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Hammarby, d'ancien quartier délabré à exemple pour la planète

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Hammarby, d'ancien quartier délabré à exemple pour la planète

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1044040/hammarby-stockholm-developpement-durable-environnement-pollution-transports-dechets-energie?isAutoPlay=1

Publié le vendredi 7 juillet 2017 à 13 h 58 | Mis à jour aujourd'hui à 5 h 04
Hammarby, un quartier de Stockholm Hammarby Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Un ancien quartier délabré de Stockholm a profité de la candidature olympique malheureuse de la capitale suédoise pour devenir un exemple de développement durable qui suscite la curiosité et l'envie partout dans le monde. L'utilisation du sol, les transports, la gestion des déchets : rien n'a été laissé au hasard pour réduire l'empreinte écologique des citoyens. Visite guidée.

Un texte de Janic Tremblay

Il y a environ 20 ans, la ville de Stockholm était sur les rangs pour obtenir les Jeux olympiques d’été de 2004. Dans son projet de candidature, la capitale suédoise prévoyait transformer le quartier de Hammarby pour y installer un stade et loger les athlètes dans des habitations écologiques, qui seraient ensuite revendues aux citoyens du coin. Un modèle un peu comparable à celui du village olympique de Montréal.

Au final, c’est Athènes qui a raflé la mise pour ce qui est des Olympiques. Cependant, au bout du compte, ce sont probablement les habitants du faubourg de Hammarby qui ont gagné le gros lot.

Réduire l'impact sur l'environnement

Hammarby a été reconstruit au début des années 2000 avec l’objectif de réduire de 50 % l’impact sur l’environnement par rapport à un quartier construit selon les normes habituelles.

Le faubourg revient de loin. Cet ancien quartier industriel était en piteux état. Il a fallu tout dépolluer. Les autorités ont mis en place un plan très détaillé où peu de choses ont été laissées au hasard. Pour y parvenir, Stockholm a écumé les meilleures technologies et idées partout sur la planète. La Ville a convaincu les promoteurs que c’était possible et a obtenu des fonds du gouvernement suédois pour financer les coûts supplémentaires.

Jonas Törnblom Comme Jonas Törnblom, la plupart des résidents de Hammarby se déplacent en vélo ou en transport en commun. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Tout d’abord, se libérer de la voiture

« La première chose qui marque en arrivant ici, c’est qu’on n’a pas vraiment besoin d’une auto », lance Jonas Törnblom. Le grand sexagénaire suédois est responsable des communications pour la compagnie Envac, chargée de la gestion des déchets dans le secteur. Il vient lui-même d’arriver à vélo. « Le système de tramway est très efficace et permet, avec le métro, de rallier le centre-ville de Stockholm en un rien de temps. Le service est fréquent, même en dehors des heures de pointe. »

De plus, on trouve facilement des voitures en autopartage. Il y a aussi des navettes fluviales qui relient Hammarby à Stockholm. Elles sont gratuites, les départs sont fréquents et on peut même emprunter des livres à bord!

Des résidents de Hammarby s'apprêtent à prendre une navette fluviale. Très populaires, les navettes fluviales sont gratuites et fréquentes à Hammarby. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

« Au début, les premiers acheteurs obtenaient une location de voiture gratuite pendant un an ou deux. Une idée des promoteurs pour attirer la clientèle dans le secteur. Ce n’était pas tellement écologique. En plus, il y avait déjà trop de voitures compte tenu du nombre de stationnements disponibles. »

« Aujourd’hui, les modes de transport alternatifs fonctionnent tellement bien que les habitudes de vie des habitants du quartier ont changé. 60 % d’entre eux prennent les transports en commun pour aller au travail tous les jours. Un sommet dans la banlieue de Stockholm. En plus, les pistes cyclables ceinturent le quartier et facilitent le recours au vélo. D’ailleurs, rapidement, ce ne sont plus des voitures qui ont été offertes aux premiers résidents, mais plutôt des bicyclettes. »

Vélos, un des principaux moyens de transport à Hammarby Au lieu de voitures, les premiers habitants de Hammarby se sont vus offrir des vélos. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Le traitement de l’eau

L’eau de pluie issue des toits, des trottoirs et des espaces verts n’est pratiquement pas polluée. Comme il n’est pas nécessaire de la traiter, elle ruisselle dans des canaux qui la mènent directement à la mer Baltique ou dans les lacs aménagés dans le quartier. Environ 80 % de l’eau pluviale retourne ainsi dans l’océan ou dans les petits cours d’eau sans solliciter inutilement le système de traitement des eaux. En plus, cela enjolive drôlement le quartier.

Hammarby, un quartier de Stockholm Un des nombreux canaux que l'on retrouve à Hammarby. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Pour ce qui est des eaux qui doivent être traitées, le processus fait monter sa température d’environ 10 degrés. Cette eau passe dans des récupérateurs de chaleur et permet de chauffer les résidences. Les matières organiques présentes sont aussi récupérées et transformées en biogaz. Une fois que l’eau est refroidie, elle peut aussi être utilisée à des fins de climatisation. Le procédé permet de réaliser des économies énergétiques de 20 % environ.

Des déchets souterrains

Un petit mouchoir sale virevolte depuis quelques secondes aux pieds de Jonas Törnblom, qui se penche et le cueille au vol. Le geste est accompli machinalement, entre deux phrases au milieu d’une entrevue. Il conserve le déchet dans une main sans jamais y faire allusion, avant de le jeter 15 minutes plus tard dans un drôle de réceptacle.

