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Le juste rappel de monsieur Parizeau

 

Jacques Parizeau s’est fait plutôt discret au cours des dernières années. Ses sorties publiques ont été rares mais, lorsqu’elles surviennent, elles font l’événement.

 

Dans une entrevue cette semaine à Radio-Canada et dans un texte intitulé Tout est-il à vendre ? qui paraît dans une revue de l’Université de Sherbrooke, l’ancien premier ministre se montre inquiet de la multiplication des acquisitions de compagnies canadiennes majeures, dont certaines, comme Alcan ou Domtar, ont leur siège social au Québec.

 

Il reproche au passage à la Caisse de dépôt et placement du Québec, depuis l’arrivée d’Henri-Paul Rousseau, d’avoir mis de côté l’un des deux volets de son mandat, soit de contribuer au développement économique du Québec, pour privilégier la recherche du rendement maximal.

 

L’ancien ministre des Finances note aussi, comme bien d’autres, que ce que l’on appelait le Québec inc. n’est plus que l’ombre de lui-même. Ce constat doit être d’autant plus douloureux pour lui qu’il a, grâce à certaines de ses initiatives, notamment le Régime d’épargne-actions, favorisé l’émergence d’une génération d’entrepreneurs québécois.

 

M. Parizeau n’a pas tort.

 

Depuis une bonne décennie, on ne sent plus dans le milieu financier québécois cette espèce de relative « entraide », à défaut d’un meilleur terme, qui amenait des institutions autrement concurrentes à collaborer pour maintenir au Québec une masse critique de centres de décision.

 

On ne voit plus comme autrefois la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité, la Société générale de financement, la Banque Nationale ou le Mouvement Desjardins être des alliés de circonstance pour préserver ce que Claude Béland appelait un « noyau dur » d’entreprises québécoises.

 

Il y a une décennie, les ventes d’Alcan, de Domtar, d’Abitibi-Consolidated, de BCE, de la Bourse de Montréal auraient provoqué des levées de boucliers et des débats publics passionnés.

 

Aujourd’hui, une ou deux voix posent des questions, puis tout le monde retourne à ses petites affaires. Quand c’est rendu que le Mouvement Desjardins conseille la Bourse de Toronto pour organiser la prise de contrôle de la Bourse de Montréal, on reste bouche bée !

 

Les résultats trimestriels, les profits à court terme ont amené ces entreprises et ces institutions financières à avoir une attitude à courte vue qui n’a plus grand-chose à voir avec l’intérêt public de la société qui leur a permis de se développer.√ √ √ Quant à la Caisse de dépôt, il est vrai que le rendement est devenu une obsession qui lui a fait mettre de côté, au moins en partie, son rôle moteur dans l’économie québécoise.

 

Un virage devait être fait, après des années d’intervention dans des entreprises québécoises. La volonté de préserver à tout prix certaines d’entre elles - pensons à Steinberg - a conduit à des décisions discutables qui ont affecté les résultats certaines années.

 

En contrepartie, l’idée fixe du rendement peut aussi conduire à de mauvais gestes, comme on le voit actuellement avec l’affaire du papier commercial. Pour aller chercher quelques points centésimaux de rendement de plus, on a investi dans des produits financiers exotiques qui risquent de nous coûter cher. On connaîtra la facture dans quelques semaines, au moment de la publication des résultats de 2007.

 

Tout comme M. Parizeau, on peut s’étonner du fait que la Caisse de dépôt ne détenait au 31 décembre 2006 aucune action de la Banque Nationale. Elle n’en avait pas non plus d’Abitibi-Consol (qui a fusionné avec Bowater), aucune de BCE et pratiquement rien dans Alcan. Entre l’interventionnisme aigu et l’absence de participations en actions dans certains grands joueurs du Québec, il y a un juste milieu que M. Parizeau a bien fait de rappeler.

 

http://argent.canoe.com/lca/chroniqueurs/michelvandewalle/archives/2008/02/20080201-064055.html

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Parizeau jette un pavé dans la mare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

080130jacques-parizeau_n.jpg Jacques Parizeau, ancien premier ministre du Québec (1994-1995)

 

Après un long silence médiatique, l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, a accepté de donner une entrevue exclusive à la télévision de Radio-Canada.

 

Cela, pour passer un message important: M. Parizeau estime que la Caisse de dépôt et placement (CDP) du Québec, et du même coup son président Henri-Paul Rousseau, n'en fait pas assez pour protéger les piliers de l'économie québécoise.

 

Si on pense qu'il reste important dans une société de contrôler ses centres de décision, il faut bien se servir des instruments dont on dispose pour y arriver. — Jacques Parizeau

 

 

 

 

Une déclaration en particulier de M. Rousseau a déçu Jacques Parizeau.

« Il y a des façons d'avoir des politiques industrielles pour avoir des sièges sociaux intéressants, pour avoir des champions nationaux capables de conquérir la planète, et on pourrait en parler. Mais ça ne doit pas être le rôle de la Caisse de remplir cette mission », a déclaré Henri-Paul Rousseau en commission parlementaire, en novembre dernier.

 

Pour Jacques Parizeau, la Caisse, le « bas de laine des Québécois », doit être rentable, mais aussi redevable auprès des Québécois. Elle doit s'assurer que les piliers de l'économie du Québec et ses sièges sociaux ne soient pas achetés par des étrangers. Il rappelle toutefois que la CDP est indépendante du gouvernement et le gouvernement ne veut pas y toucher.

 

Qui s'occupe de la boutique, là? On s'imagine qu'on prend l'argent du public et que l'on renonce à ces responsabilités-là! — Jacques Parizeau

 

 

 

L'ancien premier ministre du Québec (1994-1995) ne comprend pas, par exemple, que la Caisse puisse posséder les actions d'une cinquantaine de banques à travers le monde, ainsi que des banques CIBC et TD, sans en détenir aucune de la Banque Nationale, la banque des PME du Québec.

« C'est un sacré signal, ça. Quand vous savez qu'il y a quelqu'un qui est capable de prendre le contrôle de la Banque. Et que notre institution la plus riche dit non. C'est quasiment la porte ouverte en disant: essayez-vous », déplore l'ancien premier ministre.

 

La fin du Québec inc.?

 

Surtout, ajoute Jacques Parizeau, que le Québec inc., ce groupe d'entrepreneurs qui prenait la défense des intérêts du Québec lorsque l'enjeu était important, s'est écrasé. M. Parizeau évoque l'exemple récent de la fusion entre les bourses de Toronto et de Montréal.

 

Il souligne que le Mouvement Desjardins, après avoir liquidé sa participation dans la Bourse de Montréal, a choisi de conseiller la Bourse de Toronto. Pendant ce temps, la Bourse de Montréal a fait appel à la Banque Nationale. « C'est la première fois que des entreprises qui travaillent habituellement ensemble dans une optique québécoise se déchiraient », dit-il.

 

Jacques Parizeau souhaite que l'Autorité des marchés financiers prenne les moyens qui s'imposent pour que des entreprises québécoises, comme Desjardins ou le Fonds de solidarité du Québec, achètent des actions de la nouvelle entité boursière et y exercent un certain contrôle.

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