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L'intolérance du ROC: «Fermez-la et adaptez-vous»


ErickMontreal
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Accommodements: la sauce western

 

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Mario Girard

La Presse

 

Calgary

 

En Alberta, on ne parle ni de racisme ni de discrimination. Cette réserve, qui peut être perçue comme une forme de respect, a toutefois ses limites. En grattant un peu, on découvre que les immigrés qui choisissent de vivre dans les plaines de l'Ouest font face à différentes formes de xénophobie. Dans cette province, le pouvoir économique est un accommodement face à l'intolérance.

 

Michael Nuul Mayen est entré chez Garth's et a dit qu'il voulait manger. La serveuse l'a accompagné et lui a laissé un menu. Michael est un Soudanais noir. Dans ce petit resto tranquille, quelques têtes se sont tournées vers lui.

 

«Tout à coup, mon voisin de table, un Blanc qui était en compagnie d'une femme, s'est levé pour me demander de changer de place, raconte Michael. J'étais assommé. Je lui ai demandé pourquoi. Il m'a dit que je le dérangeais. J'ai pris quelques secondes et je lui ai répondu que je n'allais pas bouger et qu'il devait me respecter. Il a insisté. Finalement, après avoir maugréé, il s'est levé et a changé de section.»

 

Cet incident ne s'est pas produit dans les années 50 aux États-Unis. Il est arrivé il y a quatre mois à Brooks, une petite ville de 13 000 habitants situé dans l'est de l'Alberta, où Michael est venu s'installer après des études en développement économique à Winnipeg.

 

Lors de cet accrochage, la grande majorité des clients est restée silencieuse. Seule une dame a exprimé son indignation. «Mais c'était après l'altercation, dit Michael. Ça résume bien ce qui se passe ici: une majorité qui ferme les yeux et une minorité qui s'oppose timidement.»

 

En Alberta, le racisme et l'intolérance sont des choses dont on ne parle pas. La légendaire réserve des gens de l'Ouest empêche certes des débordements, mais selon plusieurs le phénomène est très présent.

 

«Faut pas se le cacher, il y a du racisme partout au Canada, y compris en Alberta, estime Daniel Béland, professeur de sociologie à l'Université de Calgary. Cessons de faire de l'angélisme là-dessus.»

Des Noirs refusés dans les bars

 

Les deux principales villes de l'Alberta, Calgary et Edmonton, ont connu une croissance phénoménale au cours des dernières années. À Calgary, un habitant sur cinq est né à l'étranger et le tiers vient d'une autre province.

 

Daniel Béland reconnaît que ce boum démographique crée certaines tensions, surtout dans les petites villes. «Il y a encore un côté red neck très conservateur ici», dit-il.

 

L'an dernier, un reportage télévisé a fait beaucoup de bruit à Calgary. Une équipe de Global Television a demandé à de jeunes Noirs de se rendre dans six bars de la ville. Le résultat fut consternant. Les portiers, obstinés et hautement imaginatifs, invoquaient toutes sortes de motifs pour refuser ces clients. «C'est une soirée pour les 25 ans et plus», disait l'un d'eux. «On n'accepte pas les gens avec les jeans larges», prétextait un autre.

 

Le pire c'est que cette expérience était menée une seconde fois et démontrait que la situation s'était aggravée. «Ce n'est pas qu'on veut de nous, c'est qu'on a besoin de nous», affirme Pedro, un jeune Mexicain qui, après un court séjour à Montréal, a choisi de s'établir à Calgary.

 

Explosion des plaintes

 

Entre 2001 et 2005, la Commission des droits de la personne de l'Alberta a reçu un total de 498 plaintes pour discrimination fondée sur l'ascendance, le lieu d'origine, la race ou la couleur de peau. Au cours des deux dernières années, ce nombre a fait un bond spectaculaire, passant à 306 pour la seule année 2005-2006 et à 214 pour 2006-2007. Toutefois, l'Alberta continue d'afficher l'un des taux de plaintes pour discrimination raciale les plus bas au pays.

 

En revanche, un sondage Ipsos-Reid réalisé en 2005, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, dévoilait que 19% des Albertains n'accepteraient pas d'épouser une personne d'une autre race que la leur. Il s'agissait du plus haut taux à l'échelle canadienne.

