au début du mois. »

Cette année, il pousse un peu plus loin l’initiative, en mettant en place, pendant deux journées, des guichets uniques de services pour les personnes en situation d’itinérance, en collaboration avec la Maison du père et d’autres partenaires.

Entamer « les démarches administratives »

Ils pourront notamment obtenir une carte d’assurance maladie, ouvrir un compte bancaire, obtenir de l’information juridique, faire une demande d’aide sociale ou de sécurité de la vieillesse, gérer leurs contraventions, réviser leur dossier de probation, obtenir de l’aide pour combattre une dépendance à l’alcool ou à la drogue, faire des démarches pour se trouver un emploi, etc.

Tous les intervenants seront sur place et des rencontres privées pourront avoir lieu.

« On ne fera pas que donner de l’information, on va vraiment pouvoir démarrer les démarches administratives dont les gens ont besoin », explique l’agent Dyke

Un autobus amènera à la Maison du père les personnes sans-abri qui veulent obtenir ces services, ce qui leur évite d’avoir à se déplacer dans différents bureaux, aux quatre coins de la ville.

Les guichets uniques auront lieu ce jeudi, ainsi que le mardi 15 novembre, de 9 h à 16 h.

Est-ce que la police se retrouve maintenant à faire le travail des organismes communautaires ?

« Ma priorité, comme policier, c’est d’assurer la sécurité des personnes en situation d’itinérance, répond l’agent Dyke. Je regarde quels sont les enjeux pour ces gens, et je tente de trouver des solutions. »

Link to comment
Share on other sites

  • 5 months later...
lapresse.ca
 

Campement sous l'autoroute Ville-Marie | Québec trouvera des logements pour les itinérants

Isabelle Ducas La Presse

d481afdf5433370cba59c29f9f099588.jpg

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Les sans-abri contestaient en cour l’avis d’éviction qui leur a été transmis au début de mars par le ministère des Transports du Québec, qui comptait entreprendre des travaux à l’endroit du campement, près de l’avenue Atwater, d’ici la fin du mois.

Une quinzaine d’itinérants ayant établi un campement sous l’autoroute Ville-Marie, au centre-ville de Montréal, et qui étaient menacés d’éviction seront pris en charge par le gouvernement du Québec, qui s’engage à leur trouver des logements adaptés à leurs besoins.

Les sans-abri contestaient en cour l’avis d’éviction qui leur a été transmis au début de mars par le ministère des Transports du Québec (MTQ), qui comptait entreprendre des travaux à l’endroit du campement, près de l’avenue Atwater, d’ici la fin du mois.

Mercredi matin, avant que le juge entende leur demande d’injonction au palais de justice de Montréal, une entente a été conclue entre leurs avocats et ceux du gouvernement du Québec, dans laquelle les autorités acceptent d’entreprendre des discussions « pour trouver, de concert avec les différents partenaires, des solutions pour loger les personnes en situation d’itinérance vivant actuellement dans les campements, le tout dans le respect des besoins et des droits de ces individus ».

« Il n’est pas question de les loger dans des refuges d’urgence, mais de trouver des solutions de logements qui répondent aux besoins de chacun d’entre eux, » explique MDonald Tremblay, directeur général de la Clinique juridique itinérante, qui agit comme représentant des campeurs.

Certaines personnes ayant des problèmes de santé mentale auront besoin d’accompagnement pour s’installer et conserver un logement, ajoute-t-il.

« On ne parle pas de chiens et de chats. Ce sont des êtres humains. On est au Québec en 2023, mais ils sont traités comme des moins que rien, s’insurge MTremblay. Ça fait des mois que ça dure et le gouvernement ne fait rien, c’est inacceptable. Aujourd’hui, on a une obligation d’agir pour respecter leur dignité humaine et c’est extraordinaire. »

Michel Chabot, 58 ans, l’un des campeurs qui vit sous l’autoroute depuis plusieurs mois, était au palais de justice pour les procédures. Il dit avoir confiance que l’entente conclue lui permettra d’avoir un logement.

« Je ne demande pas grand-chose, juste un 1 et demi et je serais content » confie-t-il. Atteint d’un cancer, il subit actuellement des traitements de chimiothérapie.

« Je n’en ai peut-être plus pour longtemps, et une de mes craintes, c’est qu’on retrouve ma dépouille dans ma tente mangée par les rats. »

« L’entente est un petit pas pour les droits humains et pour reconnaître la valeur de la vie humaine », se réjouit David Chapman, directeur général de l’organisme Résilience Montréal, qui épaule le groupe de campeurs en leur servant notamment des repas chauds.

