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  1. Repenser l'économie pour l'homme 5 juin 2008 - 06h25 La Presse Rudy Le Cours «L'économie est faite pour les gens. À ce titre, elle a une obligation de résultat. Elle doit contribuer à leur bien-être.» Ainsi commence le préambule de la Charte de l'Association internationale des investisseurs dans l'économie sociale (INAISE) qui doit être adoptée demain à Québec dans le cadre du premier Sommet mondial de la finance sociale et solidaire où sont conviés 160 financiers provenant de 39 pays. «Nous poursuivons trois objectifs, explique en entrevue Giovanni Acquati, président d'INAISE. Nous sommes un lieu de débats et d'études sur les finances solidaires et sociales. Nous voulons participer au développement d'instruments financiers, participer à la naissance d'institutions et nous voulons faire de la finance à caractère social.» Bref, créer de la richesse qui lie les dimensions sociale, économique et environnementale de la vie plutôt que de simplement gonfler les avoirs de Wall Street. L'événement se déroule à Québec grâce à l'engagement de la Caisse d'économie solidaire Desjardins. Forte de 10 293 membres, elle a un volume d'affaires de quelque 845 millions de dollars et se classe 47e rang au chapitre de l'actif parmi les 536 caisses du réseau de l'institution lévisienne. «Nous voulons avec l'INAISE lancer un réseau mondial d'institutions où se font du microcrédit, du capital-risque et des fonds d'investissement axés sur l'économie sociale et solidaire», poursuit Clément Guimond, organisateur principal du Sommet et coordonnateur de la Caisse, de 1986 à 2007. L'INAISE a choisi Québec comme ville hôtesse de son premier Sommet pas tant parce qu'elle célèbre ses 400 ans, mais pour marquer la volonté de l'organisme d'assurer sa présence sur les cinq continents. Créée en 1989 à Barcelone, l'INAISE compte 48 membres répartis dans 28 pays, à majorité européens. Ensemble, elles ont un actif qui dépasse les 5 milliards d'euros (7,8 milliards CAN). Outre la Caisse d'économie solidaire, l'INAISE compte parmi ses membres la banque néerlandaise Triodos, à vocation environnementale, la Banca Etica d'Italie, dont M. Acquati est membre fondateur, la Charity Bank du Royaume-Uni et plusieurs institutions scandinaves. «La finance sociale et solidaire préconise le respect de l'homme et de l'environnement, poursuit M. Acquati, diplômé en comptabilité qui a fait ses classes dans une banque lombarde. On ne cherche pas seulement à faire de l'argent. On veut lui donner du sens.» Voilà pourquoi les dimensions formation et échange revêtent tant d'importance. Les écoles d'économie ou de finances classiques fournissent un bon bagage théorique et technique, mais offrent peu de savoir en matière de solidarité ou de respect de l'environnement. Les délégués auront droit à une présentation de Riccardo Petrella, président du Groupe de Lisbonne qui a amorcé une réflexion critique sur les limites du libéralisme il y a une vingtaine d'années. Il parlera des enjeux de ce qu'il appelle la «financiarisation» de l'économie mondiale. Les délégués échangeront sur leurs expériences et les possibilités de créer un modèle économique de rechange dans un contexte de mondialisation. Ils se pencheront aussi sur le financement d'énergies soutenables et approfondiront le concept d'investissement socialement responsable. Les délégués mettront fin à leurs travaux avec l'adoption de la Charte dont le texte leur sera soumis demain. Ils se donneront rendez-vous l'an prochain au Luxembourg. L'assemblée de l'INAISE, qui aura alors un nouveau président, coïncidera avec les assises quadriennales du Réseau international d'économie sociale et solidaire (RIPESS). Présents sur cinq continents, les représentants américains de son conseil d'administration sont Gérald Larose et Éthel Côté. Ils seront très actifs aujourd'hui et demain à Québec. http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/article/20080605/LAINFORMER/806050800/5891/LAINFORMER01/?utm_source=Fils&utm_medium=RSS&utm_campaign=LPA_S_INFORMER
  2. Oleg Deripaska a cédé sa participation de 20% dans l'équipementier automobile canadien au créancier qui avait financé cette acquisition l'an dernier pour 1,54 G$. Pour en lire plus...
  3. L'ex-PDG de Nasdaq Bernard Madoff a été arrêté jeudi pour avoir englouti jusqu'à 50 milliards de dollars dans un système frauduleux d'investissements pyramidaux. Pour en lire plus...
  4. Caisse-led bailout met with cautious optimism Central bank and Finance Minister welcome Montreal proposal TARA PERKINS and JOHN PARTRIDGE AND HEATHER SCOFFIELD August 17, 2007 Already coined the "Montreal proposal," the Caisse-led plan to bail out a battered $40-billion portion of the commercial paper market is not a sure-fire solution yet. Jerry Marriott, managing director of asset-backed securities at DBRS Ltd., was blunt when asked whether the proposal is a complete answer to the crisis in the third-party asset-backed commercial paper (ABCP) sector. "We don't know," he said in an interview yesterday. Many details of the rescue package still have to be worked out, and it needs more support. But the participants believe they have bought some time and a final deal is in the cards. The agreement was brokered yesterday by the Caisse de dépôt et placement du Québec during a series of meetings in Montreal. The other nine signatories range from heavyweight global banks such as Deutsche Bank AG and HSBC Holdings PLC to Canadian players such as National Bank. DBRS, the sole debt-rating agency to rate these securities in Canada, was present for the meetings but says it was not an active participant in devising the plan. DBRS has been taking some heat for its role in building up the sector. Key elements of the plan are to convert short-term debt into longer-term instruments, while also slapping a temporary moratorium on both investors trying to get their money out of the trusts and on issuers seeking financial injections from their lenders to keep the paper afloat. The third-party ABCP market - the portion of the ABCP market not administered by the banks - has been hammered by a sudden exodus of investors and a refusal by many banks and other lenders to honour agreements to provide backup liquidity. The Bank of Canada and Finance Minister Jim Flaherty put out statements yesterday welcoming the Montreal proposal. The plan to pursue an orderly restructuring of the Canadian ABCP market "provides an opportunity for parties to work through the many complex issues related to the market," the central bank said. It also welcomed confirmation from Canada's big banks that they will support their own bank-sponsored ABCP programs. The third-party segment accounts for about one-third of the total ABCP market, while the other two-thirds is dominated by bank-sponsored trusts. "Together, these initiatives should help support the functioning of financial markets in Canada," the central bank said. But sources suggested that the central bank and Finance Department were unimpressed that Canada's big banks weren't further involved in the initiatives to bail out the non-bank ABCP market. An escalating crisis would likely have led to a forced liquidation of the assets in these trusts - a situation that could spread trouble into the broader economy. Mr. Flaherty said in a press release that it's "in the best interest of all involved that sponsors, liquidity providers (including large international banks) and investors (including large pension funds) engage constructively to pursue orderly market solutions to this liquidity situation." He added that one of the attractive features of the proposal is that it "provides time for full information and analysis of these securities." The creation of the long-term notes, which might carry maturities as long as 10 years, is expected to reduce the amount of liquidity risk in the ABCP market, Huston Loke, head of global structured finance at DBRS, said yesterday. Dealers that are part of the consortium have indicated that they would assist in making a market for these notes, "so should implementation of the proposal be successful, it is likely that investors looking to liquidate could do so at a time of their choosing, reducing the likelihood of selling at distressed prices or into a highly volatile credit environment," he said.
  5. Le PDG de la banque américaine JPMorgan Chase, Jamie Dimon, s'est montré pessimiste mercredi pour les perspectives de la finance cette année. Pour en lire plus...
  6. (Courtesy of Citymayors.com) 1. London 2. New York 3. Tokyo 4. Chicago 5. Hong Kong ~ 10. Los Angeles ~ 20. Atlanta 27. Montreal Complete list (Top 50)
  7. Le Musée de cire Grévin de Paris (genre Mme Tussaud de Londres et NY) va ouvrir une "succursale" à Montréal, en haut du Centre Eaton. Je viens d'entendre ceci aux nouvelles régionales sur Radio-Can. Je ne trouve aucune référence sur le net (yet), mais aussitôt que je l'ai je l'ajouterai (à moins que l'un d'entre vous soit plus rapide!) Un projet de 13 millions dit-on, entièrement financé par des intérêts privés. On ajoute que le musée a demandé à des Québécois de revamper la formule avec une technologie de pointe multimédia. À suivre.....
  8. (Courtesy of The National Post via. The Montreal Gazette) Interesting idea. I just hope they can phase out the penny once and for all.