 

Malgré cela, les demandes d'accommodements raisonnables semblent faire peu de vagues ici. «Il y a 25 ans, c'était le règne de la white-male-middle class, explique Jim Frideries, professeur au département de sociologie de l'Université d'Alberta. Quand les immigrants se sont mis à arriver, il y a eu un moment tumultueux. On s'est demandé si les sikhs pouvaient porter un turban et si les musulmanes pouvaient porter un voile. Maintenant ce n'est plus un problème.»

Pas d'Halloween

 

Mohibo, une jeune Calgarienne originaire de la Somalie qui a adopté le voile islamique il y a un an, n'est pas d'accord. «On me parle constamment de cela, dit-elle, le visage cerclé d'un voile Calvin Klein. On me pose des questions et parfois on m'insulte.»

 

D'après le Recensement 2001, l'Alberta compterait 49 500 musulmans. Mais selon Atthar Mahmmoud, vice-président du Conseil suprême islamique du Canada, ce nombre serait plus important et atteindrait les 85 000, uniquement à Calgary. Ils proviennent du Pakistan, du Liban, de la Libye, de la Malaisie, de l'Algérie, du Maroc, du Soudan et de la Somalie. Plusieurs musulmanes portent le hijab. Quelques-unes arborent le niqab. «Je n'ai jamais entendu parler de problèmes dans ce sens», dit prudemment M. Mahmmoud. Ce dernier croit que les immigrants doivent faire davantage d'efforts pour s'adapter aux coutumes du pays dans lequel ils ont choisi de vivre.

 

Les enfants de Mélanie Méthot, professeure d'histoire au campus de l'Université d'Alberta, à Camrose, fréquentent une école où on compte plusieurs immigrés. «Bien sûr que nous vivons certaines formes d'accommodements. Cette année, la direction de l'école a décidé de ne pas souligner l'Halloween sous prétexte que ce n'est pas une fête pour tout le monde.»

 

«Il y a tellement d'écoles différentes maintenant que tout le monde y trouve son compte», ajoute de son côté Jim Frideries.

 

Petits boulots pour les immigrés

 

L'économie albertaine est en pleine santé. Il faut regarder à deux fois les coupons de caisse tellement les taxes de vente sont infimes. Le chômage est le plus bas au pays, avec une moyenne de 3,4%. Partout dans les vitrines des commerces on voit des affiches promettant des «great job opportunities».

 

«Ici, les employeurs se battent pour avoir des immigrants», dit Daniel Béland.

 

«Il y a des McDonald's, normalement ouverts 24h sur 24, qui doivent fermer le soir parce qu'ils manquent de main-d'oeuvre», ajoute Mélanie Méthot.

 

Louis avait eu vent de ces besoins criants de main-d'oeuvre. Ce Sud-Africain a donc quitté Halifax où il vivait depuis quelques années pour se rendre à Calgary, afin d'y rencontrer des responsables du gouvernement fédéral. «Après une conversation téléphonique, on m'a promis une entrevue, explique-t-il. J'ai donc fait mes bagages et je m'y suis rendu par mes propres moyens.»

 

Mais une fois sur place, il a reçu un accueil plutôt tiède d'une directrice. «Elle m'a reçu debout devant son bureau et m'a demandé de lui fournir une pièce justificative prouvant que j'habitais Calgary. Comment voulez-vous que j'aie un bail alors que je cherche un emploi?»

 

Louis est persuadé que la couleur de sa peau pose problème. «J'ai un C.V. bien garni. J'ai fait des études en administration, en géologie et en médecine vétérinaire. Et on voudrait que je fasse des petits boulots.»

 

Quelques personnes interviewées nous ont dit que les immigrants s'intégraient bien au reste de la population. D'autres ont prétendu le contraire. Des gens nous ont aussi dit que les immigrants étaient épanouis en Alberta. De nouveaux arrivants nous ont confié être victimes de discrimination. «Le racisme est très difficile à mesurer, croit Daniel Béland. Quand on demande aux gens s'ils le sont, ils répondent non, évidemment.»