Au-delà des actions qui seront entreprises pour trouver des logements aux itinérants de ce campement, Donald Tremblay souhaite que cette situation fasse avancer la réflexion du gouvernement sur la question du droit au logement.

Link to comment
Share on other sites

  • 2 weeks later...
journalmetro.com
 

Québec n’a rien proposer pour reloger les personnes itinérantes sous l’autoroute Ville-Marie

Nicolas Monet

Le gouvernement du Québec n’a offert aucune proposition concrète depuis son premier avis d’éviction en novembre dernier pour reloger les personnes en situation d’itinérance qui campent sous l’autoroute Ville-Marie. Pourtant, Québec s’était engagé à tenter de trouver des solutions avant de démanteler le campement pour entreprendre des travaux majeurs.

La Clinique juridique itinérante demande une ordonnance judiciaire pour repousser l’éviction des campeurs par le ministère des Transports (MTQ) au 15 juillet 2023. Les parties se sont de nouveau retrouvées devant les tribunaux lundi, les discussions pour en arriver à une entente s’étant avérées infructueuses.

«Qu’est-ce qu’on a fait concrètement pour éviter que [les campeurs] se retrouvent aujourd’hui devant l’imminence de se faire évincer manu militari?», a demandé lors de l’audience Me Éric Préfontaine, qui représentait la Clinique juridique itinérante. L’avocat du cabinet Osler, Hoskin & Harcourt a rappelé que le gouvernement avait annoncé un sursis au démantèlement au mois de novembre pour essayer de trouver une solution à long terme pour les personnes évincées.

«Jamais le ministère ne s’est engagé à les relocaliser», a soutenu pour sa part l’avocate du procureur général du Québec, Me Nancy Brûlé. «On est dans un processus volontaire. Dans la mesure où ils ne veulent pas [se faire aider], c’est difficile de faire quelque chose», a-t-elle précisé à la juge Chantal Masse de la Cour supérieure. La juge Masse s’est d’ailleurs dite « bouche bée » devant la passivité du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, invitant le gouvernement à être plus « proactif »

Le CIUSSS est en contact avec les campeurs depuis plusieurs années, a assuré l’avocate du gouvernement. Or, «ces gens-là, pour différentes raisons qui leur appartiennent, n’ont pas établi de lien de confiance avec le CIUSSS.»

À défaut d’une ordonnance judiciaire, le campement, situé près de la rue Guy et de l’avenue Atwater, sera démantelé par les policiers le 12 ou le 15 avril prochain.

Un démantèlement aux effets «absolument dévastateurs»

«La pire des solutions, c’est de ne rien faire. La moins pire des solutions, c’est de retarder l’éviction pour qu’elle se fasse dans des conditions qui sont minimalement acceptables», a lancé Me Préfontaine.

L’avocat a souligné les «conditions extrêmes» dans lequel vivaient les campeurs, rappelant que le mercure avoisinait -10o C la nuit dernière. «Ils ont essentiellement un toit sur leur tête, et c’est l’autoroute Ville-Marie, a-t-il déclaré. Si on les expulse […] où peuvent-ils se relocaliser?»

Ce sont des gens qui n’ont pas grand-chose […]. Une des seules choses qu’ils ont, c’est leur communauté et les bénéfices qu’elles leur apportent.

Me Éric Préfontaine, avocat de chez Osler, Hoskin & Harcourt, représentant la Clinique juridique itinérante

Me Anabel Semerdzhieva, qui représente également les demandeurs, a souligné au tribunal les obstacles sociaux et administratifs auxquels font face les personnes en situation d’itinérance quand vient le temps de trouver un logement permanent ou même un lit dans un refuge. «Ils font face à des systèmes d’exclusion qui se superposent les uns et les autres, a-t-elle déploré. Ils sont pris dans un cercle vicieux qui les rend invisibles.»

Il y a seulement 1600 lits disponibles en refuges à Montréal, a affirmé l’avocate. Beaucoup trop peu pour héberger les 3149 des personnes itinérantes à Montréal, selon un dénombrement effectué en 2018.

Par ailleurs, les campeurs, «extrêmement vulnérables», peuvent s’entraider a rappelé Me Anabel Semerdzhieva. Certaines personnes y habitent depuis plusieurs années. Un résident qui y vit depuis 10 ans agit comme «protecteur» en aidant les autres à se nourrir, à gérer leur consommation de drogues et d’alcool et leur porte assistance en cas d’urgence, a-t-elle illustré. Des trousses de Naxolone, antidote au fentanyl, sont également disponibles sur place, a-t-elle allégué.