  9. CBC, VIA Rail considered for auction block: Documents BY ANDREW MAYEDA, CANWEST NEWS SERVICE JUNE 1, 2009 6:49 PM OTTAWA — The federal Department of Finance has flagged several prominent Crown corporations as "not self-sustaining," including the CBC, VIA Rail and the National Arts Centre, and has identified them as entities that could be sold as part of the government's asset review, newly released documents show. In its fiscal update last November, the government announced that it would launch a review of its Crown assets, including so-called enterprise Crown corporations, real estate and "other holdings." Finance Department documents, obtained by Canwest News Service under the Access to Information Act, reveal that the review will focus on enterprise Crown corporations, which are not financially dependent on parliamentary subsidies. Such corporations include the Royal Canadian Mint and Ridley Terminals, which is a coal-shipping terminal in Prince Rupert, B.C. But the documents also reveal that the government will consider privatizing Crown corporations that require public subsidies to stay afloat. "The reviews will also examine other holdings in which the government competes directly with private enterprises, earn income from property or performs a commercial activity," states a Finance briefing note dated Dec. 2, 2008. "It includes Crown corporations that are not self-sustaining even though they are of a commercial nature." In the briefing note, the Finance Department identifies nine Crown corporations that fall in that category, including Atomic Energy of Canada Ltd., the CBC and VIA Rail. The government announced last week that it will split AECL in two and seek private-sector investors for the Crown corporation's CANDU nuclear-reactor business. The Crown asset review comes as the government struggles to contain the country's deficit, now expected to top $50 billion this year. The Jan. 27 budget assumes that the government will be able to raise as much as $4 billion through asset sales by the end of March 2010. The budget identified four federal departments whose Crown assets are being reviewed first: Finance, Indian and Northern Affairs, Natural Resources, and Transport and Infrastructure. VIA Rail is overseen by the Transport Department, while the CBC and the National Arts Centre fall under the portfolio of the Canadian Heritage department. The Finance Department documents confirm that all government assets will eventually be reviewed. Privatizations tend to work well when Crown corporations enter a reasonably competitive market with a good chance of turning a profit, said Aidan Vining, a professor of business and government relations at Simon Fraser University. Unlike successfully privatized firms such as Canadian National Railway, it's not clear that CBC and VIA Rail could operate as profitable ventures while maintaining the public mandates they provided as Crown corporations, he noted. "They're not the classic privatization candidates, where you sell and walk away," said Vining, an expert in Crown corporation privatizations. "Unless, of course, you're prepared to fully withdraw from the public purpose (of the Crown corporation)." Certainly, the sale of a flagship Crown asset such as the CBC would be politically controversial. After the CBC announced this spring that it would lay off hundreds of employees, opposition critics accused the government of turning a cold shoulder to the public broadcaster's struggles. Under the Financial Administration Act, Parliament would have to approve the privatization of any Crown corporation. "It's hard to believe that some of these sales would go forward in a minority Parliament," said Vining. The Finance Department has also begun to examine the government's vast real-estate portfolio, which includes 31 million hectares of land, and more than 46,000 buildings totalling 103 million square metres — more than double the office space available in the Greater Toronto Area, according to the Finance documents. The government's holdings are worth at least $17 billion, Finance officials estimate. A briefing note labelled "secret" said that the Department of Indian and Northern Affairs acquired $7 million in surplus properties between 1998 and 2006 for potential use in land-claims deals. Over the same period, the properties cost $2 million to maintain. Divesting such properties could not only generate revenue for the government, but also cut "ongoing operations and maintenance costs," states the briefing note. A Finance Department spokeswoman said the asset review won't necessarily lead to sales in all cases. "Reviews will assess whether value could be created through changes to the assets' structure and ownership, and report on a wide set of options including the status quo, amendments to current mandates or governance," department spokeswoman Stephanie Rubec said in an e-mail. "In some cases, it may be concluded that selling an asset to a private sector entity may generate more economic activity and deliver greater value to taxpayers." Crown corporations identified by the government as "not self-sustaining": (Company name, commercial revenues, parliamentary subsidy, expenses) Atomic Energy of Canada Ltd., $614.2 million, $285.3 million, $1.3 billion CBC, $565.5 million, $1.1 billion, $1.7 billion Cape Breton Development Corp., $5.1 million, $60 million, $94.1 million Federal Bridge Corp. Ltd., $14.6 million, $31.0 million, $42.9 million National Arts Centre Corp., $26.0 million, $40.6 million, $65.7 million Old Port of Montreal Corp., $16.7 million, $15.1 million, $32.0 million Parc Downsview Park Inc., not available, not available, not available VIA Rail Canada Inc., $293.9 million, $266.2 million, $505.5 million Source: Department of Finance, Public Accounts of Canada Note: Financial results are for 2007-08 http://www.ottawacitizen.com/Rail+considered+auction+block+Documents/1652330/story.html
  10. April 29, 2009 By LANDON THOMAS Jr. LONDON — Tetsuya Ishikawa reaped the fruits of London’s financial boom, structuring and selling his small share of the complex securities that fueled both his professional rise and the uninterrupted economic growth of Britain. When the boom went bust last year, he lost his job at Morgan Stanley, along with about 28,000 other Londoners working in finance. Mr. Ishikawa, who has written a fictional memoir, has no plans to return to the City, as London’s banking district is known. But Britain’s revenue-starved Labor government will find no such escape. “By 2010, the U.K. will have the largest budget deficit in the developed world,” said Richard Snook, a senior economist at the Center for Economic and Business Research in London. “The problem is that the financial services industry has been a huge cash cow for the British government for the last 10 years and now it is going into reverse.” The country’s budget deficit has soared to 12 percent of gross domestic product; its public debt burden could soon reach 80 percent of annual economic output, a figure that would leave it roughly in the same position as Greece. But at a time when Britain more than ever needs a financial sector firing on all cylinders, its economic engine is conking out — for a number of reasons, including some that critics blame on the government. All told, more than 70,000 jobs in finance are expected to disappear over the next two to three years, a big chunk of the total estimated job losses of about 280,000 in London. The British government has poured hundreds of billions of pounds into preventing several of its largest banks from falling into bankruptcy as the extent of their bad bets became evident. But there is little prospect of a revival anytime soon, as the government is about to impose stiffer demands on banks to keep high capital ratios and to rely less on leverage and once-lucrative trading activities. That, combined with a more aggressive posture by the regulatory authorities to put a check on bonuses, is likely to hasten what has already been a sharp falloff in corporate and income taxes from the City. The economic contribution from the British financial sector, according to the Office for National Statistics, peaked at 10.8 percent of G.D.P. in 2007 — up from 5.5 percent in 1996, just before Labor took over. By comparison, the contribution from financial services in the United States to the American economy never exceeded 8 percent. In a bid to capture more revenue, the British government has decided to raise tax rates on the affluent, many of them working in finance. But the new top income tax rate of 50 percent for those earning at least £150,000, or $219,000, may only make things worse, said Mr. Snook, the economist. “These people are highly mobile and they will leave London,” he said. “The impact on public finances will be negative.” Britain’s top tax rate will soon rank fourth behind those of Denmark, Sweden and the Netherlands — not quite the advertisement one would expect from one of the world’s leading financial centers. In many ways, Mr. Ishikawa’s career tracked the credit explosion that has now imploded. When he began work as a lowly credit analyst in 2002, banks in London issued about £20 billion in securities linked to various mortgage instruments. His career took off as that figure surged to over £180 billion by 2008, when Mr. Ishikawa secured for himself a $3 million bonus from Morgan Stanley as a reward for peddling assets that turned out to be toxic. With that line of business virtually defunct, banks in the coming years must return to lower-risk and lower-return businesses like equity and bond underwriting, foreign exchange trading and traditional deal-making — businesses that may well be profitable, but can in no way make up for the loss of such a lush specialty. The Center for