 

Chose certaine, les autorités municipales et gouvernementales multiplient les efforts pour que s'installe une forme d'harmonie. «Le multiculturalisme est très important au Canada anglais, estime Daniel Béland. C'est une façon de se distinguer des Américains. Au Québec, on se différencie autrement. Vous savez, les Canadiens anglais se demandent encore c'est quoi la culture canadienne.»

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L'intolérance du ROC: «Fermez-la et adaptez-vous»

 

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Émilie Côté

La Presse

Vancouver

 

«Si vous choisissez de venir dans un endroit comme le Canada, eh bien fermez-la et adaptez-vous (shut up and fit in).»

 

En septembre dernier, cette déclaration a déclenché une controverse que les immigrés de Vancouver n'ont toujours pas digérée. Qui a fait ces commentaires ? Bruce Allen, l'imprésario qui pousse les carrières des chanteurs Bryan Adams et Michael Bublé. L'homme de 61 ans vient d'être nommé au sein du comité organisateur des Jeux olympiques qui auront lieu à Vancouver en 2010.

 

Tous les jours de la semaine, Bruce Allen tient le billet Reality Check sur les ondes de la station CKNW News/Talk 980. Il ne fait pas dans la nuance. «Dans ses éditoriaux, il écorche souvent les sans-abri, les toxicomanes», indique sa collègue Christy Clark qui, elle, tient la barre d'une émission quotidienne d'affaires publiques.

 

En pleine controverse, elle a reçu Bruce Allen pour qu'il puisse justifier ses propos, pour lesquels le CRTC a reçu près de 300 plaintes. «Il s'est défilé», raconte-t-elle.

 

Une controverse qui a dérapé

 

Au début de sa chronique, M. Allen avait cité quelques exemples - les femmes qui veulent voter avec leur burqa, les policiers sikhs qui veulent porter le turban et le cas de trois enfants sikhs dont la demande de passeport a été refusée parce que, sur leur photo, ils portaient un semblant de bonnet, le patka, un signe religieux.

 

Sur les ondes du Christy Clark show, Bruce Allen s'est excusé d'avoir parlé d'un «mouchoir» au lieu d'un «patka». Il a affirmé qu'il avait été mal compris. En fait, il approuve les exemples qu'il a énumérés. Difficile de le croire quand on réécoute l'extrait. Après avoir cité les cas en question, il lance «Tout cela est très simple. Nous avons des lois dans ce pays [...] Si vous immigrez dans ce pays et que vous n'aimez pas les lois en place, hé bien vous avez le droit de choisir de ne pas vivre ici.»

 

Qu'il approuve ou non les «accommodements» sikhs, Bruce Allen a attisé un débat. «Nous avons reçu un déluge de courriels. C'est un record en cinq ans», souligne Christy Clark. En ondes, l'animatrice a confronté l'imprésario. «Je lui ai dit qu'il n'était pas informé et que ses propos étaient dérangeants. Bien après, les auditeurs m'ont attaquée par courriel : ils me disaient que Bruce Allen n'était pas raciste, qu'il disait tout haut ce que les gens pensent tout bas.»

 

Comme la controverse Hérouxville, la controverse Bruce Allen a dérapé. Mais pour bien des gens de Vancouver, elle a visé juste. «Je ne pourrais pas être plus d'accord avec Bruce Allen. Au lieu de se mélanger et de devenir des citoyens canadiens, de plus en plus d'immigrants essaient de nous forcer à changer nos lois pour leur plaire», a écrit Tin Jantzen sur le site du Vancouver Sun. Il conclut «N'essayez pas de nous transformer en ce que vous avez laissé derrière vous.»

 

Bienvenue à Surrey

 

Lakhwinder Kaur Sidhu est la mère des trois enfants sikhs dont la demande de passeport a été refusée. La famille habite Surrey, une ville de la banlieue de Vancouver de quelque 350 000 personnes, située à 40 minutes du centre-ville. Dans certains quartiers, trois personnes sur quatre sont Indo-canadiennes.

 

La mère nous ouvre la porte de son imposante maison, décorée de statues et de cadres du gourou Nanak, maître fondateur du sikhisme. Son kirpan glisse sur son pantalon de sport Adidas. Ses enfants - deux filles et un garçon - courent partout, alors que sa belle-mère est assise sur le canapé du salon. Gurlienne, 9 ans, nous dit qu'elle veut apprendre le français.