Un démantèlement sans prise en charge des campeurs aurait des «effets absolument dévastateurs», selon Me Semerdzhieva.

Des travaux nécessaires et pressants, selon le MTQ

«Leurs histoires sont d’une grande tristesse», a reconnu Me Brûlé. «Il reste que ces gens-là occupent un terrain sans droit», a-t-elle poursuivi, rappelant que le MTQ est propriétaire du terrain sur lequel le campement est installé.

Les travaux qui seront entrepris dans le cadre de la réfection de l’échangeur Turcot dureront environ trois ans. Les piliers de l’autoroute Ville-Marie, dont ceux où vivent les campeurs, doivent être réparés pour «assurer la capacité structurelle», a-t-elle déclaré.

Le ministère doit s’assurer que les routes soient sécuritaires. Que les infrastructures soient sécuritaires.

Me Nancy Brûlé, avocate du procureur général du Québec

La cohabitation entre le chantier et les personnes itinérantes est impossible, avance l’avocate. Feu au campement, clôture coupée, circulation de personnes intoxiquées à côté du chantier, deux personnes endormies dans l’équipement: l’entrepreneur qui a effectué les prétravaux aurait rapporté diverses situations dangereuses, explique-t-elle. La cohabitation prolongerait également la durée des travaux, à ses dires.

 «Les travaux doivent se faire, et ils doivent commencer à un moment donné», a ajouté Me Marie Couture-Clouâtre, qui représente également le MTQ. «Plus ça retarde, plus il y a des risques potentiels.» Un retard complexifie également la coordination avec la Ville de Montréal pour assurer la circulation, a déclaré Me Brûlé.

La juge Chantal Masse a invité à plusieurs reprises les parties à discuter pour trouver une solution «rapide» et «pratique» en dehors du cadre judiciaire.

L’octroi d’un délai de grâce avant le démantèlement ne permettra pas aux campeurs d’éviter le préjudice, mais seulement de le retarder, a-t-elle rappelé. Ceux-ci peuvent également revenir après leur éviction, a-t-elle ajouté. «Ma décision, quelle qu’elle soit, ne règlera pas la situation définitivement».

L’audience se poursuivra demain, au palais de justice de Montréal.

 

 

Link to comment
Share on other sites

journalmetro.com
 

Démantèlement du campement sous l’autoroute Ville-Marie: «un dialogue de sourds», constate la juge

Nicolas Monet

Le gouvernement du Québec et les intervenants communautaires soutenant les personnes en situation d’itinérance qui campent sous l’autoroute Ville-Marie sont pris dans «un dialogue de sourds», a déploré mardi la juge Chantal Masse, de la Cour supérieure du Québec.

L’audience qui oppose le ministère des Transports (MTQ) à la Clinique juridique itinérante s’est close aujourd’hui, et a été prise en délibéré. La Clinique demande le report au 15 juillet du démantèlement du campement, situé près de la rue Guy et de l’avenue Atwater, pour des travaux majeurs.

«Soit il y a une coopération qui n’est pas véritable d’un côté ou de l’autre, ou il y a un énorme malentendu», a constaté la juge Masse.

Par ailleurs, le MTQ enverra un nouvel avis d’éviction demain, annonçant un démantèlement le 12 avril prochain, ont annoncé ses avocates. À défaut d’une entente, la juge rendra sa décision in extremis au retour du congé de Pâques, le mardi 11 avril à la première heure.

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal a mis diverses ressources à la disposition des personnes itinérantes depuis le premier avis d’éviction de novembre 2022, mais ces dernières ne voulaient pas de l’aide offerte, a plaidé Me Marie Couture-Clouâtre, du procureur général du Québec.

De son côté, Me Éric Préfontaine, qui représente la Clinique juridique itinérante, a réitéré qu’il n’y avait aucune «démarche concrète ou mesure prise pour favoriser le logement ou la relocalisation.»

C’est comme si on était sur deux planètes complètement différentes.

La juge Chantale Masse, de la Cour supérieure du Québec

Les avocats des deux parties se rencontreront cette semaine en compagnie des campeurs, des intervenants communautaires et du CIUSSS, à la demande expresse de la juge Masse. La magistrate a invité les parties à plusieurs reprises à discuter pour trouver une solution «rapide» et «pratique» en dehors du cadre judiciaire. «Ma décision, quelle qu’elle soit, ne règlera pas la situation définitivement», a-t-elle souligné.