Economic and Business Research estimates that corporate and income taxes from the financial industry will shrink from 12 percent of the overall tax take in 2007 to 8 percent this year and perhaps lower in the years ahead, a prospect that could force Britain to increase its already substantial borrowing requirement. The crisis has humbled all financial centers, from Wall Street to Dubai. According to an index produced in Britain that ranks financial centers around the world, the City of London still comes out on top, closely followed by New York. The gap, though, between these two and Singapore, which is now third, is narrowing. Lord Adair Turner, the chairman of the Financial Services Authority, agrees that London as a financial center will be in for an adjustment and says that a large portion of the banking industry’s profit contribution to the economy was “illusory.” But even in a more restrictive environment, he points out, London’s importance as a global financial hub and the most valuable trading center in Europe will not go away. “The City is important today for the same reason it was important in 1890,” he said. As for Mr. Ishikawa, who is 30 and grew up in Britain as the son of a successful Japanese executive, he is putting his hopes into a new career as a writer. His book, “How I Caused the Credit Crunch,” chronicles the debauched excesses of the boom — he was briefly married to a Brazilian lap dancer — by lightly fictionalizing his six-year stint in finance. “I really don’t miss it,” he said, sipping a coffee near the building where he was laid off. “There are many more kids out there more hungry than me.” Like Faruq Rana, for example. Mr. Rana, the 26-year-old son of Bangladeshi immigrants, was born and reared in Tower Hamlets, a district abutting Canary Wharf that has Britain’s highest unemployment rate. From his window, he can see the towers of Citigroup and Barclays reaching into the sky and his ambition to one day work as a trader in one of those buildings soars nearly as high. “Every day when I wake up and open up my window, I can smell my job,” said Mr. Rana, who is a student in a government-financed program at Tower Hamlets College that prepares local youths for jobs in the financial industry. Unlike Mr. Ishikawa, Mr. Rana did not go to Eton or Oxford, but he remains undeterred. “I have the motivation and the drive,” he said. “I think I can be one of them.” http://www.nytimes.com/2009/04/29/business/global/29city.html?ref=global-home
  11. Le cri du coeur d'un vieux prof de finance Publié le 08 février 2013 à 06h28 | Mis à jour le 08 février 2013 à 06h28 FRANCIS VAILLES La Presse (Montréal) Il a enseigné la finance pendant 33 ans, formé 4000 étudiants et géré des fonds de retraite pendant 17 ans. L'argent, il connaît ça. Mais aujourd'hui, Jacques Bourgeois s'inquiète avant tout d'une chose: le déclin de la finance à Montréal. Au fil des ans, l'homme maintenant âgé de 72 ans a observé la lente érosion de la finance montréalaise au profit de Toronto, de New York ou de Londres. «Si on ne se réveille pas bientôt, c'est fini», dit le vieux prof, que nous avons rencontré à son bureau de HEC Montréal. Il y a trois ans, Jacques Bourgeois a fait le tour des caisses de retraite du Québec pour savoir qui gère l'argent des Québécois. Résultat de son sondage: la part des fonds gérés par des gestionnaires québécois a fondu entre 2005 et 2009, passant de 63% à 53%. Comme le total des fonds québécois était d'environ 400 milliards de dollars, il estime que ce sont 40 milliards de dollars de fonds qui ont échappé aux gestionnaires québécois sur cette période. Et depuis 2009, la saignée se poursuit, croit-il. «Aujourd'hui, certains régimes de retraite d'université ont 0% de leurs avoirs placé entre les mains de gestionnaires québécois. Zéro pour cent! Tout est géré par Toronto, Boston, New York ou Londres. Ce sont pourtant des régimes cotisés à même les salaires des profs, payés avec l'impôt des Québécois», dit-il. Selon lui, le déclin est généralisé. Il touche aussi les services de recherche des maisons de courtage du Québec, qui ont réduit le nombre de leurs analystes au Québec au profit de Toronto et Calgary. «Ce sont des jobs payants. Pas des jobs à 75 000$», dit-il. Il n'y a pas de doute, les scandales des dernières années, Norbourg et Norshield en tête, ont ravagé les petites boîtes de gestion au Québec. Plusieurs particuliers et fonds institutionnels se sont dit: plus jamais je ne confierai mon argent à de petites boîtes. Vive les grandes firmes! Vive les banques! Vive les Fidelity, Trimark et autres fonds étrangers! Ces scandales ont marqué l'inconscient collectif et ont nui à la finance montréalaise. Mais il faudra tôt ou tard tourner la page. Pour tourner cette page, Jacques Bourgeois travaille dans l'ombre. «Dernièrement, j'ai finalement réussi à faire bouger un gros fonds de retraite pour l'inciter à donner des mandats de gestion au Québec. Une affaire de 200-300 millions. Mais ça m'a pris cinq ans», dit-il. Les gestionnaires québécois sont-ils moins bons? Est-ce la raison du déclin? «Moins bons? Pas du tout. Aux HEC, notre fonds de retraite a obtenu le meilleur rendement des fonds universitaires au Canada sur 10 ans entre 2001 et 2011. Premier au Canada. Et 90% des fonds y sont gérés par des Québécois.» Bien sûr, il y a une question de taille. Au Québec, les firmes capables d'accepter un mandat de 10 à 100 millions de dollars d'une caisse de retraite ne sont pas légion. Il y a Fiera Capital, Jarislowsky Fraser, Letko Brosseau et Hexavest, entre autres, mais après, la taille diminue rapidement. Jacques Bourgeois croit que les grands investisseurs institutionnels devraient encourager la relève, comme aux États-Unis. Dans certains états au sud de la frontière, dit-il, les caisses de retraite sont encouragées à confier 1% de leur actif sous gestion à des gestionnaires émergents. Ce n'est pas nécessairement le cas au Québec. À la Caisse de dépôt et placement, par exemple, environ 91% des fonds sont gérés à l'interne et le reste est géré par des gestionnaires externes établis au Québec (environ 0,8%) ou hors Québec (environ 8,2%), nous indique l'institution. La Caisse a recours aux services de firmes externes du Québec pour gérer des investissements boursiers, des placements privés et des fonds de couverture, essentiellement. Il ne s'agit pas nécessairement de gestionnaires émergents, cependant. Selon le porte-parole Maxime Chagnon, la Caisse connaît très bien le marché du Québec et du Canada, qu'elle gère donc à l'interne. C'est ce qui explique qu'elle a davantage recours à des gestionnaires hors Québec pour ses besoins, dit-il. «Notre choix est fonction de l'expertise, des besoins et des marchés qu'on couvre.» Mais Jacques Bourgeois n'en démord pas. «Toutes les semaines, je reçois l'appel d'une jeune firme de gestion de fonds qui tente d'avoir des mandats institutionnels. Mais il n'y a rien à faire», raconte l'ex-professeur. C'est clair, il y a des risques. Il y aura toujours des risques. Les fonds institutionnels devront faire leurs devoirs et enquêter avant de décaisser les fonds. Toutefois, favoriser des gestionnaires d'ici forme la relève et crée des emplois payants sans qu'il n'en coûte un sou de subvention au gouvernement. Et il met des PME locales sur le radar, explique M. Bourgeois. En effet, le financier de Toronto à qui l'on confie la gestion des petites capitalisations a nécessairement une meilleure connaissance des entreprises locales. «L'univers du gestionnaire, c'est davantage son patelin. On connait mieux ce qui est proche. En faisant gérer les petites capitalisations à Toronto, nos PME retiennent moins l'attention et leur valeur boursière finit par être moindre», dit-il. Bref, Jacques Bourgeois lance un cri du coeur. L'objectif n'est pas de faire gérer 100% de nos fonds par des Québécois, mais chaque pourcentage additionnel représente 4 milliards. Convaincu?
  12. Publié le 22 avril 2013 à 07h00 | Mis à jour à 07h00 Hélène Baril La Presse L'économie de Montréal a changé, mais pas tant que ça. Ce qui fait la force de la ville, c'est la diversité de ses activités et sa capacité d'adaptation. Non, tout ne va pas mal à Montréal. Sceptiques? Levez les yeux vers le ciel. Le nombre de grues en activité ne trompe pas. Ou alors, jetez un coup d'oeil sur les statistiques. La population continue d'augmenter, lentement mais sûrement. Le taux de chômage y est plus bas qu'à Toronto. Les résidants choisissent aussi de rester en plus grand nombre. La ville perd de moins en moins de citoyens au profit des autres provinces canadiennes et elle affiche actuellement le meilleur solde migratoire interprovincial des 15 dernières années. Ces nouveaux résidants viennent pour étudier, attirés par les quatre universités de la ville, et pour gagner leur vie dans des secteurs d'activité dynamiques et diversifiés. L'an dernier, 8 millions de touristes ont visité Montréal, dont la moitié sont venus de l'étranger. Malgré tous ses travers, Montréal reste une ville attrayante, dit Claude Montmarquette. Le président-directeur général du CIRANO, un centre de recherche sur les organisations, est plus habitué à travailler sur ce qui va mal. Il reconnaît pourtant que la métropole parvient à tenir son bout. Montréal, métropole financière et industrielle du Canada au tournant du XXe siècle, ne rivalise plus avec Toronto et Calgary pour le nombre de grandes entreprises et de sièges sociaux. Son taux de chômage reste plus élevé que la moyenne québécoise. Mais son économie montre des capacités d'adaptation et de résilience qui étonnent les spécialistes. «Montréal est peut-être la ville canadienne dont l'économie a le plus changé au cours des 25 dernières années», estime Mario Lefebvre, directeur du Centre d'études urbaines du Conference Board. Selon les statistiques, Montréal