 

«Après les commentaires de Bruce Allen, des gens ont lancé des roches sur les autos de certains sikhs, déplore sa mère. Cela a un effet d'entraînement. Si des personnalités connues osent affirmer ça, les gens se disent "pourquoi pas nous aussi". L'autre jour, ma fille est revenue de l'école et elle m'a dit "Maman, pourquoi tout cela arrive ? Nous sommes nés ici, nous sommes canadiens".»

 

Finalement, avec l'intervention du World Sikh Organization, l'affaire a fait grand bruit et la demande de passeport a été acceptée.

 

"On nous a dit que le dossier avait été traité par un fonctionnaire d'Ottawa qui n'était pas habitué. En Colombie-Britannique, les gens savent que le turban et le patka, c'est correct."

Noël tabou

 

Contrairement à Montréal, il y a très peu de Noirs à Vancouver («sauf s'ils jouent au football», nous a-t-on lancé à la blague). Globalement, les Indo-Canadiens sont à Vancouver ce que les Haïtiens sont à Montréal, en ce sens que la communauté est établie depuis longtemps.

 

Les sikhs qui pratiquent leur religion à la lettre doivent porter ou adapter les «5 K», dont le kara (bracelet), les keshas (cheveux longs jamais coupés), la kachla (sous-vêtement), le kangha (le peigne) et le kirpan.

 

Indira Prahst, sociologue, est professeur en relations ethniques au Langara College de Vancouver. À son collège, on ne parle pas de sapin de Noël mais de «Holiday Tree» ou de «Friendship Tree». «Nous évitons d'utiliser le mot Noël car nous vivons dans une société multiculturelle», explique-t-elle.

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Une histoire de grève, d'immigrés et de viande

 

Mario Girard

La Presse

Brooks, Alberta

 

Brooks est une ville laide. Très laide. Elle a poussé gauchement dans les plaines albertaines où s'ébattaient jadis les bisons. Située à 180 kilomètres au sud-est de Calgary, elle compte 14 000 habitants. Juste avant d'y entrer, on y aperçoit l'imposant abattoir Lakeside Packers.

 

Dans cette forteresse sinistre, où les journalistes ne sont pas les bienvenus, 1,5 million de bovins sont dépecés et emballés annuellement par les 2400 employés de l'entreprise, dont près de la moitié sont des immigrants.

 

Ils sont Africains, Asiatiques et Sud-Américains. Ils sont venus à Brooks à partir des années 80 avec le statut de réfugié pour travailler jour et nuit dans cette usine d'équarrissage. Ce flot de nouveaux arrivants, qui compte pour 15% de la population, a évidemment changé le visage de Brooks, devenue en quelques années la ville la plus multiculturelle de l'Alberta.

 

«Les gens ici sont très accueillants, dit Dan Quinn, directeur du développement économique de Brooks. On trouve toutes sortes de moyens d'accommoder les immigrants. Par exemple, nous offrons maintenant une période de natation aux musulmanes et à leurs enfants en masquant les vitres de la piscine. À la Fête du Canada, on pense à tout le monde. On ne fait pas juste des rodéos.»

 

Derrière ce tableau idyllique se cache une autre réalité. En octobre 2005, la moitié des employés de la Lakeside Packers, des immigrants pour la plupart, ont déclenché une grève pour se syndiquer. Pendant quelques semaines, les grévistes ont fait le siège pour revendiquer des droits.

 

Le Soudanais James Ring, fait partie de ceux qui sont à l'origine du mouvement. «Quand un employé immigrant avait un problème avec un superviseur, c'était courant de le voir perdre son emploi. Il y avait beaucoup de discrimination», raconte-t-il.

 

Ce conflit a divisé tout le monde. Les patrons et les grévistes, les immigrants et ceux qui ne le sont pas, et même les immigrants entre eux. Sa-Eva Katusevanako n'était pas d'accord avec cette grève. Il faisait partie des briseurs de grève. Malgré cela, il reconnaît qu'il y avait un problème au sein de l'entreprise.

 

«Il y avait un règlement qui disait que lorsque deux employés se battaient, ils étaient renvoyés. Un jour, un Soudanais s'est battu avec deux Blancs. Le Soudanais a perdu son emploi, pas les deux autres.»

