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Quebeckers vs Montrealers

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Citation Envoyé par acpnc Voir le message
Cette guéguerre entre la ville et les régions est davantage dans le domaine de la perception que de la réalité. Il est vrai que ces deux milieux de vie sont très différents au quotidien. Il est donc difficile de se sentir directement concernés face aux problèmes des uns, qui sont parfois si étrangers à notre propre vécu. Soyons honnêtes, vivre dans une grande ville n'apporte pas la même expérience de vie que la campagne. On ne peut pas alors évoluer de la même manière et notre emploi du temps ainsi que nos activités auront certainement une nature différente, qui de surcroit influeront sur notre comportement et nos habitudes. Donc deux mondes complémentaires, interdépendants, mais seulement en apparence séparés.

Ceux qui font de la petite politique voudront, par opportunisme, exploiter ces différences et créer des clivages malsains. Cela fait partie de la désinformation et de la manipulation des esprits. On les voit venir avec leurs gros sabots et ils font souvent partie de la frange conservatrice, dignes descendants de l'époque duplessiste. Mais les gens ne sont plus aussi dupes qu'avant et l'information a éliminé les frontières et les distances. Les médias sont maintenant aussi accessibles partout et il n'y a plus de décalage de temps grâce notamment à l'internet, dont l'expérience et le contenu sont identiques où que l'on soit.

Vivre dans un milieu ou dans un autre n'est pas, bien sûr, toujours un choix libre, c'est souvent un compromis pour le travail ou une option temporaire. En ce qui me concerne, j'ai vécu toute ma vie à Montréal, mais j'ai choisi de vivre ma retraite en région, dans Charlevoix. Pour vivre plus près de la nature, à un autre rythme. Aussi pour fuir la vie trépidante de la ville, la congestion, la pollution, la foule, et rendre plus simples mes rapports avec mon milieu et les services offerts.

Je ne renie pas ma ville, à laquelle je demeure toujours attaché et pour laquelle je conserve un préjugé favorable. J'ai quitté physiquement Montréal, mais je la porte précieusement dans mon coeur et elle demeurera toujours ma référence principale. Cependant ma vie en grande nature et dans des paysages inspirants, correspond davantage à l'expérience que je recherche maintenant, tout cela après une longue et belle carrière dans l'aviation. Du plein air aux 4 saisons, la montagne et la mer à proximité, un vaste terrain en hauteur avec vue imprenable sur le fleuve, dans un environnement bucolique qui invite à la contemplation.

La campagne pour moi est donc devenu le prolongement de la ville, mes préoccupations et mon intérêt n'ont pas changés mais je n'ai plus à y être présent pour m'y intéresser. Et davantage de gens (baby-boomers) font le même choix au profit d'une retraite anticipée. Ils se dispersent en région, retournent aux sources ou se réinventent une nouvelle vie dans un environnement qui leur ressemble, ou simplement demeurent en ville mais se permettent de voyager plus souvent. Ils deviennent en quelque sorte des ambassadeurs de la grande ville, tout en recherchant une expérience où le meilleur des deux mondes: nature et culture ne seront plus des opposés.

Ce mouvement prendra de l'ampleur avec le temps et c'est heureux. Une sorte de migration plus subtile, à l'inverse de celle qui a peuplé la ville, dans le milieu du siècle passé, où les campagnes se vidaient. Chaque citadin apportera avec lui ses valeurs et ses habitudes de consommation qui contribueront avec le temps à développer plus de services et enrichira certainement l'offre culturelle et de divertissements. C'est ce qui se passe ici dans Charlevoix, où on sent vraiment une ouverture pour le changement et le développement sous toutes ses formes. C'est ainsi que je demeure dans une ville (région) plus diluée, soluble dans la nature, mais tout à fait moderne dans son esprit.

Il n'y a donc pas pour moi de choc culturel et les projets abondent dans un dynamisme surprenant. On ne parle pas ici de tours de 50 étages, mais de nouveaux quartiers pour loger les centaines de nouveaux employés du Massif. D'un hôtel important à Baie St-Paul avec salle de spectacle, maintenant ouvert et qui attire une clientèle de plus en plus nombreuse. Un musée d'art contemporain qui prend encore de l'expansion. Un important institut de recherche orienté vers l'écologie aux Éboulements. Deux nouveaux hôpitaux à la fine pointe de la technologie. Plus de services pour satisfaire les attentes de ces nouveaux résidents et touristes. Un train gastronomique qui relie Québec et LaMalbaie, et une navette ferroviaire entre Petite Rivière St-François et Baie-St-Paul. De nouveaux quartiers résidentiels à LaMalbaie. L'aménagement d'un nouveau quai à Pointe au Pic pour accommoder les gros bateaux de croisières, dont plusieurs ont inscrit la ville dans leurs circuits fluviaux dès l'année prochaine. Plein de nouveaux parcs, pistes cyclables et sentiers de randonnées qui s'allongent et varient l'expérience plein air, et j'en passe.

Charlevoix n'est qu'un exemple parmi tant d'autres et toutes les régions du Québec s'affirment de plus en plus, car elles savent que leur avenir et leur croissance en dépendent. On ne réinventera pas la ville à la campagne, bien sûr, mais on reproduira les formules gagnantes qui ont fait le succès de la grande ville. Peu à peu les différences de mentalités se nivelleront dans un monde contemporain où l'espace-temps n'aura plus la même importance. Les réalités physiques demeureront différentes par nature, mais un monde commun plus virtuel aura comblé le fossé apparent et on ne parlera plus de deux visions, mais d'une seule nuancée selon le milieu choisi.
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