carbure aujourd'hui aux mêmes activités qu'hier: la fabrication, la finance et le commerce. Mais le poids respectif de ces catégories a changé. Ce qu'on appelle aujourd'hui la fabrication ou la finance regroupe des activités différentes. Les usines ne fabriquent presque plus de vêtements, de chaussures ou de meubles pour consommation locale. On a appris à faire des avions et des médicaments qui sont vendus dans le monde entier. Les secteurs aéronautique et pharmaceutique, l'industrie des jeux vidéo et le secteur culturel sont florissants. Ce sont actuellement les moteurs économiques de Montréal, selon Claude Montmarquette. «La finance, on l'oublie souvent, reste aussi un secteur important, qui regorge d'expertise», souligne le professeur. C'est d'ailleurs le secteur financier qui contribue le plus au produit intérieur brut (PIB), qui mesure la valeur de tout ce qui se produit à Montréal, selon les chiffres du Conference Board. C'est grâce surtout au formidable essor immobilier qu'a connu la ville au cours des dernières années. Dany Fougères, chercheur à l'INRS et professeur à l'UQAM, examine, lui, la ville d'un angle historique. Montréal change, mais pas tant que ça, estime-t-il. «Ses points forts d'hier sont les mêmes que ceux d'aujourd'hui.» La métropole a toujours été une ville internationale, axée sur le commerce et les services, dit-il. La différence, c'est que ses échanges commerciaux, avec l'Europe d'abord, avec les États-Unis et le reste du monde ensuite, se faisaient à un rythme moins rapide, celui des bateaux à vapeur. Montréal a traversé plusieurs mondes avec l'arrivée du chemin de fer, de l'industrialisation, des guerres, dit-il. «On parle aujourd'hui de nouvelle économie, mais chaque époque a eu sa nouvelle économie.» Les entrepôts et les silos à grains témoignent du passé commerçant de Montréal, du temps où tous les biens nécessaires au développement de l'Ouest transitaient par son port et ses chemins de fer. La plupart de ces structures sont maintenant désaffectées, mais le commerce de gros et de détail est encore bien vivant à Montréal. Le port lui-même s'est adapté à la mondialisation du commerce en développant la manutention de conteneurs. Plus de 1,5 million de conteneurs transitent par Montréal chaque année, ce qui en fait un des 100 ports à conteneurs en importance au monde. Montréal a aussi conservé avec les années ses attributs de ville de culture et de divertissement, comme le prouvent les investissements massifs qui font revivre le Quartier des spectacles. Comme partout ailleurs, les services ont surpassé la fabrication dans le PIB de Montréal, note Mario Lefebvre. Mais l'économie montréalaise est encore bien diversifiée. «On dit souvent que le secteur manufacturier s'est effondré, mais pas tant que ça. À Montréal, il est encore bien vivant.» La finance, l'enseignement et la recherche de même que la culture restent des secteurs porteurs pour l'économie de Montréal, souligne aussi Joëlle Noreau, économiste chez Desjardins. L'industrie aéronautique a repris une trajectoire ascendante, malgré la hausse du dollar, note-t-elle. «La diversité, c'est ce qui fait la force de la ville.» *** MONTRÉAL EN CHIFFRES 1,8 million: La population de Montréal compte pour 25 % de la population du Québec. 7,8 millions: Le nombre de touristes qui visitent la ville chaque année. 942 000: Nombre total d'emplois 800 700: Nombre d'emplois dans le secteur des services 141 300: Nombre d'emplois dans le secteur manufacturier 36 162 $ : Le revenu par habitant est plus élevé à Montréal que dans l'ensemble du Québec (35 942 $). 7,8 % : Le taux de chômage à Montréal est plus élevé qu'au Québec (7,7 %). *** LES ATOUTS DE MONTRÉAL Des jeunes Le nombre de jeunes de 15 à 24 ans est en augmentation à Montréal, ce qui est un plus pour les entreprises en quête de main-d'oeuvre. Des diplômés Montréal a une plus grande part d'étudiants universitaires en regard de sa population que New York ou Boston. Des investissements Les entreprises publiques et privées ont investi près de 10 milliards à Montréal en 2011, un record. *** OÙ SONT LES EMPLOIS? 1931 380 000 emplois au total (1) Transformation, fabrication et services publics: 116 463 emplois (31 % du total) (2) Ventes et services: 84 839 emplois (22,3 %) (3) Affaires, finances et administration: 65 359 emplois (17 %) 2012 942 000 emplois au total (1) Commerce de gros et de détail: 141 300 emplois (15,0 % du total) (2) Soins de santé: 113 040 emplois (12,2 %) (3) Services professionnels, scientifiques et techniques : 106 446 emplois (11,3 %) (4) Fabrication: 101 736 emplois (10,8 %) (5) Information, culture et loisir: 68 766 emplois (7,3 %) (6) Hébergement et restauration: 62 172 emplois (6,6 %)
  13. Comment réanimer le Montréal financier François Normand . Les Affaires . 14-05-2010 Le recul de la métropole sur l'échiquier de la finance canadienne n'est toutefois pas inéluctable. Photo : lesaffaires.com Déménagement de sièges sociaux, perte du négoce des actions, exode de cerveaux financiers : Montréal souffre depuis près de 50 ans d'un long déclin dans le domaine financier. Il y a un demi-siècle, la métropole pouvait se targuer d'être le coeur financier du Canada. Aujourd'hui, elle est reléguée à un rôle de second plan, derrière Toronto et Vancouver. Le recul de la métropole sur l'échiquier de la finance canadienne n'est toutefois pas inéluctable. Montréal peut jouer à nouveau un rôle important. Le franc succès de Singapour - la cité-État d'environ cinq millions d'habitants s'est hissée en quelques décennies au quatrième rang mondial du palmarès des plus grands centres financiers du monde, selon la dernière édition du Global Financial Centres Index, grâce à une fiscalité avantageuse - montre que tout est possible quand une ville a une vision qui fera d'elle un leader du monde financier. Montréal, qui est au 32e rang des centres financiers du monde, a besoin d'électrochocs pour réanimer ses activités de gestion de portefeuille, de transactions de produits dérivés ou encore de contrats d'assurance. Lesquels ? Voici l'ordonnance d'une douzaine d'analystes, de financiers et de gestionnaires de portefeuille d'ici et d'ailleurs. 1. Dotons-nous d'une vision commune, ça presse La finance à Montréal, quel est son numéro de téléphone ?, pourrait-on dire en paraphrasant la célèbre expression du secrétaire d'État américain Henry Kinsinger à propos du manque d'unité de l'Europe. C'est un des problèmes du Montréal financier : il n'a pas d'organisme unique, comme le Toronto Financial Services Alliance (TFSA), pour parler au nom des acteurs clés qui gravitent dans le domaine, des financiers aux universitaires en passant par les gouvernements. Or, il est impératif que la communauté financière montréalaise ait une vision commune sur ce qu'elle veut faire (marchés visés, stratégies d'attraction, concurrents à contrer, etc.). Sans ce projet commun, les efforts pour redynamiser Montréal sont inutiles, selon l'avocat Jean Martel, associé chez Lavery, de Billy. " S'il n'y pas de sensibilité pour ces questions-là, on ne se rendra pas au premier but ! ", dit l'ancien président de la Commission des valeurs mobilières du Québec. Aussi, la volonté de Québec de mettre sur pied une table de concertation pour justement déterminer cette vision est bien vue dans le milieu financier. Cependant, il faut faire vite, et accoucher d'un projet commun concret et réaliste, disent les analystes. Pour Louis Régimbal, associé et responsable du secteur financier chez SECOR, la renaissance de Montréal passe par une niche bien définie pour la métropole, comme les produits dérivés - la spécialité de la Bourse de Montréal, grâce à ses options et à ses contrats à terme - et le secteur de l'assurance, en tablant sur la présence de Standard Life et d'Axa. Montréal pourrait également devenir un centre financier en énergie grâce à l'industrie gazière en émergence au Québec, souligne Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille chez Claret. " Montréal pourrait jouer dans l'est du Canada le même rôle que Calgary. " Steve Gauthier, vice-président du Centre financier international de Montréal, un organisme qui se consacre au développement de Montréal à titre de place financière internationale, estime que la métropole pourrait aussi devenir un pont entre les États-Unis, l'Europe, et les économies émergentes, où les besoins financiers explosent. Enfin, plusieurs observateurs estiment que la communauté financière montréalaise doit se mobiliser pour que le Québec ne perde pas son unique régulateur - l'Autorité des marchés financiers - au profit d'une éventuelle commission fédérale des valeurs mobilières qui serait probablement située à Toronto. La perte de l'AMF drainerait encore d'autres ressources financières vers la métropole canadienne, comme des avocats spécialisées en valeurs mobilières, sans parler d'une perte de contrôle de Québec sur le secteur financier. Pour l'ex-premier ministre Bernard Landry, la souveraineté serait le seul rempart contre cette éventualité. 2. Donnons un grand coup de barre pour réduire les impôts Si elle veut attirer l'élite financière, Montréal devra offrir quelque chose que les autres places financières n'ont pas, notamment sur le plan fiscal. " Il faudrait bonifier au maximum le crédit d'impôt pour attirer les financiers internationaux ", croit Denis Durand, associé principal chez Jarislowsky Fraser. Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille chez Claret, va plus loin. Selon lui, Québec devrait carrément abolir pendant 10 ans l'impôt des sociétés financières et des financiers qui viennent s'établir dans la métropole. " Le gouvernement se priverait de revenus à court terme, mais il pourrait les accroître à moyen terme grâce à l'activité économique générée par l'arrivée de nouvelles entreprises et de nouveaux acteurs à Montréal ", dit-il. Pour attirer des experts, Steve Gauthier, vice-président du Centre financier international de Montréal, estime qu'il faut réduire l'impôt des particuliers. " C'est le plus élevé en Amérique du Nord. C'est là que le bât blesse ! ", dit-il. Selon lui, l'impôt des sociétés n'est pas vraiment un frein : à 29,9 % (taux provincial et fédéral combinés), c'est en fait le plus bas en Amérique du Nord. Pour sa part, Claude Béland, président du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) et ancien dirigeant du Mouvement Desjardins, affirme que Québec doit accorder plus d'autonomie fiscale à Montréal, afin que la métropole puisse imposer directement, au niveau qu'elle souhaite, les sociétés financières et les financiers. Cela dit, aucun analyste ne suggère que Montréal devienne un paradis fiscal (impôt insignifiant ou inexistant, absence de transparence du régime fiscal et d'échanges de renseignements fiscaux avec d'autres États). Le Canada se trouve sur la " liste blanche " de l'Organisation de coopération et de développement économiques (États ou territoires qui ont mis en oeuvre des normes internationales en signant au moins 12 accords conformes à ces normes), et il doit y rester. " Nous avons la certification de l'OCDE, c'est un avantage énorme ", dit Steve Gauthier. Du reste, la fiscalité ne serait pas un élément si important aux yeux des financiers, selon Louis Régimbal, associé et responsable du secteur financier chez SECOR. " Ce qui compte vraiment, c'est l'infrastructure et l'expertise technologique, comptable, actuarielle, sans parler de la gestion du risque ", dit-il. 3. Confions plus de mandats aux gestionnaires locaux Les Québécois ont souvent tendance à croire que ce qui se fait ailleurs est meilleur, et la finance n'échappe pas à cette logique. " Cette perception est forte dans l'industrie ", déplore Jean-Luc Landry, président de Landry Morin, une firme de gestion de portefeuille. Or, plusieurs sociétés montréalaises décrochent d'importants mandats internationaux d'investisseurs étrangers qui font davantage confiance aux financiers de Montréal qu'à ceux de... New York, Londres ou Hong-Kong. Hexavest, une firme spécialisée dans la gestion d'actions, en est un bel exemple. Fondée en 2004, elle vient de décrocher un mandat avec le National Pension Service of Korea, qui gère un portefeuille de 250 milliards de dollars américains. Si Montréal veut redevenir une place financière d'envergure, les gestionnaires de portefeuille locaux doivent avoir plus de contrats. " C'est l'activité financière qui génère l'activité financière ", dit Vital Proulx, président d'Hexavest. C'est pourquoi Bâtirente, le système de retraite de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), confie souvent des mandats de gestion d'actifs à de jeunes firmes québécoises, comme à Hexavest à ses débuts. " C'est sûr que nous prenions un certain risque, mais nous avons commencé par de petits mandats ", confie Daniel Simard, coordonnateur de Bâtirente. Cette politique d'appui aux gestionnaires locaux est bonne pour Montréal car elle crée des acteurs qui se démarquent sur les marchés internationaux, ce qui peut inciter des investisseurs étrangers à confier des mandats à d'autres financiers montréalais. Selon Daniel Simard, cette politique est aussi avantageuse pour Bâtirente : la proximité permet d'exercer une meilleure supervision des activités des gestionnaires que si ces derniers se trouvaient à Toronto ou à New-York, mais aussi de réduire les coûts de transport pour aller rencontrer les financiers qui gèrent le capital des retraités de la CSN. Pour sa part, Jean-Luc Landry affirme que les grandes banques de Montréal devraient soutenir davantage les petites firmes de gestion de portefeuille, dont plusieurs éprouvent des difficultés depuis l'affaire Norbourg, les petits investisseurs hésitant à leur confier leur économies. Vital Proulx abonde dans le même sens. Les institutions financières et les investisseurs institutionnels devraient confier systématiquement un certain pourcentage de la gestion d'actifs à des firmes locales, une pratique courante aux États-Unis, selon lui. 4. Maraudons l'élite financière mondiale Dans la foulée de la crise financière, les États-Unis et l'Europe resserrent la bride du secteur financier. Montréal doit en profiter pour courtiser et attirer ici des financiers étrangers qui pourraient s'inquiéter de l'impact de ces réformes sur leurs activités. La réforme dans le secteur des produits dérivés est intéressante pour Montréal. Les États-Unis et l'Europe veulent réduire le risque associé à des produits non réglementés comme comme les swaps sur défaillance (credit default swap), qui visent à assurer le risque de défaut de paiement. Washington et Bruxelles veulent que ces produits dérivés, négociés de gré à gré, soient réglementés. Or, c'est le type de produits qu'offre la Bourse de Montréal, avec ses contrats à termes et ses options sur actions. " Le seul marché organisé de produits dérivés au Canada est à Montréal ", dit l'avocat Jean Martel, associé chez Lavery, de Billy. Dans ce contexte, Montréal doit convaincre des acteurs financiers de négocier leurs produits dérivés par la Bourse de Montréal, et celle-ci doit s'assurer d'offrir une diversité de produits pour répondre à la demande. Selon Denis Durand, associé chez Jarislowsky Fraser, Montréal pourrait tenter d'attirer des institutions financières américaines en leur faisant valoir que la réforme américaine ressemblera à la réglementation canadienne, qui fonctionne bien. 5. Faisons connaître nos forces au reste du monde Tout comme l'Ontario, Montréal devrait mener une campagne publicitaire énergique dans les grands médias économiques internationaux pour se mettre en valeur. Expertise de calibre mondial, main-d'oeuvre bilingue, structure de coût concurrentielle, Montréal compte plusieurs avantages en tant que place financière. En termes relatifs, Montréal compte plus de CFA - le diplôme d'analyse financière le plus prestigieux du monde, selon The Economist - que New York, soit 1 800 par rapport à 6 800. Or, New-York est le coeur de la finance internationale, et compte près de 20 millions d'habitants, soit six fois plus que la grande région de Montréal. Mais cette expertise n'est pas exploitée, dit Louis Régimbal, associé et responsable du secteur de la finance chez SECOR. " Montréal a une pépinière de CFA, malheureusement, bon nombre d'entre eux doivent quitter la ville pour trouver de l'emploi ", dit-il. Selon Steve Gauthier, vice-président du Centre financier international de Montréal, la métropole a aussi une structure de coûts avantageuse pour les société financières." L'impôt des sociétés le plus bas en Amérique du Nord, les espaces à louer au mètre carré ne coûtent pas cher, et l'industrie financière affiche un faible taux de roulement ", dit-il, en ajoutant que Montréal a l'avantage d'être à proximité de quatre grands centres financiers, Toronto, New York, Chicago et Boston. La diversité culturelle de Montréal est un bénéfice encore méconnu à l'étranger : les financiers sont souvent bilingues, ce qui facilite les échanges avec les clients et les partenaires mondiaux. Les villes multiculturelles comme Montréal sont également souvent plus ouvertes aux influences extérieures, et à l'affût des nouvelles tendances, y compris en finance. Enfin, le style de vie de Montréal, plus près de l'Europe, peut séduire des financiers européens qui voudraient s'installer en Amérique du Nord. " C'est un environnement plus facile à comprendre que celui de Toronto ", dit Denis Durand, gestionnaire de portefeuille et associé chez Jarislowsky Fraser.
  14. Que reste-t-il de la finance à Montréal? Publié le 15 mars 2010 à 06h00 | Mis à jour le 15 mars 2010 à 06h00 Stéphanie Grammond La Presse (Montréal) Le gouvernement du Québec a beaucoup investi pour propulser l'industrie de la finance à Montréal, l'un des plus grands moteurs économiques de la région. Mais depuis 20 ans, la place financière a perdu encore de son poids relatif, face à Toronto et aux grandes métropoles financières de la planète. À l'heure de la mondialisation, comment faire pour relancer la finance à Montréal? Les gestionnaires d'Hexavest sont tombés à la renverse en entrant dans l'ascenseur d'un hôtel, tout près de l'Université de Princeton, aux États-Unis. Sur le mur était affichée une vieille mappemonde, montrant les cinq plus grandes villes du monde, dont New York, Paris... et Montréal. «Ça m'a vraiment frappé», raconte Vital Proulx, le président de la boîte de gestion montréalaise, qui s'est imaginé l'époque où la rue Saint-Jacques était la Mecque de la finance. «On ne rêvera pas en couleurs: on ne retournera jamais là, dit-il. Mais on est capables d'avancer!» Bien sûr, Montréal avance... mais pas assez vite. La place financière a encore perdu du terrain depuis 20 ans. Pourtant, le gouvernement du Québec a déployé bien des efforts pour propulser l'industrie des services financiers, un des plus gros moteurs économiques de Montréal. «Il y avait une pente raide à remonter. Il fallait faire une bataille. Il fallait que notre État soit interventionniste. Et il le fut», se remémore l'ancien premier ministre Bernard Landry. Au milieu des années 90, le «grand vizir» du Québec prend le taureau par les cornes. Il convoque un «comité des sages» sur la finance, lance des missions économiques à l'étranger. La province en mène large au Forum économique mondial de Davos. La Caisse de dépôt et placement du Québec devient un levier pour soutenir la place financière montréalaise. Or, plusieurs initiatives ont fini en queue de poisson... comme l'aventure de NASDAQ Canada. La Bourse électronique avait annoncé son implantation à Montréal en grande pompe, lors d'une conférence de presse diffusée sur grand écran à Time Square. Mais