 

Après 24 jours, dans une proportion de 56%, les employés ont convenu d'une entente avec la direction. Cet épisode, à la fois héroïque et tragique, a été immortalisé par la cinéaste Dana Inkster qui a réalisé le film 24 Days in Brooks. Produit par l'ONF, le documentaire a été projeté en première il y a quelques semaines à Calgary.

 

«Ça été une expérience inspirante pour la Canadienne que je suis, dit-elle. J'ai réalisé à quel point nous sommes privilégiés de vivre ici. Malgré cela, on se plaint tout le temps. Pendant ces semaines, j'ai vécu à côté de véritables survivants.»

 

Le bar trait d'union

 

Ce conflit a également meurtri la population qui, pendant cette période, est devenue une sorte de symbole d'intolérance. "Tous les projecteurs étaient braqués sur nous, se souvient Dan Quinn. Je crois que ça va prendre deux ou trois générations avant de retrouver un certain équilibre."

 

Dans la foulée, la directrice du centre Global Friendship, organisme qui tente de tracer un trait d'union entre les nouveaux arrivants et la population, a ouvert un bar qui servira, espère-t-elle, à rapprocher les habitants et les immigrants.

 

"Ça s'appelle Salt and Pepper et l'idée est d'éviter qu'il y ait des affrontements comme c'est le cas dans d'autres bars de la ville", dit Doreen Medway.

 

Quant à la direction de la Lakeside Packers, elle a décidé d'engager moins d'Africains. Elle mise maintenant sur des immigrants des pays d'Europe de l'Est.

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Ces troi articles sont révélateurs :

1- le Québec n'a pas le monopole de l'intolérance.

2- le Canada, d'un océan à l'autre a le courage d'affronter ses démons et le désir de trouver des solutions. Je vois tout ça comme une immense thérapie collective.

3- le fait que les questionnements en rapport avec les accomodements raisonnables aient pris naissance au Québec devra être analyser plus profondémment dans plusieurs décénnies mais je ne serais pas surpris que dans 50 ans les ethnologues en concluent qu'il était tout à fait normal qu'il en fût ainsi puisque les francophones du Québec ne sentent toujours pas aujourd'hui que la pérrénité de leur culture soit assûrée. Quoiqu'il en soit, je suis optimiste quant à l'évolution de ce "problème". Je suis convaincu qu'il en sortira un consensus. Le Canada -incluant le Québec est un pays pacifique. Personne ici ne souhaite une crise qui pourrait nuire au bon dévellopement de ces deux nations.

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Je vois toujours le Québec comme un précurseur, un laboratoire d'essai, pour des politiques et des phénomènes sociaux qui commencent ici pour sefaire copier et se répandre dans les autres provinces.

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  • Administrator

«Le Québec me tue»

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La ville de Toronto est devenue si cosmopolite que «même les restaurants chinois servent de la viande halal!».

Photo The Globe and Mail

 

 

 

Isabelle Hachey

La Presse

Toronto

Emmanuelle Manigat est née à Montréal et a grandi sur la Rive-Sud. Il y a un peu plus d'un an, cette jeune mère de famille, noire et musulmane, a déménagé à Mississauga, en banlieue de Toronto. Le Québec, dit-elle, la tuait à petit feu.

 

 

Les regards soutenus à cause de son hijab, le «défoulement populaire» qu'est devenue la commission Bouchard-Taylor, «je n'avais plus envie de ça. Je me suis dit: le monde est vaste, si je peux vivre à un endroit où c'est plus facile pour moi et ma famille, pourquoi pas?»

Pour Mme Manigat, le choix de Toronto s'est imposé naturellement. La capitale ontarienne, explique-t-elle, fait tout pour plaire à sa communauté musulmane. «Par exemple, chaque année, il y a un Muslim Day au parc thématique Canada's Wonderland. Imaginez une journée musulmane à La Ronde; tout le monde aurait paniqué!»

 

Si Toronto est si «accommodante», c'est d'abord une question de démographie, dit le conseiller municipal Joe Mehivc. «En 2002, nous avons passé un cap important de notre histoire, quand la population blanche de la ville est devenue minoritaire. Aujourd'hui, de 55% à 60% de la population est non blanche.»