Deux choses sautent alors aux yeux. La propreté des lieux et les multiples bornes de collecte des déchets, des matières organiques et du recyclage disséminées dans le quartier. Il y en a 457 au total. Toutes mènent les détritus et les matières recyclables en sous-sol.

Jonas Törnblom, directeur chez la multinationale de traitement des déchets Envac, explique. « On laisse tomber les déchets. Ils sont stockés sous la surface et évacués deux fois par jour par un système d’aspiration. Les déchets ne se mélangent pas, car on ne les transporte pas au même moment. Ils voyagent jusqu’à 2 kilomètres vers un centre de traitement. Les matières recyclables comme le papier entreprennent une nouvelle vie. Les déchets organiques servent à produire du biogaz, qui alimente les taxis, les autobus et les cuisinières d’un millier de résidences, en plus d’être aussi utilisés pour le chauffage. Le cycle est aussi complet que possible. »

Jonas Törnblom Jonas Törnblom devant le système de récupération des déchets, matières organiques et recyclables, de Hammarby. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Toutes ces infrastructures coûtent évidemment plus cher. Sauf que les coûts opérationnels sont diminués de moitié par rapport à un système traditionnel de collecte des déchets. Il ne faut pas non plus négliger le gain d’espace. Normalement, il faut prévoir environ un mètre carré par foyer pour l’entreposage des déchets. Ici, c’est 5 fois moins. « Pas besoin non plus de construire des ruelles ou des voies d’accès juste pour les camions de déchets. On gagne la possibilité de faire autre chose avec l’espace public. »

Une communauté qui a des airs de commune

Et justement, des espaces publics, il y en a beaucoup dans Hammarby. Au moins un côté des immeubles doit donner sur un espace vert. Tous les appartements, même ceux du rez-de-chaussée, possèdent un balcon. De plus, la fenestration est très abondante. Cela permet à l’ensemble de respirer, mais crée aussi une certaine promiscuité. La frontière entre l’espace public et les propriétés privées n’est pas toujours nette. C’est voulu. Il faut le savoir. Mais cela semble fonctionner.

Également, il y a peu de criminalité dans le quartier. De nombreux vélos étaient stationnés sans même être verrouillés lors de notre passage.

Immeubles à Hammarby, un quartier de Stockholm Les espaces verts sont très présents à Hammarby, même près des grands immeubles. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Des leçons?

Selon Jonas Törnblom, pour qu’un tel projet réussisse, il faut un fort leadership de la Ville et un plan très détaillé dès le départ. Il est aussi nécessaire que les différents acteurs adoptent une approche de collaboration et non pas de compétition. Tout le monde doit être mis dans le coup dès le début. On pense aux différents ordres de gouvernement, mais aussi aux commerçants.

« C’est très important pour éviter que les familles sortent ailleurs pour aller acheter. Quand il y a des commerces locaux, cela évite aussi le recours à l’automobile. Au début, ça a été plus difficile de les attirer. Il a fallu leur donner des conditions favorables. Des restaurateurs de renom sont venus. Ça a attiré des visiteurs et projeté une certaine image du quartier. C’est très bien établi maintenant. Il y a des gens d’ailleurs qui viennent ici pour les boulangeries et les restaurants et même certaines boutiques de luxe. »

Un commerce de Hammarby Attirant pour les jeunes familles, Hammarby a su développer un quartier commercial très diversifié. Photo : Radio-Canada/Janic Tremblay

Autre apprentissage, il ne faut pas sous-estimer l’intérêt des familles pour ce genre de projet. « On a cru que ce seraient des retraités qui achèteraient des habitations. On s’était trompé. Ce sont des familles qui se sont installées. La moyenne d’enfants à Hammarby est deux fois plus élevée que la moyenne de Stockholm. Tellement qu’il a fallu construire des écoles et des garderies supplémentaires. »

Malgré la proximité des résidences les unes par rapport aux autres, la cohabitation se passe plutôt bien à Hammarby. Il faut dire que le quartier attire de nombreux jeunes travailleurs professionnels qui gagnent bien leur vie et sont en mesure de s’acheter une propriété qui dépasse souvent les 500 000 $.

C’est un milieu plutôt homogène. La mixité sociale n’était pas au coeur des préoccupations lors de la mise en place du projet de revitalisation. Il pourrait difficilement en être de même aujourd’hui avec la vague de migrants et de réfugiés qui déferle en Europe depuis deux ans. Pour Jonas Törnblom, c’est un nouveau facteur dont il faut tenir compte. « Il faudrait mettre en place des critères pour augmenter la cohésion sociale parce que, sans cela, la durabilité économique et environnementale ne fonctionnera pas. »

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Hammarby ...: merci @acpnc pour avoir partagé cet article.  Intéressant, fascinant même. Mais on sait ou on imagine que les circonstances là-bas sont bien différentes de celles qui prévalent non seulement à Montréal mais dans la majeure partie du monde occidental (je ne me limite pas à l'Amérique du Nord).

Ce dont nous pourrions discuter (après une bonne dose de réflexion dans mon cas), ce serait des aspects ou des composantes de ce «modèle» qui nous sembleraient être applicables (après adaptation) à Montréal.

Aussi bien dire dès le départ que je pense que la liste des différences entre Montréal et Stockholm et Montréal, ou le Québec et la Suède. est tellement longue que je ne voudrais pas m'attarder à discuter de ces différences et des «ce pourquoi» telle et telle idée n'est pas applicable ici. De la même façon, dire que nous sommes comparables par le climat? («pays nordiques») ou la population (8M; 10M) ne nous avancerait pas vraiment. 

Le défi, c'est de dénicher des idées/principes/approches applicables --s'il y en a. (ce n'est pas une obligation)

 

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