elle a quitté la ville sur la pointe des pieds quatre ans plus tard. Un espoir déçu parmi tant d'autres. Et maintenant, Bernard Landry est pris d'une nouvelle angoisse, à cause du projet de regroupement des commissions des valeurs mobilières provinciales en une seule agence fédérale. Québec s'y oppose. «Mais il s'est opposé souvent à des manoeuvres du fédéral. Et le fédéral a gagné», dit M. Landry. Selon lui, les conséquences seraient désastreuses pour Montréal, qui verrait tous les professionnels gravitant autour de cet univers ? avocats, comptables, actuaires ? plier bagages, comme tant d'autres avant eux. Glissement de terrain Montréal n'échappe pas à mondialisation de la finance, qui se regroupe de plus en plus autour de trois grands centres: New York, Londres et Hong-Kong. En 2009, Montréal a glissé au 32e rang des plus grands centres financiers du monde. La ville s'est même fait damer le pion par Vancouver, désormais au 29e rang, selon la plus récente édition du Global Financial Centres Index. De son côté, Toronto se classe en 13e position, malgré l'émergence des places financières asiatiques. Non seulement Montréal a perdu sa stature internationale, mais elle joue maintenant un rôle de second plan sur la scène canadienne. D'ailleurs, le Québec est à la traîne sur le plan de la création d'emplois dans le secteur des finances et de l'assurance, selon l'Institut de la statistique du Québec. Depuis 20 ans, le nombre d'emplois a augmenté de 30% au Québec, pour atteindre 174 000 empois en 2008, une croissance bien inférieure à celle de l'Ontario qui a gonflé son effectif de 50%. À qui la faute? «Il y a eu une progression plus lente de l'économie du Québec. L'explication fondamentale est là», répond Louis Regimbal, associé du Groupe Secor. Le vacuum des sièges sociaux Mais d'autres blâment le départ des sièges sociaux. L'exode a culminé lorsque la Sun Life a fait ses valises pour Toronto au lendemain de l'élection du Parti québécois en 1976. La Banque Royale et la Banque de Montréal ont maintenu leur siège social à Montréal, mais leur vrai centre décisionnel est à Toronto. «On n'imagine pas l'ampleur de l'effet d'entraînement du déplacement des banques vers Toronto. Un effet d'entraînement monumental qui a appauvri le Québec», affirme Jean-Guy Desjardins, président de Fiera Capital. D'abord, les banques ont entraîné dans leur sillon une partie importante de l'activité économique: avocats, comptables, fiscalistes, etc. Puis, le décloisonnement des services financiers a accéléré le vacuum, au début des années 90. Jusque-là, banques, assureurs, courtiers et fiducies devaient rester chacun dans leur coin. Quand le fédéral a changé les règles du jeu, les banques, qui étaient les plus puissantes, sont passées à l'attaque. En 20 ans, elles ont raflé pratiquement toutes les firmes de courtage. Et elles ont gobé une grosse part du marché des fonds communs. Bilan: «Dans un premier temps, on a vidé Montréal de ses banques. Et dans un deuxième temps, les changements à la Loi sur les banques ont vidé Montréal du restant», résume Jean-Guy Desjardins. Lui-même a vendu sa firme à la Banque CIBC en 2004. Parti de zéro au début des années 1970, il avait fait de TAL Gestion globale d'actifs le plus important gestionnaire indépendant au pays, avec 750 employés et 65 milliards d'actifs. En 1994, il s'est allié à la CIBC: «On se donnait les moyens de croître à l'échelle mondiale. Mais tout ça a changé le jour où la direction de la banque a changé», raconte-t-il. La CIBC avait 55% des actions, mais voulait tout acheter. La centaine d'employés de TAL avaient 51% des droits de vote, mais ne voulaient pas vendre. Après un bras de fer de deux ans, la CIBC a gagné. «Inévitablement, ça ne pouvait finir autrement: une banque c'est gros et c'est riche», dit Jean-Guy Desjardins, qui s'est vite relancé, avec Desjardins, pour créer une autre firme de gestion, Fiera Capital, qui gère aujourd'hui 22 milliards d'actifs. Des fonds «Made in Quebec», une bataille perdue Du côté des fonds communs, Montréal a lamentablement échoué. Tous les efforts de la Caisse de dépôt pour structurer l'industrie ont été anéantis par l'affaire Norbourg, le pire scandale financier de l'histoire du Québec. Comment expliquer un tel fiasco? Revenons 15 ans arrière. Le rédacteur en chef de la revue L'Action nationale, Rosaire Morin, dénonce la «déportation de l'épargne québécoise», après une étude exhaustive. Son constat choque: les firmes québécoises gèrent à peine 4% des actifs de l'industrie canadienne des fonds, par rapport à près de 80% pour les sociétés ontariennes. Pourtant, les épargnes des Québécois représentent plus de 20% des actifs de l'industrie. «Moi, ça m'avait sonné», se souvient Michel Nadeau, alors numéro deux de la Caisse. Il étudie le problème... avec l'aide d'un jeune homme: «Il s'appelait Vincent Lacroix. Il a travaillé quatre ans pour moi», soupire Michel Nadeau. Pour créer une masse critique, la Caisse achète plusieurs petites boîtes de fonds québécoises et prend les commandes. Erreur, dit aujourd'hui M. Nadeau. «Il fallait laisser grandir. Au lieu de ça, la Caisse a fait des millionnaires. Elle leur a dit: va jouer au golf. On va gérer ta patente.» Quelques années plus tard, la Caisse doit faire marche arrière. Vincent Lacroix récupère alors des morceaux. On connaît la suite: la fraude de Norbourg a fait perdre plus de 100 millions de dollars à 9200 investisseurs. Désormais, il est trop tard pour lancer une famille de fonds «Made in Quebec». L'industrie s'est consolidée. «C'est de plus en plus difficile de créer un nouveau joueur. Il faut une plus grande masse critique. Avant, il fallait au moins un milliard d'actifs, maintenant il en faut au moins cinq», indique Stéphane Langlois, président du Conseil des fonds d'investissement du Québec et de BLC services financiers. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la Banque Laurentienne a vendu sa famille de fonds à l'Industrielle-Alliance. «On se concentre sur la distribution, sur la relation avec les clients», explique M. Langlois. Toronto dans les plates-bandes Par contre, Montréal poursuit ses efforts afin d'attirer des institutions étrangères. Pour les séduire, le Centre financier international (CFI) de Montréal offre un avantage fiscal aux sociétés qui font des transactions internationales. Entre 1997 et 2003, le nombre de CFI a presque triplé, attirant jusqu'à 121 entreprises et près de 1200 spécialistes. Le programme (et l'influence de la Caisse de dépôt) avait notamment encouragé les Investissements Standard Life à déménager toute la gestion d'actions américaines de la société-mère écossaise à Montréal. Un véritable succès du CFI. Mais en 2004, les libéraux ont réduit les avantages fiscaux pour faire taire les critiques qui reprochaient aux CFI d'être surtout des divisions de firmes québécoises «pure laine» à Montréal depuis longtemps. Par la suite, plusieurs centres sont repartis. Mais CFI Montréal s'est retroussé les manches. «On a ouvert 15 nouveaux centres depuis 18 mois!» se félicite son président-directeur général, Jacques Girard. Fin 2009, il dénombrait 114 CFI et plus de 1000 spécialistes. Sauf que Toronto joue maintenant dans ses plates-bandes. «Ils rencontrent les mêmes clients français que moi à Paris. L'autre jour, j'étais à Londres et ils faisaient de la publicité à la télévision!» rapporte Steve Gauthier, vice-président développement de CFI Montréal. Et Toronto a une longueur d'avance. Elle peut compter sur le Toronto Financial Services Alliance (TFSA), qui regroupe les acteurs de l'industrie, des universités et des gouvernements. La TFSA a de grandes ambitions. Et elle réclame l'aide du fédéral pour y parvenir. Son objectif: profiter du choc vécu par plusieurs grandes places financières, pour hisser Toronto dans le top 10 mondial, en misant sur la solidité du système bancaire canadien qui a mieux résisté à la crise du crédit. Un argument dont Montréal pourrait se servir tout autant. «Une crise comme celle-là est une occasion pour Montréal d'intensifier sa présence et d'attirer des institutions financières. Toronto voit la même chose que nous. Ça fait un an qu'on le dit. This is it: c'est le temps d'agir», réitère Jacques Girard. À son avis, il faut améliorer le programme du CFI et former une grappe industrielle pour fédérer les efforts de l'industrie, à la manière de Paris Europlace. Bien des places financières ont une stratégie globale. Mais à Montréal, on ne se parle pas assez, déplore Louis Regimbal, de Secor. Les institutions devraient «collaborer davantage sur des sujets d'intérêt commun pour faire un milieu plus attractif, ce qui bénéficierait à tout le monde», croit-il. Les déboires de la Caisse De par sa nature, de par son poids, la Caisse de dépôt est un catalyseur pour la place financière de Montréal. Mais elle-même s'est embourbée à cause de la perte monstre de 40 milliards. Son nouveau patron, Michael Sabia, veut rebâtir la Caisse «brique par brique». Quels sont ses plans pour aider l'industrie locale? «Je crois que la Caisse doit faire le maximum pour encourager le centre financier de Montréal. Est-ce que Montréal sera au même niveau que New York ou Londres? On verra!» répond l'ancien dirigeant de Bell Canada Entreprises (BCE). Favoriser les maisons de courtage montréalaises pour l'émission d'obligations: oui. Collaborer avec les universités montréalaises: absolument. Par contre, Michael Sabia n'hésitera pas à faire le tour du monde pour dénicher les meilleurs talents, comme son bras droit, Roland Lescure, qui vient d'atterrir de France. Il ne se gênera pas non plus pour confier des mandats de gestion à l'externe, s'il y voit une valeur ajoutée. Coïncidence: BCE a décidé, l'automne dernier, d'aller voir ailleurs pour la gestion de son régime de retraite. Sa filiale Bimcor a remercié une