 

Résultat, «il n'y a pas de débat à Toronto à propos des accommodements raisonnables. Cela n'existe pas. Il y a trop de races pour qu'il y ait du racisme», soutient Michael Adams, président du groupe de recherche Environics. La ville est devenue si cosmopolite que «même les restaurants chinois servent de la viande halal!» dit Mme Manigat.

 

 

Pas si rose

 

 

Malgré tout, l'Ontario est loin d'être un nirvana pour les immigrés. Le débat qui a lieu au Québec «reflète des inquiétudes qui existent ici aussi», selon Jeffrey Reitz, directeur du département d'études ethniques à l'Université de Toronto.

 

À preuve, l'énorme levée de boucliers provoquée par la promesse du chef conservateur John Tory de financer les écoles confessionnelles de l'Ontario à même les fonds publics, lors de la récente campagne électorale provinciale.

 

La controverse, qui a finalement eu raison de M. Tory, a révélé un profond malaise collectif, selon Margaret Wente, chroniqueuse au Globe and Mail. Toronto, écrivait-elle en octobre, est devenue «une ville de ghettos religieux et ethniques de plus en plus séparés. Alors, la question du financement des écoles s'est transformée en référendum sur la sorte de province dans laquelle nous voulons vivre. Devinez quoi? Nous ne voulons plus être une mosaïque, après tout.»

 

Seulement un Ontarien sur cinq (21,6%) pense qu'il est raisonnable d'accommoder les minorités religieuses et ethniques, selon un récent sondage effectué par l'Institut de recherche en politiques publiques. La moitié d'entre eux (49,6%) estiment plutôt que les immigrés devraient s'adapter totalement à la culture canadienne.

 

Cet état d'esprit se reflète clairement dans les lettres publiées cette semaine dans le Toronto Star à la suite de la suspension de Halima Muse, une gardienne de sécurité musulmane de l'aéroport Pearson. Mme Muse a été suspendue pour avoir rallongé sa jupe de quelques centimètres afin de couvrir ses mollets. «L'uniforme devrait être le même pour toutes les employées, écrit Kent Chapman, de Toronto. C'est comme cela que cela fonctionne au Canada. Si les immigrés n'aiment pas ça, ils n'ont qu'à retourner d'où ils viennent.» La plupart des lettres sont de la même eau.

 

Plus inquiétant, les crimes haineux envers les musulmans ont augmenté à Toronto, surtout depuis l'arrestation, en juin 2006, de 17 jeunes hommes accusés d'avoir planifié des attentats terroristes dans la métropole. Des mosquées et des écoles islamiques ont été vandalisées. «Ce n'est pas très rassurant», admet M.D. Khalid, responsable d'une mosquée de Mississauga attaquée à deux reprises cet été.

 

Les universités ontariennes ne sont pas à l'abri. Un récent rapport de la Fédération canadienne des étudiants fait état de douzaines de cas de vandalisme et d'attaques ciblant les musulmans. «Les exemples d'islamophobie ne sont pas des cas isolés, conclut le rapport. La discrimination envers les étudiants musulmans est une caractéristique systémique du système d'éducation postsecondaire de l'Ontario.»

 

 

Les Ontariens plus prudents

 

 

Neil Edwards, un Torontois de race noire, a vécu plusieurs années au Québec avant de fuir, dit-il, le racisme ambiant qui l'empêchait de progresser. «Même en Ontario, je n'ai pas échappé au racisme, admet-il. La différence, c'est qu'ici, il y a beaucoup plus de voix qui le dénoncent. Alors, les gens ont tendance à être plus prudents.»

 

Ce qui permet les débordements actuels au Québec, explique l'universitaire Jeffrey Reitz, «c'est le sentiment de la part de plusieurs Québécois que leur propre statut n'est pas complètement assuré. Dans ce contexte, donner voix aux prétendues menaces posées par les immigrés a une plus grande légitimité sociale qu'en Ontario».

 

Pour l'ex-montréalaise Emmanuelle Manigat, le résultat est le même. «Ici, tu ne peux pas aller à la télévision et dire: les musulmans, je n'en veux plus, qu'ils retournent dans leur pays. Je ne dis pas que les Ontariens ne sont pas racistes, mais au moins, ils te laissent vivre.»

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