Des ressources sont disponibles, assure Québec

Des places en refuges sont disponibles pour les campeurs, a soutenu Me Couture-Clouâtre. Le CIUSSS et Projet Logement Montréal peuvent également accompagner les personnes itinérantes dans leurs démarches pour obtenir un logement permanent si elles le souhaitent, selon ses dires. «Nous ne sommes pas dans un cas où il n’y a nulle part où aller», a-t-elle ajouté.

«On a tenté, et on a toujours la volonté de trouver une solution», a assuré l’avocate.

Par ailleurs, une enveloppe budgétaire est à la disposition des campeurs pour les aider à payer un loyer du loyer, a expliqué Me Couture-Clouâtre. «On n’a jamais entendu parler de ça », lui a rétorqué Me Préfontaine.

Je suis convaincu que c’est une volonté réelle, mais est-ce qu’on peut passer de la parole aux actes? C’est là que le bât blesse.

Me Éric Préfontaine, avocat chez Osler, Hoskin & Harcourt, représentant la Clinique juridique itinérante

Les campeurs sont des «adultes autonomes» et on ne peut les forcer à recevoir de l’aide, a réitéré Me Couture-Clouâtre. Or, plusieurs des campeurs ont affirmé vouloir de l’assistance pour se reloger dans des déclarations signées déposées en preuve par la Clinique juridique itinérante.

Michel Chabot est l’un des campeurs sous l’autoroute Ville-Marie. Rencontré par Métro à la sortie de l’audience, il doute fortement de la volonté du gouvernement d’aider les membres de sa communauté. «Personne n’est venu me voir. J’ai le cancer, pis ils ne sont même pas venus me voir», a-t-il dit.

Link to comment
Share on other sites

  • 2 weeks later...

Nouveau campement d’itinérants sur la rue du Parc, une situation «inquiétante»

 
Un campement itinérant sur la rue Parc.Un campement itinérant sur la rue Parc. Photo: Métro

Alors que la saison chaude vient à peine de débuter à Montréal, des campements d’itinérants se dressent déjà dans des endroits inusités de la métropole. Trois tentes, entre autres, sont apparues en début de semaine au coin des avenues du Parc et des Pins. Sans se prononcer sur ce campement spécifiquement, la directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Annie Salange, s’avoue inquiète, mais pas surprise.

C’est inquiétant c’est sur. Il n’y a personne qui se dit: « ah quelle belle qualité de vie que de vivre entre deux artères ».

Annie Salange, directrice du RAPSIM.

La directrice du RAPSIM qualifie la naissance des campements d’un «symptôme du manque de réponse adaptée». Elle craint et critique le «démantèlement systématique» opéré par la Ville en vertu de ses règlements quand vient le temps de gérer ce phénomène. «Tout ce qu’on fait, c’est mettre à risque les personnes», dit-elle, puisqu’ils se reculent dans des secteurs plus cachés et isolés, loin de leurs réseaux et des travailleurs de rues.

L’organisme a officialisé sa posture en lien avec les campements lors du démantèlement du campement Notre-Dame en 2020, qui a marqué l’imaginaire des Montréalais et Montréalaises. «Si on est mal à l’aise de voir des gens vivre en campement, il faut investir. On ne peut pas se dire que comme on ne voit plus de tentes, il n’y a plus de problème», dit Mme Salange.

«Ce n’est pas nouveau, dit-elle, il y a plusieurs campements partout». Rien de neuf sous le soleil, donc. Le RAPSIM est le regroupement montréalais en itinérance en plus d’être la plus importante concertation régionale en itinérance au Québec. Plusieurs membres de ce regroupement pratiquent le travail de rues pour venir en aide aux personnes sans domicile directement sur le terrain.

MicrosoftTeams-image-29.jpg?resize=1300%MicrosoftTeams-image-28.jpg?resize=1300%MicrosoftTeams-image-27.jpg?resize=1300%

Métro n’a pas pu s’entretenir avec les habitants du campement, mais tout indique qu’il s’agit d’un campement itinérant.

Le rôle de la Ville et des interventions policières

Selon une personne travaillant sur un chantier non loin du campement au coin des avenues du Parc et des Pins, qui a demandé à rester anonyme, «la police est passée au courant de la semaine pour parler avec les personnes» habitant dans les tentes. Une seule d’entre elles était sur les lieux.

Lorsque l’apparition d’une tente est signalée au service de police, «une évaluation est faite afin de déterminer s’il y a un risque imminent (incendie, circulation, criminalité). Si c’est le cas, la Ville de Montréal doit intervenir pour la sécurité de tous et toutes», a indiqué la responsable aux communications du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Caroline Labelle.

Celle-ci rappelle que la position du SPVM n’est pas décisionnelle dans le cas des campements urbains.