bonne part des spécialistes qui géraient 13 milliards à l'interne, à Montréal. Elle cédera à l'externe la gestion des actions américaines et canadiennes ainsi que celle des obligations de sociétés. Il s'agit-là d'une tendance lourde. Des caisses de retraite traditionnelles gérées à l'interne, «il n'en reste pas gros!» s'exclame Jean Bergeron, directeur de la gestion d'actifs chez Morneau Sobeco, un consultant pour les régimes de retraite. Une question de coût et d'expertise: «Si on veut sortir des sentiers battus, investir dans les actions étrangères, les fonds spéculatifs, les placements immobiliers, il faut une grosse équipe», justifie M. Bergeron. Voilà pourquoi les régimes de retraite d'ici préfèrent souvent s'en remettre à de grosses équipes étrangères, plutôt que de confier des mandats aux gestionnaires d'ici... qui sont parfois mieux reçus à l'étranger, ironiquement. «En Europe, le passeport canadien se joue très, très bien. J'ai noté, parfois, une plus grande ouverture pour un gestionnaire canadien chez les non-Canadiens que chez les Canadiens eux-mêmes. Ici, on ne reconnaît pas nos propres forces à leur juste valeur», constate Roger Beauchemin, président de McLean Budden, l'un des plus anciens gestionnaires d'actifs au Canada, fondé à Montréal en 1947. Depuis 2000, la firme défriche la clientèle étrangère. «On voyait nos concurrents étrangers obtenir des mandats de caisses de retraite qui étaient nos clientes ici. On s'est dit: il faut aller les concurrencer sur leur propre terrain», dit M. Beauchemin qui gère maintenant 2,5 milliards pour des clients étrangers dans une douzaine de pays. Tisser la fibre entrepreneuriale Ailleurs dans le monde, les régimes de retraite ont des «clubs-écoles» qui permettent aux gestionnaires émergents de faire leurs preuves. Aux États-Unis, des régimes publics géants comme Calpers (California Public Employees' Retirement System) ou encore City of New York confient jusqu'à 5% de leurs actifs à un groupe de petits gestionnaires. La formule a permis à la société montréalaise Hexavest de percer aux États-Unis. Ici, rien de tel n'existe. Dommage, car «l'innovation et la création d'emplois viennent souvent des petites boîtes», souligne Mario Lavallée, vice-président d'Aon Conseil et président de CFA Montréal. Or, les petites boîtes ont du mal à percer. Elles ne sont pas sur le radar des clients institutionnels qui veulent voir un historique de rendement d'au moins trois ans, sur un portefeuille de plusieurs millions. Les gestionnaires qui parviennent à démarrer de zéro sont issus d'une plus grande boîte où ils se sont fait une réputation. C'est ainsi que Stéphane Corriveau a lancé AlphaFixe Capital, en 2008. Avec sa petite équipe, il est parti de rien. Sans contrat en poche. Au beau milieu de la crise du crédit. «On saute, et le parachute va s'ouvrir en quelque part!» s'est-il dit. Pour se démarquer, la firme spécialisée en gestion d'obligations a bâti son propre système interne de gestion de risque et d'évaluation de crédit, en intégrant les critères d'investissement responsables, ce que les grandes agences ne font pas. La formule a fonctionné. La firme a obtenu des rendements exceptionnels en 2009. Et les clients sont au rendez-vous. AlphaFixe gère 600 millions de dollars pour 13 clients. De quoi assurer sa pérennité. «Il y a des talents à Montréal, on est capables de développer notre expertise, assure M. Corriveau. Pourquoi ne pas le faire ici et contrôler la destinée de l'entreprise, plutôt que le faire pour une entreprise qui a son siège social à un autre endroit?» Montréal au 32e rang de la finance mondiale... et au 3e rang canadien Ville Rang actuel Changement depuis le dernier classement Londres 1 0 New York 2 0 Hong Kong 3 1 Singapour 4 -1 Shenzhen 5 Zurich 6 -1 Tokyo 7 8 Chicago 8 -1 Genève 9 -3 Shangai 10 25 Toronto 13 -2 Vancouver 29 -4 Montréal 32 -6
  15. Voici des tours que j'aurais vraiment aimer avoir pour Montréal, en plus elles ne dépassent le Mont-Royal de quelques dizaines de mètres pour la plupart la Torre Reforma, à Mexico city, avec 57 étages, elle fait 244 mètres. La tour Aqua à Chicago, 83 étages et 251 mètres La bishopgate tower (pinnacle), 63 étages, 288 mètres Heron Tower à London, 47 étages, 246 mètres (avec l'antenne, ~203 mètres sans l'antenne) Shangri-la de Toronto, 65 étages, 214 mètres Le Hangzhou international convention center, 85 mètres de haut et 85 mètres de diamètres avec en arrière le zhejiang fortune finance center à Hangzhou aussi (évidemment), 55 étages et 37 étages et respectivement 258 mètres et 188 mètres Manila, the knightsbridges residences, 68 étages, 250 mètres Melbourne, 399 bourke street, 46 étages, 203 mètres Et pour couronner le tout, le Citylife à Milan, un complexe de trois tours de 50 étages (210 mètres), 41 étages (170 mètres), 35 étages (155 mètres)
  16. Quelque 160 financiers venus de plus de 40 pays se réunissent à Montréal et à Québec pour lancer le premier réseau mondial de la finance sociale et solidaire, sous l'égide de l'INAISE. Pour en lire plus...
  17. Le gouvernement fédéral consentira ainsi une somme de 9,5 M$ sur deux ans, par l'intermédiaire du programme des Réseaux de centres d'excellence. Pour en lire plus...
  18. Ottawa boosts mortgage buyout by $50B Eoin Callan, Canwest News Service Published: Wednesday, November 12 TORONTO - After a sustained lobbying campaign by Bay Street executives that culminated in a breakfast meeting with senior government officials in Toronto Wednesday, Ottawa agreed to the most pressing demands of Canadian banks squeezed by the credit crisis. "We had asked for four things and we got all four," Don Drummond, a senior vice-president at TD Bank Financial Group, said after Ottawa unveiled co-ordinated measures to buy up to $75-billion worth of mortgages, facilitate access to capital markets, provide extra liquidity and loosen reserve requirements. Jim Flaherty, the Finance Minister, said the moves meant Canada was making good on a pledge he made during talks with his international counterparts to collectively bolster the banking system ahead of a summit on the financial crisis this weekend in Washington. The actions were a sign of the "commitment" of Ottawa to ensure the country's financial system remained strong, said Gerry McCaughey, chief executive of Canadian Imperial Bank of Commerce, which, along with TD, is thought to be among the main beneficiaries of new looser rules on minimum capital requirements. But executives who participated in the process cautioned state interventions to ease the credit crisis had proven to be more art than science, as the United States Wednesday ditched an earlier plan to buy up toxic assets at the same time Ottawa was expanding its own scheme to buy mortgage-backed securities by $50 billion. Executives said it remains to be seen if the interventions finalized at Wednesday morning's meeting would succeed in lowering the premium banks pay for medium-term financing, which is about five times higher than before the credit crisis. In a bid to ease funding pressures, executives persuaded the Conservatives to reduce to 1.1 per cent from 1.6 per cent the fee to be charged if banks invoke a special new government guarantee when they borrow money in international capital markets. Banks argued the previous higher rate had actually encouraged lenders to nudge up the premium they were charging banks at a time when other countries were offering more generous terms. The Finance Minister said he would resist new global initiatives that might put Canadian institutions at a competitive disadvantage during the weekend summit in Washington. But he said Ottawa's ability to influence the outcome was being undermined by the absence of a federal securities regulator in Canada, which is alone among major industrialized nations in not having national oversight of financial markets. "It is difficult for us to go abroad and say governments should get their house in order when there is a glaring omission at home," he said. Flaherty said a key objective of the moves announced Wednesday was addressing "concerns about the availability of credit" for business borrowers, adding that "the government stands ready to take whatever further actions are necessary to keep Canada's financial system strong among external risks." The Bank of Canada also said it would boost the availability of affordable credit in the banking system by $8 billion, using new rules that mean institutions can bid for cash using almost any form of collateral. Banks also welcomed a move late Tuesday by the Office of the Superintendent of Financial Institutions to allow them to top up their capital reserves with securities that are a hybrid of debt and equity. The regulator clarified Wednesday that a related measure on treatment of money lent by banks to other financial institutions under the government guarantee of interbank lending "would have the effect" of "increasing their regulatory capital ratios, all else being equal", but would "not count as regulatory capital." Bank analysts said the interventions were positive for Canadian banks, but warned they would be squeezed further in the coming months as the global economic slowdown hit home and losses on bad loans mount. Ian de Verteuil, an analyst at BMO Capital Markets, cited as an example how falling demand for coal could by next year jeopardize more than $10 billion in bank loans made to finance the acquisition by Teck Cominco of Fording Canadian Coal Trust. Royal Bank of Canada, Bank of Montreal and CIBC each have about $1 billion in exposures, while TD and Scotiabank each have $400 million of exposures to the deal, which the companies expect will be viable. But bank executives remained bullish Wednesday, with TD chief executive Ed Clark saying he was still on the hunt for U.S. acquisitions.
