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Un plan 10/10

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La ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget.

Photo PC

 

 

 

Michel Kelly-Gagnon

La Presse

L'auteur est président du Conseil du patronat du Québec.

Comme le dit le dicton: quand on taxe quelque chose, on risque d'en avoir moins. On comprend tout à fait cette logique lorsque les gouvernements décident de taxer des produits considérés comme néfastes, la cigarette ou la malbouffe, par exemple. Les acteurs économiques réagissent en effet aux incitations. Plus quelque chose est coûteux, ou moins il est rentable, et plus on décourage les acteurs économiques d'y avoir recours.

 

 

Cette logique s'applique aussi aux impôts sur les entreprises. Qu'est-ce qu'une entreprise sinon un faisceau de relations contractuelles qui rassemble des gens dans le but de produire quelque chose? Lorsqu'on taxe exagérément ce processus de création de richesse, on fait en sorte d'inciter moins de gens à créer des entreprises et à y investir, ou à le faire ailleurs, et on s'assure donc d'avoir moins de richesse produite chez nous.

 

Partout dans le monde, la tendance est aujourd'hui à une réduction des impôts sur le revenu des sociétés. Parmi les 30 membres de l'OCDE, cinq auraient réduit leur impôt sur les entreprises en 2006, sept l'année dernière, et huit au début de cette année.

 

Le Canada fait partie de cette liste. Dans son Énoncé économique du 30 octobre dernier, le ministre des Finances, Jim Flaherty, annonçait une réduction graduelle du taux d'imposition du revenu des sociétés de 22% (surtaxe comprise) pour le présent exercice financier, à 15% en 2012-2013. Ottawa demande aux provinces, dont les taux varient actuellement de 10% à 16%, de les réduire à 10% de façon à ce que le taux combiné s'élève à 25% partout au pays dans cinq ans.

 

Le Conseil du patronat applaudit évidemment cet effort pour accroître la compétitivité de nos entreprises. Mais est-ce suffisant? Il ne s'agit pas d'être toujours insatisfait, mais plutôt de voir de façon réaliste si, dans un contexte où d'autres font du sprint, on peut se contenter d'aller au pas de course.

 

Avec un taux de 25%, le Canada devrait se retrouver en bonne position par rapport aux autres grands pays industrialisés - si ceux-ci ne bougent pas d'ici là, ce qui est une hypothèse pour le moins risquée. Tous les autres pays du G7 auront en effet des taux plus élevés, allant de 28% en Grande-Bretagne à 42% au Japon.

 

 

Les plus agiles

 

 

Mais comparons-nous plutôt aux plus agiles. On connaît le succès spectaculaire de l'Irlande, qui est passé ces dernières décennies d'un des pays les plus pauvres à l'un des plus riches d'Europe. Un facteur majeur expliquant ce succès est son fameux taux d'imposition des sociétés de 12,5%, qui a fait en sorte de créer un climat d'affaire parmi les plus attrayants en Europe. Plusieurs autres petits pays européens ont récemment adopté des taux très avantageux, comme la Hongrie (16%), la Slovaquie (19%), la Roumanie (16%) et la Lettonie (15%). (...)

 

Soyons donc un peu plus audacieux! En visant plutôt un taux combiné de 20% en 2012-2013 (soit 10% au fédéral et 10% au provincial), le Canada se situerait en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE et se comparerait avantageusement avec les petits pays les plus dynamiques. Et il consoliderait son avance parmi les grandes économies.

 

Le Québec aurait d'ailleurs peu d'efforts à faire pour se conformer à un tel plan: de 11,4%, le taux d'imposition des sociétés devrait passer à 10%. Cette cible est loin d'être radicale quand on sait que ce taux était de 8,9% il y a seulement trois ans.

 

L'effort à faire du côté fédéral est proportionnellement plus important. Peut-on se permettre une autre baisse de cette ampleur sans menacer l'équilibre des finances publiques? Il n'y a aucun doute que oui. Une réduction additionnelle du taux d'imposition des sociétés n'entraînerait qu'une baisse des revenus du gouvernement fédéral de 2 milliards$ environ par année au cours des cinq prochaines années.

 

Les revenus ne manquent pas à Ottawa. Malgré le ralentissement économique qu'on observe, M. Flaherty prévoit cette année consacrer 10 milliards à la réduction de la dette. Et dans son Énoncé, le ministre annonçait même que les recettes en provenance de l'impôt des sociétés devraient dépasser de 5 milliards l'an prochain les projections émises dans son dernier budget du printemps. Pourquoi ne pas leur redonner une partie de ces recettes additionnelles?

 

Un plan 10/10 lancerait un signal clair que le Canada est le meilleur endroit où investir parmi les grandes économies, tout en étant compétitif avec les petites économies les plus dynamiques. C'est un plan simple, clair, qui donnerait au gouvernement fédéral un argument de plus pour convaincre les provinces d'abaisser leurs taux de façon à égaler celui d'Ottawa, tout en ralliant la communauté d'affaires.

 

M. Flaherty, Mme Jérôme-Forget, la création de richesse n'est pas une activité néfaste qu'il faut taxer. Faites preuve de l'audace qu'on attend de vous et positionnez le Canada et le Québec parmi les meilleurs!

 

http://www.cyberpresse.ca/article/20080207/CPOPINIONS02/802070461/6732/CPOPINIONS

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