Le corps policier agit «en soutien» quand vient le temps d’appliquer les règlements, explique-t-elle. Avant de démanteler les campements, ils attendent donc de recevoir une demande officielle des propriétaires des terrains touchés, qu’il s’agisse de la Ville ou des propriétaires privés.

Car bien qu’il y ait les consignes transversales officielles de la ville, il y a des dynamiques propres à chaque quartier. «Les policiers sur le terrain connaissent très bien les dynamiques et les manques d’alternatives. Ils savent que s’ils démantèlent [un campement], le monde vont avoir nulle part où aller», dit la directrice du RAPSIM, Mme Salange. Elle assure qu’il «semble y avoir une tolérance non officielle», à ce niveau.

Effectivement, le SPVM rappelle avoir entrepris «depuis longtemps» un virage visant à éviter la judiciarisation inutile des personnes en situation d’itinérance.

Notre philosophie d’opération s’appuie sur la collaboration avec nos partenaires et l’intervention en mode d’accompagnement – référence auprès des ressources communautaires

Caroline Labelle, responsable aux communication du SPVM.

Plusieurs équipes mixtes comme l’EMRII, l’ESUP, les Patrouilles conjointes autochtones, et l’EMIC patrouillent la ville pour «soutenir et aider les personnes itinérantes», fait savoir Mme Labelle.

Un manque d’alternatives

Le campement observé par Métro se trouve à un jet de pierre de l’Hôtel-Dieu et à quelques mètres de Milton-Parc. L’an dernier, l’ombudsman de la Ville de Montréal, Nadine Mailloux, qualifiait la situation itinérante dans ce secteur d’une «crise humanitaire» dans un rapport déposé début mai.

Elle émettait alors cinq recommandations pour que la Ville de Montréal et les autorités passent à l’action pour améliorer la situation dans le secteur. Les personnes à risque y sont principalement des Inuits.

La directrice du RAPSIM réitère la problématique liée au manque d’alternatives au démantèlement. Elle lance un appel à la Ville et à l’ensemble des acteurs institutionnels: «il faut réfléchir sérieusement au phénomène et à nos responsabilités. Si on n’est pas capables d’offrir de réelle alternative, comment on veut soutenir les personnes qui campent» dans l’espace public?

Les pouvoirs publics doivent investir massivement et rapidement. […] Aucun partenaire n’est en mesure de répondre parce que l’infrastructure nécessaire n’existe pas. On n’est pas équipé.

Annie Salange, directrice au RAPSIM

Le réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal demande à ce que les pouvoirs soutiennent les campements plutôt que les démanteler. «La Ville doit apporter son soutien dans son champ de conséquence», réclame la directrice de l’organisme. Elle mentionne les besoins de poubelles et d’installations sanitaires à proximité de ces campements.

«Les campements sont des initiatives autogérées, et de solidarisation. Si la Ville était en soutien plutôt que dans une approche de répression, on en serait ailleurs», juge Mme Salange.

Au moment où ces lignes sont écrites, la Ville de Montréal n’a pas donné de retour à Métro.

Link to comment
Share on other sites

  • 2 weeks later...
Il y a 3 heures, Brick a dit :

Ça fait longtemps que ce lobby est si puissant que Montréal est devenue une destination comme San Francisco pour les SDF.

C'est ce que j'appelle l'industrie de la pauvreté.  On veut donner un maximum de mesures pour les plus pauvres sauf celles qui leur permettrait de sortir de la pauvreté et de ne plus avoir besoin de ces mêmes mesures (et qui voudrait dire que les acteurs de l'industrie de la pauvreté perdrait leur utilité...).

  • Agree 1
Link to comment
Share on other sites

Faut ben qu'il en reste des itinérants. Sinon qu'est-ce que ferait Valérie pour ses photoshoots larmoyants qui lui permettent de se positionner comme la "Mère Thérésa" inclusive de la population.

#larmesdecrocodiles

  • Haha 1
Link to comment
Share on other sites

à l’instant, ToxiK a dit :

C'est ce que j'appelle l'industrie de la pauvreté.  On veut donner un maximum de mesures pour les plus pauvres sauf celles qui leur permettrait de sortir de la pauvreté et de ne plus avoir besoin de ces mêmes mesures (et qui voudrait dire que les acteurs de l'industrie de la pauvreté perdrait leur utilité...).

Gérald Tremblay, avant de devenir maire, parlait d'une grappe économique en parlant de «l'industrie de la pauvreté»!🥲

Link to comment
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.




×
×
  • Create New...