  19. À la fois imposant et gracieux, le complexe résidentiel du 333 Sherbrooke constitue un exemple d’intégration urbaine. Érigé sur le terrain en friche de l’ancien couvent Saint-Louis-de-Gonzague, l’ensemble immobilier définit un nouveau lieu mariant harmonieusement architecture, design urbain et architecture du paysage. Le projet relie deux tours d’habitation de 10 étages s’élevant sur la rue Sherbrooke à de nouveaux condoplex de 4 étages jouxtant le square Saint-Louis, haut lieu de l’élite canadienne-française du début du siècle. La façade est rythmée par la répétition d’une baie type parfois agrémentée de balcons français qui donnent du relief à la paroi des bâtiments sur la rue Sherbrooke. La modulation de la volumétrie crée de nombreuses terrasses en cascades. Au sommet des immeubles, une structure en forme de pont suspendu fait office de trait-d’union et abrite une piscine extérieur de même qu’un toit terrasse jouissant de vues imprenables. Du côté jardin, une succession de petits bâtiments individuels de quatre étages s’articule autour d’une placette. Cette organisation s’associe facilement à l’environnement domestique typique du Quartier latin. CANADIAN COMMERCIAL REAL ESTATE NEWSLETTER Vol. 10 No. 50 Dec. 15, 2006 Editor: Maurice Gatien LL.B. HOMBURG JV INVESTS IN MONTREAL CONDO PROJECT HOMBURG BPF CANADA, a joint venture between Halifax-based Homburg Invest Inc. and SNS Property Finance (formerly Bouwfonds Property Finance) of The Netherlands, purchased a 66.67% interest in a condominium development in Montreal. The remaining 33.33% interest will be held by LES INVESTISSEMENTS F.P. S.E.C., whose general partner is Montreal-based TELEMEDIA DEVELOPMENT I INC. The joint venture has invested $3.8 million in the residential condominium development located at 333 Sherbrooke Street East in downtown Montreal. Phase I of the development currently includes an inventory of 35 completed units available for sale in a 9-storey condominium tower and 4 multiplexes (113 residential units in total). Phase II is yet to be constructed but will include 112 condominium units and 213 parking stalls housed in another nine story tower and another two multiplexes. Construction on Phase II is expected to begin early in the New Year. Link: http://www.homburginvest.com
  20. Le vieux théâtre sera démoli Le Théâtre de Quat'Sous, un des lieux mythiques du théâtre montréalais, sera démoli mardi prochain. L'ancienne synagogue de la rue des Pins qui abritait le Théâtre de Quat'Sous depuis 40 ans, sera remplacée par un nouveau théâtre plus moderne et plus grand. Après avoir retiré l'amiante et certains éléments de la structure interne, les ouvriers procéderont mardi à la démolition de la structure afin de procéder à l'excavation du site. Le nouveau Quat'Sous sera deux fois plus grand que l'ancien. Le projet de 4 millions de dollars, financé en grande partie par Québec, comprend aussi une salle de répétition, des espaces publics plus vastes et des loges plus spacieuses. L'équipe du Quat'Sous espère être en mesure d'utiliser ses nouveaux espaces au cours de la saison 2008-2009. Le petit théâtre fondé par l'acteur Paul Buissonneau a fêté ses 50 ans en 2005.
  21. Ottawa's '09 deficit may hit $14B Nov 20, 2008 11:16 AM Les Whittington OTTAWA BUREAU OTTAWA–An independent parliamentary review of the Harper government's finances concludes the federal Conservatives are likely to run budget deficits "in the near term," possibly beginning this year. The report by Kevin Page, the new Parliamentary Budget Officer, says the weaker economic outlook poses a risk to the government's attempts to achieve its "short-term and medium-term fiscal targets." Assuming no changes in Finance Minister Jim Flaherty's policies, "the downgraded economic outlook suggests the government would record modest and temporary deficits in the near term,"according to the analysis released this morning. While a budget surplus is still possible this year, the report warns the negative impact on government revenues because of the turmoil on financial markets is not yet known. "As a result, a deficit for this (2008-09) fiscal year is a distinct possibility." Page says the deterioration of the federal government's financial picture in the first nine months of 2008 is not so much the result of the weakened economy as Flaherty's policies, particularly the latest reduction in the GST tax and reduced corporate income taxes. This has caused federal revenues to decline by $353 million in the first nine months of this year. The budget office projects a budget deficit of $3.9 billion in 2009-10, although it adds that, if the economic downturn proves worse than expected, next year's federal deficit could hit $14 billion. The budget office was created in 2006 to provide independent fiscal forecasts for parliamentarians. This is Page's first budgetary study. Parliament's budget watchdog said Thursday Ottawa is in danger of running deficits starting this year, ballooning to as high as $13.8-billion next year, before returning to a surplus position starting in 2011-12. Nevertheless, the watchdog still projects a surplus for this fiscal year of at least $1.7-billion. Its "average" scenario, which is midway between worst- and best-case, projects a $3.9-billion deficit next year and a $1.4-billion shortfall in 2010-11. The outlook comes from the Office of the Parliamentary Budget Officer, a newly-created body that aims to provide non-partisan economic analysis. It used nearly a dozen private-sector forecasts to develop its outlook, and made judgments as how certain changes in growth would affect federal coffers. It made its budget deficit call based on what is expected to be weak economic growth for the country as the global economy tries to pull itself out of a financial crisis. The "external factors" that supported recent growth in Canada have "reversed course," the office's report said. "The weaker Canadian outlook ... poses a risk for the government to achieve its stated short-term and medium-term fiscal targets," the budget officer, Kevin Page, said his outlook. "Assuming no major fiscal policy changes, the downgraded economic outlook suggests the government would record modest and temporary deficits in the near term." The budget office also warned that a deficit for this fiscal year remains "a distinct possibility," due to decisions to cut the GST and corporate taxes - and not weakened economic conditions. But officially, the office projects a surplus this fiscal year as low as $1.7-billion to as much as $6-billion. "While the year-to-date fiscal results, as well as all of our projection scenarios, suggest a modest surplus in 2008-09, it will be some time before the implications for [government] revenues of the recent financial market turmoil are known." Opposition politicians immediately pounced on the report, saying misguided Conservative decisions on spending and tax cuts put the country into a deficit position. "Will the Prime Minister admit, coming from his own appointee, Kevin Page, that he is no longer anywhere to hide? The deficit is not the fault of the international community. He and his reckless Finance Minister are the sole proprietors of Canada's deficit," John McCallum, head of the Liberal Party's economic team, said during debate in the House of Commons. Stephen Harper, the Prime Minister, responded: "We need to correct the facts. There are numerous prognostications about the future. And the Minister of Finance will deliver his fiscal update in the week to come -- and that will provide the facts to all members of Parliament." The fiscal update, scheduled for some time next week, will provide the Department of Finance's outlook on the economy. But Mr. Page's report steals some of the thunder. Mr. Harper added Thursday Canada remains in a surplus position, and is one of the few countries in the industrialized world that can boast about that during this current downturn. Meanwhile, Mr. Page said there are a range of policy initiatives the government can enact to address the current economic slowdown, among them a stimulus package to boost demand. But, he added, "the key challenge for policymakers is to address short-term pressures while maintaining a longer-term vision, enacting policies that are fiscally sustainable and address the fundamental long-term challenges." Chief among those long-term challenges is boosting Canada's lacklustre productivity growth. "With population ageing reducing growth in the labour force going forward, fostering productivity growth will be absolutely essential for ensuring sustained increases in living standards," Mr. Page said. In the Speech from the Throne, delivered Wednesday, the government warned of "misguided" attempts to stay in a budget surplus position given the state of the global economy. The last time Ottawa recorded a deficit was in 1996-97, when former finance minister and prime minister Paul Martin oversaw a shortfall of $8.7-billion. [email protected]
  22. Liberals refuse to confirm report Ontario to run near $1-billion deficit Wed, 2008-10-22 13:04. By: THE CANADIAN PRESS TORONTO - The Ontario government refused to confirm Wednesday in advance of handing down its fall economic update that the province will run a deficit of almost $1 billion this year because of the world financial crisis. For the past two weeks, Premier Dalton McGuinty has signalled he is prepared to run a deficit because of declining government revenues. In the legislature, Opposition Leader Bob Runciman wanted to know how Ontario went from a balanced budget four weeks ago to what he said was an expected deficit of $1 billion. "Less than a month ago, (Finance Minister Dwight Duncan) said the budget would be balanced, even with a downturn in the U.S. economy," Runciman said. "Premier, how is it that just four short weeks ago the budget was balanced, but today there's going to be a deficit of almost $1 billion?" McGuinty told the house he didn't know where Runciman was getting his numbers. People would have to wait until the finance minister delivers the fall economic update later Wednesday to see what red ink exists, McGuinty said. "We're in a pretty good position now to withstand these powerful winds that are blowing out there," he said. But, McGuinty added, the government also has to find a way to "make advances on the poverty front, to act in a way that is fiscally responsible, to protect health care and to protect education." On Monday, McGuinty said he told Duncan not to run a deficit unless not doing so would mean cutting back on public services. He also vowed that Ontario would not close hospitals or cancel infrastructure programs after more than 200,000 people lost their jobs. On Tuesday, he warned schools, cities and hospitals that funding projections would have to be scaled back during challenging times that may last as long as two years. Government officials will say only that Duncan's statement will outline which new government programs will have to be delayed because of falling revenues. Anti-poverty activists are worried that will mean the government will fail to keep its promise to help the poorest of the poor improve their living standards.
  23. Face à la pire crise depuis 1929, Européens et Américains sont tombés d'accord pour réunir une série de sommets internationaux, dont le premier pourrait avoir lieu dès novembre à New York, capitale de la finance mondiale. Pour en lire plus...
  24. L'onde de choc provoquée par le rejet lundi du plan de sauvetage des banques par le Congrès américain a atteint l'Europe mardi, où l'on craignait de nouvelles victimes dans le secteur de la finance. Pour en lire plus...
  25. La minière dit avoir complété la syndication de facilités de prêts d'un total de 9,81 G$ US relativement à son acquisition de 14 G$ US. Pour en lire plus...